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Fan : zzougga Localisation : Ville-en-Tardenois Inscrit le : 21-03-2007 |
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| Ses critiques de films |
23-03-2007 La Cité interdite |
| Réalisateur des flamboyants «Hero» et «House of Flying Daggers», le chinois Zhang Yimou est le symbole d’un cinéma démesuré où l’extravagance esthétique côtoie l’intensité dramatique et l’action spectaculaire. Pour «La cité Interdite», il retrouve Gong Li, son actrice fétiche. Traduisant par les moindres mouvements du visage les tourments intérieurs de son personnage comme une tristesse insondable dans le regard, la comédienne incarne la femme de l’Empereur de Chine, lentement empoisonnée par un remède préparé par le médecin de son époux au moment où ce dernier revient après trois années d’absence. Le réalisateur chinois immerge peu à peu le spectateur dans ce drame familial aux résonances shakespeariennes, digne d’une tragédie grecque, oscillant entre l’amour et la haine, la loyauté et la trahison. Sa réalisation magique, fastueuse, fluide passe avec aisance de l’action à la psychologie, des séquences épiques mises en scène avec des milliers de figurants aux scènes intimistes, de la foule à la solitude des êtres cloîtres dans le huis clos du palais feutré sous la masse des tentures flamboyantes qui recouvrent les murs alors que se trame une machination. Les combats sont signés comme des ballets d’opéra dont la poésie contraste avec la crudité d’une histoire sanglante jusqu’à un dénouement cruel qui réserve bien des surprises. Les sublimes envolées de chœurs de même que la partition classique témoignent de l’importance de l’importance de la musique dans ce long-métrage somptueux qui mérite d'être élevé au rang de chef d'oeuvre. |
23-03-2007 Dreamgirls |
| Avec ses tubes, son strass et ses paillettes, « Dreamgirls », comédie musicale adaptée pour le cinéma par le réalisateur Bill Condon, a récolté huit nominations aux Oscars. On y suit l’ascension de trois chanteuses noires dans l’Amérique des années soixante. Simple divertissement grand public, « Dreamgirls » livre un hommage mérité au groupe Supremes mais se limite à cette simple récréation où défilent des variétés de la chanson. En effet, le film évoque de façon trop timide la difficulté qu’éprouvent les Afro-Américains à s’imposer non seulement dans le monde de la musique mais aussi dans une société toute entière. Long, beaucoup trop long et finalement ni très intéressant ni très courageux, « Dreamgirls » reste bien loin d’un « Chicago » ou d’un « Moulin Rouge ». Heureusement, le film bénéficie d’un casting de platine qui le sauve du néant artistique : Jamie Foxx en impresario véreux, la chanteuse Beyonce en clône de Diana Ross sans oublier la voix révélation du film en la personne de Jennifer Hudson, gagnante d’un concours télévisé américain qui est ici propulsée - un peu trop vite - star du grand écran. C’est, peu, bien trop peu pour qu’on y trouve son compte … |
22-03-2007 Cléo de 5 à 7 |
| Sur une très jolie musique composée par Michel Legrand, la réalisatrice Agnès Varda a mis en images l'errance légitime de Cléo, une jolie chanteuse qui, tandis qu'elle attend une décision médicale, apprend par une cartomancienne qu'elle est gravement malade. Jeune et belle, Cléo a peur de mourir et elle tente de trouver un réconfort qu'elle ne trouve pas auprès de ses proches les plus intimes. La réalisatrice Agnès Varda filme en temps réel et en petites tranches de vie l'errance de Cléo dans le Paris encore humain des années soixante. J'ai trouvé assez dommage que le film souffre de certaines longueurs du fait de son parti-pris artistique assez risqué. Le film est décevant même s'il vaut vraiment la peine d'être vu pour la prestation pleine de charme et de sensibilité de la comédienne Corinne Marchand. |
22-03-2007 Lettres d'Iwo Jima |
