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Ses critiques de films
 23-04-2007 Le cerveau
Pour « Le Crveau », Gérard Oury réunit une somptueuse affiche internationale au service d’une intrigue policière inspirée d’un fait réel. Jean-Paul Belmondo et Bourvil endossent le costume de truands parisiens de petite envergure et partagent la vedette avec entre autres David Niven et Eli Wallach. Les deux escrocs à la petite semaine projettent d’attaquer le train Paris-Bruxelles, transportant des fonds secrets de l’Otan. Mais un gangster se faisant appeler « Le Cerveau » est aussi sur le coup… Rondement menée par ce tandem de choc, cette comédie succulente réunit tous les ingrédients d’un grand film populaire. Mais la grande performance de Gérard Oury réside dans le fait qu’il a su éviter que le scénario rappelle « Le Corniaud » et « La Grande Vadrouille », ses précédents succès. Par ailleurs, cinéaste talentueux mais surtout homme de spectacle, Oury n’a pas seulement réussi à enchaîner habilement les séquences burlesques mais il a également misé efficacement sur les effets spéciaux. Divertissement populaire de qualité, « Le Cerveau » n’est certes pas la meilleure oeuvre de son réalisateur mais multiplie avec brio répliques savoureuses et cascades spectaculaires …
 23-04-2007 Cocoon
Avec son « Cocoon », Ron Howard livre sa vision personnelle et plutôt originale de l’invasion extraterrestre. Adepte ou pas de science fiction décalée, on suit avec un certain plaisir les péripéties d’Art, ben et Joe, vieillards attachants qui retrouvent soudainement la forme, le tonus et la vitalité de leurs vingt ans ! Les héros de cette histoire originale sont incarnés par un trio d’acteurs hors pair facétieux et attendrissants au possible. Ils nous entraînent sans peine dans leur réjouissante cure de jouvence. Et, si l’humour se taille la part du lion, Ron Howard a su également assez habilement aborder au travers de son film des thèmes plus sensibles, comme la maladie et la solitude. Avec beaucoup de délicatesse et un brin de fantaisie salvateur, le cinéaste signe une belle réflexion sur la vieillesse. Judicieusement agrémenté d’une bonne dose de situations burlesques et d’une pointe d’effets particulièrement soignés, ce « Cocoon » s’impose finalement comme une fable sympathique teintée d’un optimisme agréable et récréatif.
 22-04-2007 Les Inconnus de Malte
Réalisé en 1970 par John Hough, « Les inconnus de Malte » (« Eyewitness » en anglais) est un thriller plutôt efficace qui emprunte beaucoup aux films d’horreur de l’époque : une ambiance étouffante, une caméra en mouvement, une photographie volontairement granulée et une musique psychédélique oppressante. L’histoire peu originale est prétexte à une chasse à l’homme conduite par deux officiers de police qui poursuivent inlassablement un jeune garçon qui a vu l’un d’entre eux exécuter un chef d’Etat étranger en visite à Malte. Menée avec intensité, cette course poursuite traîne pourtant en longueur puisqu’on a réellement de voir plusieurs fois certaines scènes trop similaires. La dureté et la linéarité du récit sont cependant égayées par une amourette naissante entre deux jeunes adultes et surtout par l’humour débité par le grand père du jeune adolescent, un ancien militaire devenu gardien d’un phare. La personnalité joviale du bonhomme contraste nettement avec la cruauté des tueurs, une cruauté qui se lit aisément sur leur visage mais que l’on constate aussi tout au long du film : la situation leur échappant totalement, ils n’hésitent pas à commettre les atrocités les plus viles pour tenter de stopper l’enchaînement d’aléas qui les mène inévitablement à leur perte. La faute à un scénario trop faible qui n’exploite pas assez un rebondissement totalement inattendu mais aussi à quelques saynètes violentes qui paraissent s’éterniser, « Les inconnus de Malte » reste un divertissement mineur malgré les évidentes bonnes intentions de son réalisateur …
 22-04-2007 Pépé le Moko
Grand classique du cinéma français, « Pépé le Moko » raconte le bras de fer entre un malfrat réfugié dans la Casbah d’Alger devenu caïd et le policier qui n’a en tête que son arrestation. Inéluctable, l’incarcération de Pépé n’est en effet qu’une question de temps pour l’inspecteur Slimane qui le côtoie - presque - amicalement au quotidien. Cependant, ce représentant des forces de l’ordre sait qu’il ne peut prendre au piège Pépé que s’il l’amène à sortir de ce quartier populaire de la capitale nord-africaine acquis à sa cause. Pour cela, il tente de profiter de l’affection réelle que porte le gangster envers ses proches et met en œuvre un scénario à l’aide de son indic. Mais ce film signé Julien Duvivier ne se limite à ce scénario de thriller à la chute inévitablement dramatique, il est aussi une histoire d’amour touchante et impossible entre deux êtres prisonniers de leur destin qui rêvent d’amour et de liberté. Car à l’apparition de Gaby, une jeune et belle touriste entretenue par un riche homme d’affaire pour qui elle n’éprouve rien, la vie de Pépé bascule aussitôt. Nostalgique, ce malfrat désinvolte, sûr de lui, véritable force de la nature au charisme né tombe aussitôt amoureux de cette femme qui lui rappelle la vie parisienne et il ne supporte plus de vivre dans une prison de plâtre blanc dans laquelle il étouffe un peu plus chaque jour. La rencontre de la jeune femme doublé du piège tendu par la police vont fragiliser cet homme qu’on croit à tort invincible. Dans le rôle de Pépé, le fougueux Jean Gabin fait déjà preuve d’une aisance et d’un talent absolument remarquables. « Pépé le Moko » est une œuvre puissante et complexe mise en scène avec une finesse si rare qu’elle mérite amplement sa place et sa renommée dans le patrimoine culturel français.
