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Fan : zanzibar Localisation : LE MANS Inscrit le : 10-11-2006 |
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| Ses critiques de films |
13-11-2006 Sarajevo, mon amour |
| Esma (la mère) tente d’oublier la guerre à l’aide d’un mensonge qui, elle le sait, risque de causer des dégâts irrémédiables (bien que moins patents que ceux provoqués par une lutte armée). Au même moment, Sara (sa fille de 12 ans) essaie maladroitement de grandir et d’en savoir plus sur un passé dont elle sait intrinsèquement qu’il est plus trouble que ce qu’elle espère. Dans un pays qui se remet à peine de la guerre, où les gens transpirent la fatigue comme la tristesse, et où la violence est encore palpable, Jasmila Zbanic met en scène les conflits intérieurs et les espérances d’une mère et de sa fille. Ce qui est fabuleux dans ce film, c’est que la vraie vie n’est pas oubliée : certes les blessures évoquées sont pour une grande partie provoquées par les drames du passé mais jamais la vie de ces deux femmes ne se limite à accepter le malheur de leur pays. Elles sont tour à tour confrontées à des dilemmes auxquels tout être humain peut être confronté, même en temps de paix... Partout, les gosses sont cruels entre eux. Parfois, les revendications de l’adolescence s’expriment violemment. Souvent, les parents font toute forme de sacrifices pour élever leurs enfants. Quant aux héros qui nous ont déçus, la plupart d’entre nous en ont connus... La réalisatrice ne traite donc pas ici que des seules conséquences de la guerre. Son propos est beaucoup plus universel puisqu’il touche aussi bien à la difficulté d’aimer, de se dévoiler, de devenir adulte, d’être heureux... Coincées entre la guerre et la vie, cette femme et sa fille (excellemment interprétées par Mirjana Karanivic et Luna Mijovic) vont s’apprendre mutuellement à parler et à chanter. On ressort de ce film un peu plus bouleversé mais un peu moins ignorant et un peu plus confiant que lorsqu’on est entré dans la salle. Ca fait du bien... |
13-11-2006 Jugez-moi coupable |
| Pendant une petite heure c’est plus lourdingue que drôle et le caractère des personnages est trop grossièrement esquissé pour qu’on puisse les trouver intéressants et encore moins s’y attacher. On peut même en arriver à se questionner sur le réel intérêt d’avoir repris les minutes du procès pour les intégrer dans les dialogues... Mais Jugez-moi coupable se bonifie avec le temps et les personnages prennent doucement mais sûrement de l’ampleur au point de finir par devenir l’essence même du film. Il est à noter que Vin Diesel, bien qu’assez énervant au départ, campe admirablement le rôle de Jackie di Norscio, mafioso doté d’une vulgarité arrogante dont il use avec brio et d’une intelligence du cœur rare. Il s’agit certes d’un film de prétoire mais surtout d’un film d’acteurs (porté par Vin Diesel bien sûr, mais aussi par Peter Dinklage, Linus Roache et Ron Silver). Il ne faut pas venir chercher ici un scénario d’une grande richesse judiciaire ni espérer trouver la profondeur d’un quelconque message moral. Les chefs d’accusation sont à peine cités et la culpabilité évidente des accusés n’appelle nullement la condamnation. Cela dit, malgré son absence de message de fond et d’intensité dramatique, il convient de voir ce film comme un divertissement agréable, surprenant (dans une certaine mesure) et très bien réalisé. NB : à voir absolument en VO (la VF est navrante) |
13-11-2006 Lady Chatterley |
| Quelle tâche délicate que celle du critique qui tente d’expliquer pourquoi un film lui a plu alors que les raisons qu’il va avancer sont pour la plupart exactement celles qui, d'habitude, lui font fuir les salles obscures ! Et pourtant… Ce film est merveilleux parcequ'il est long. Nécessairement, indispensablement long. Etrangement, le faire plus court l’aurait sans doute rendu ennuyeux… Et puis il y a la nature qui est filmée avec tellement de grâce, de précision et de sensibilité qu’elle est un écho évident à l'évolution, aux transformations physiques et psychologiques des 2 personnages principaux. L’histoire de L'Amant de Lady Chatterley, dans une de ses versions antérieures totalement dépourvue de bavardages donne un film riche de silences comblés par une musique somptueuse, par un bruissement de feuilles, par des soupirs... Pascale Ferran filme toutes ces choses mystérieuses, essentielles avec tant d'honnêteté qu'on se surprend à y être sensible alors qu'on a passé plus de 30 ans à être convaincu du contraire. Et puis il y a Marina Hands. La sublime Marina Hands. Tout est juste dans son jeu : ses hésitations, ses silences, son respect du silence de l’autre, ses sourires, son sobre émerveillement et son absence d’effroi lorsqu’elle découvre tout un monde de sensations jusqu’alors inaccessibles… Elle est l’incarnation même de la vraie Lady Chatterley : celle qu’avait imaginée Lawrence. C’est sûr… Quant à la prestation de Jean-Louis Coullo’ch : elle est tout aussi frappante même si le registre des émotions jouées est un peu plus réduit ou un brin moins subtile. Lady Chatterley est un des plus beaux films de l’année. |
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