| Dans «Mémoires de nos pères», Clint Eastwood observait la tristement célèbre bataille d’Iwo Jima du point de vue des Américains. Ici, il déplace sa caméra pour la poser dans le camp des militaires japonais. « Lettres d’Iwo Jima » se distingue du premier volet du diptyque du cinéaste en ce sens qu’il constitue cette fois-ci un véritable film de guerre et non une sorte de satire du culte des héros. On y voit des soldats affaiblis et vaincus planqués dans des boyaux à même la roche. Le réalisateur rappelle avant tout que derrière chaque ennemi se cache un être humain qui a abandonné sa famille et ses amis pour défendre sa patrie. Il dénonce aussi l’horreur de la guerre avec force et réalisme. A travers le général humain et tolérant interprété par le comédien Ken Watanabe, il prend le contre-pied de cette idée reçue qui veut qu’on assimile forcément le Pays du Soleil Levant à une nation violente et fanatique. Grâce à une superbe photographie signée Tom Stern, ce métrage filmé en noir et blanc retranscrit de façon réaliste l’environnement poisseux des combats et le désespoir qui habite les soldats. Avec « Lettres d’Iwo Jima », Clint Eastwood signe une œuvre à dimension humaine qui raconte avec talent et émotion le quotidien de ces soldats condamnés dans le huis-clos de leur tombeau. |
22-03-2007 Scorpion |
| « Scorpion » plonge le spectateur au cœur des combats clandestins. L’histoire relate les aventures d’un champion de boxe thaï qui tue accidentellement un de ses adversaires et devient un clochard à sa sortie de prison. La rencontre d’une femme, une entraîneuse qui lui apparaît alors comme un ange, lui permet de remonter du fond de son trou. Clovis Cornillac a fait un remarquable travail sur son corps pour incarner cette brute des rings au cœur pur et naïf. Avec ses cheveux longs puis son crâne rasé, il interprète avec justesse un personnage au regard fixe et au verbe rare tout à fait crédible. On peut pourtant regretter qu’une voix off qui sonne faux vienne pénaliser sa prestation. Avec ses gros plans sur les visages et ses lumières travaillées, le réalisateur Julien Seri s’est visiblement inspiré des action-movies américains à la mode pour mettre en scène ce film d’action violent et efficace. Les scènes de lutte y sont assez spectaculaires et remarquablement mises en scène. Malheureusement, comme c’est souvent le cas pour ce type de divertissement, « Scorpion » ne brille guère par la qualité ou par l’originalité de son scénario. De plus, une intrigue policière vient alourdir de façon assez inutile et maladroite le cocktail de base composé d’une bonne dose d’action et d’une intrigue sentimentale plutôt réussie. « Scorpion » est finalement ni plus ni moins qu’un film de baston à la française parmi d’autres qui tente de copier les productions multinationales musclées de Luc Besson. Et il y parvient de manière plutôt convaincante … |
22-03-2007 Ensemble, c'est tout |
| « Ensemble, c’est tout » est l’occasion pour Claude Berri de retranscrire pour le cinéma le succès de librairie couché sous la plume d’Anna Gavalda. L’histoire réunit sous le même toit quatre individus totalement différents les uns des autres : une femme de ménage, un aristocrate, un cuisinier et sa grand-mère. Grâce au talent depuis longtemps reconnuet à la direction d’acteur irréprochable du cinéaste, il ressort une grande émotion des relations qui se nouent entre les personnages. Audrey Tautou, le regard beau et triste, et Guillaume Canet, jeune homme à la tendresse refoulée, forment un couple attachant. Comme dans toute bonne comédie, leurs personnages se chamaillent avant de s’aimer. L’actrice de théâtre Françoise Bertin apporte pour sa part son expérience et son jeu toujours dynamique tandis que le comédien Laurent Stocker provoque souvent les rires du fait de son bégaiement. Malheureusement, ceux qui ont lu le roman ne retrouveront pas forcément la poésie et la fraîcheur de l’œuvre originelle, ode anti-individualiste qui, la faute à une surenchère de bons sentiments, devient ici bien ennuyeuse … |
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