 21-04-2007 L'avare
Qui mieux que Louis de Funès pouvait jouer sur grand écran le rôle-titre de « L’Avare » de Molière ? L’acteur, au sommet de son art, incarne un harpagon plus vrai que nature dans cette adaptation très fidèle qu’il a coréalisée avec son éternel complice Jean Girault. L’Avare » marque une nouvelle collaboration entre les deux compères puisqu'ils avaient déjà travaillé ensemble sur, entre autres, la série des « Gendarmes ». Avec cette version passablement survoltée de la pièce de Molière, Girault et de Funès signent une comédie rythmée, moderne, bourrée d’humour et de bons mots. De Funès excelle littéralement dans son rôle d’avare et réalise indubitablement une de ses plus belles performances. Tour à tour incroyablement drôle et terriblement poignant, l’acteur met avec brio en avant la facette triste de ce personnage qu’on adore toujours autant détester. Tout en restant fidèle au texte, pratiquement au mot près, de Funès ne lésine pas sur ses habituelles et tordantes facéties pour composer un personnage pas si méchant que ça et finalement plutôt attachant. Il en fait des tonnes, comme à son habitude, mais le résultat est tout simplement sidérant de justesse et drôle à souhait. Cette adaptation jubilatoire est l’occasion de savourer de façon ludique ce monument de littérature française.
 21-04-2007 Peter Pan
Plus de cinquante ans après Walt Disney, le cinéaste P-J Hogan redonne vie au célèbre personnage né de l’imaginaire du romancier Sir James M. Barrie au travers d’une superbe fresque féerique. Ballets aériens virevoltants dans des décors exotiques luxuriants, rencontre avec les Indiens et bien entendu affrontements avec les pirates sont au menu de ce voyage dans le royaume du merveilleux en compagnie d’un Peter Pan plus vrai que nature (incarné par le jeune mais néanmoins talentueux Jeremy Sumpter), de la fée Clochette (Ludivine Sagnier), de Wendy, Michel, Jean et des Enfants Perdus. Face à cette joyeuse troupe, on retrouve bien entendu le redoutable et incontournable capitaine Crochet, plus fourbe et machiavélique que jamais. Jason Isaacs, vu dans « The Patriot », a été choisi pour interpréter ce jubilatoire ennemi de Peter Pan. Le comédien lui prête ses traits avec un plaisir apparent et il faut bien avouer que ce rôle de capitaine Crochet lui sied à merveille. Grâce entre autres à des duels à l’épée d’un réalisme bluffant tant sur terre que dans les airs, le film retranscrit parfaitement l’esprit féerique, épique et fantastique du dessin animé né sous les coups de crayon des studios Disney. Un divertissement agréable qui permet au spectateur de retrouver son âme d’enfant l’instant de ce voyage inoubliable …
 21-04-2007 Le Candidat
A quel parti le candidat évoqué appartient-il ? Penche-t-il plutôt à droite ou à gauche ? Le comédien Niels Arestrup, qui réalise ici son premier long-métrage, reste volontairement flou. Il peut ainsi se concentrer sur son véritable sujet : les arcanes de la politique, ses petites magouilles et ses grandes trahisons. L’action se déroule entre les deux tours de l’élection présidentielle. Michel Dedieu, qui a dû remplacer au pied levé le candidat de son parti, organise un week-end de travail. Il souhaite modifier sa mauvaise image auprès des médias et de l’opinion, et préparer le débat télévisé qui l’opposera à son adversaire. Mais le doute s’empare de lui. Doit-il, comme le suggère son équipe, trahir ses convictions le temps d’une photo, afin de séduire une certaine « catégorie de population » ? Le monde politique que dépeint le réalisateur ressemble à celui du théatre, où l’on vit dans l’obsession de plaire. Yvan Attal incarne à la perfection ce candidat, bientôt conscient de n’être qu’un pantin sacrifié et manipulé par des équipiers persuadés de son échec. La mise en scène, élégante et dépouillée, accentue la réussite de ce film troublant et captivant.
 20-04-2007 Ali
Plus qu’un boxeur, Muhammad Ali est un véritable mythe. Pour porter à l’écran la vie de ce roi du noble art, le réalisateur Michael Mann n’avait donc pas droit à l’erreur dans le recrutement du comédien qui incarnerait cette personnalité charismatique. Retenu pour le projet « Ali », ce premier grand rôle dramatique constitue une véritable aubaine pour un Will Smith en quête de reconnaissance. Outre le travail musculaire que l’ex comédien de sitcom a accompli sur corps, on ne peut être qu’impressionné par sa prestation en tous points époustouflante. Will Smith parvient à redonner littéralement vie au style si particulier de Muhammad Ali. Il encaisse les coups, provoque ses adversaires, a assimilé ses expressions faciales et parle comme le véritable roi des rings. Michael Mann ne se contente pas de filmer les combats du boxeur, il a tenté de dresser un portrait complet de cet homme séducteur, engagé, parfois arrogant mais toujours sincère. Si « Ali » fait l’effet d’une œuvre coup de poing forte en émotion, on regrettera tout de même certaines facilités narratives qui déstabilisent le spectateur : la vie de Cassius Clay est si riche et si mouvementée qu’elle en devient difficile à suivre, notamment dans ses tracasseries judiciaires et ses accrochages politico-religieux. « Ali » s’impose néanmoins comme une épopée mythique de cette légende vivante encore considérée aujourd’hui par beaucoup comme le plus grand boxeur de tous le temps.
 20-04-2007 My beautiful Laundrette
Dans la banlieue londonienne, Omar, un jeune émigré pakistanais, tente par tous les moyens de sortir de la pauvreté. Tan bien que mal, il réussit à convaincre son oncle de lui confier une vieille laverie décrépite. Avec son amant, le voyou Johnny (étonnant Daniel Day Lewis), il entreprend d’en faire une affaire rentable malgré les manigances de son oncle et les attaques de loubars racistes. Emmené par Gordon Warnecke et un Daniel Day Lewis véritablement stupéfiant dans la peau d’un jeune malfrat homo, « My Beautiful Laundrette » obtint un succès international et contribua à entrouvrir les portes de Hollywood au réalisateur Stephen Frears. Frappant par sa description âpre et sans complaisance du racisme entre immigrés et jeunes Londoniens, ce film s’inscrit dans la tradition du cinéma social anglais. L’histoire n’est ici qu'un prétexte pour mettre en lumière des problèmes sociologiques cruciaux : l’homophobie et l’intégration particulièrement difficile de minorités quotidiennement confrontées au racisme. Ces problèmes sont ici traités selon un style quasiment documentaire au travers d’un scénario sinistre. Frears évite néanmoins de faire sombrer son œuvre dans la noirceur la plus absolue en ponctuant son récit de pointes d’humour et d’émotion. Initialement produit en tant que téléfilm, « My Beautiful Laundrette » connut un tel triomphe lors de sa projection dans un festival de cinéma écossais que les producteurs décidèrent de le distribuer en salles. Une décision qui rendit justice à cette œuvre profonde et intelligente …
 19-04-2007 Les châtiments
Compromis entre les œuvres fantastiques de Hideo Nakata et l’ambiance satanico-religieuse d’un « Rosemary’s baby » avec l’annonce de l’arrivée d’un élu du Diable sur Terre, « Les Châtiments » semble caractérisé par un scénario fourre-tout et sans véritable identité. Peu originale, l’histoire narre comment une jeune femme spécialiste des événements paranormaux est sollicitée par les autorités d’une bourgade texane pour enquêter sur d’étranges manifestations qu’elle tente d’expliquer de manière rationnelle. Le film, qui oppose la science aux phénomènes surnaturels, tranche finalement en faveur de la religion. Il convoque même la légende biblique des dix fléaux s’abattant sur l’Egypte. Mais ce n’est pas tout : l’intrigue se complique inutilement avec l’apparition d’une secte aux motivations ténébreuses jusqu’à un dénouement qui, bâclé par une avalanche d’effets spéciaux, atteint le comble du ridicule. Malgré cette utilisation excessive d’images spectaculaires, le réalisateur Stephen Hopkins avait jusqu’ici réussi à maintenir tant bien que mal un suspense de pacotille. Dans un rôle musclé, Hilary Swank se montre assez convaincante même si le revirement de son personnage qui passe de la révolte contre la puissance divine à la soumission témoigne du caractère simpliste de ce long-métrage finalement bien peu recommandable …
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