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zanzibar
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Ses critiques de films
 01-07-2008 La Capture
A l'exception de l'interprétation magistrale de Catherine de Léan (Rose), La Capture est un film inconsistant et dénué d'une profondeur que les scènes oniriques récurrentes tentent laborieusement (mais vainement) de combler. Vouloir traiter des désastres de la violence conjugale de façon frontale nécessite de s'appuyer sur un scénario un minimum crédible. Or, rien n'est moins vraisemblable que la connivence et la collaboration des gens que Rose a rendus complices de son acte. Cette séquestration du père visant à sa rédemption n'a d'autre intérêt que d'aboutir à une scène finale atrocement pessimiste et clairvoyante. Malgré un montage assez agréablement rythmé et une mise en scène de Carole Laure assez recherchée, la quête de Rose et le chemin qu'elle emprunte n'ont rien de vraiment passionnant. Dommage...
 23-06-2008 Showgirls
Bof, bof, bof... Quand un sujet un peu trop galvaudé est grossièrement traité, forcément ça ne donne pas un résultat éblouissant même quand c'est Verhoeven qui est aux manettes. Certes la mise en scène est impeccable et ses excès tendent à appuyer le message dénonciateur du scénario. Mais, par sa linéarité, l'ensemble devient tout de même assez vite lassant. Du côté des personnages, assez caricaturaux dans l'ensemble, rien de vraiment déroutant. Bien qu'on sente régulièrement les louables intentions du scénariste pour destabiliser un tant soit peu le spectateur, le résultat reste très prévisible et assez médiocre. Au mieux, il s'agit d'un sympathique divertissement, au pire il s'agit d'un mauvais Verhoeven...
 22-06-2008 Les hommes du président
Les Hommes du Président est typiquement ce que l'on peut appeler un film d'époque en ce sens qu'il s'inscrit dans un contexte politico-économique extrêmement précis. Sans doute très bien documentée, la complexité de l'enquête échappe en grande partie au spectateur qui n'a pas vécu cet épisode (ou qui ne s'est pas suffisamment renseigné et imprégné des multiples ramifications de l'affaire du WaterGate). Contextuellement, Alan J. Pakula fait un film abouti et audacieux. Structurellement, il fait un film incompréhensible et qui a beaucoup vieilli. Le duo Dustin Hoffman / Robert Redford reste toutefois magique et la démonstration de journalisme est assez extraordinaire pour que ce film justifie titalement sa place au rayon des "classqiques du cinéma".
 18-06-2008 Sagan
Il y a parfois de grandes rencontres entre un acteur / une actrice et son personnage. Ici, Sylvie Testud a rencontré la capricieuse-hédoniste-irrévérencieuse-sensible-excessive-et-très-libre Françoise Sagan. Au milieu d’une formidable galerie de personnage (à commencer par Jeanne Balibar et Pierre Palmade, tous deux faisant formidablement revivre l’élégante Peggy Roche et le mondain Jacques Chazot), Sylvie Testud crève l’écran et réussit à exhaler une solitude poignante au fil des 2 heures que dure le (télé)film. Les dialogues réjouissants, les réparties hautes en couleur, et les scènes émouvantes se succèdent dans une mise en scène sage et sans fioritures. Diane Kurys a par ailleurs eu la bonne idée de ne pas nous faire oublier l’immense écrivain qu’était Sagan en ajoutant nombre d’extraits de son œuvre en voix off. A voir absolument.
 18-06-2008 Grace is Gone
Grace Is Gone est un film d’une immense pudeur qui dévoile de façon douce-amère le désarroi d’un homme qui ne peut accepter la mort de son épouse et la fuite d’un père qui refuse d’annoncer à ses enfants la mort de leur mère (il faut dire que l'aveu aurait valeur d’acceptation). James C. Strouse nous offre ici un film particulièrement émouvant, évoquant le deuil et la famille d’une manière très simple mais souvent très efficacement imagée (la scène de la maison dans le supermarché en est une excellente preuve). L’environnement politico-social (la guerre en Irak, les femmes qui partent au front) de ce drame est suffisamment subtilement évoqué pour ne pas vampiriser la douleur du père et de ses 2 gamines. Il intensifie seulement un peu plus certains questionnements et certains non-dits... Les acteurs sont à l’image de leur détresse, ils sont sobres et totalement convaincants. La douleur et l'impuissance de John Cusack impressionnent, les lèvres pincées de Shelan O’Keefe (la fille aînée qui passe son temps à la frontière de l’enfance et de l’âge adulte) bouleversent, et la joie de vivre de Gracie Bednarczyk (la cadette) déchire le cœur. Une autre chose déchire encore dans ce film : la musique. Elle est signée par Clint Eastwood (mention spéciale pour le générique de fin qui est un véritable joyau).
 09-06-2008 Shine a Light
Ce docu-musical de Scorsese sur les Rolling Stones laissera sans doute plus d’un spectateur sur sa faim. En effet, on est loin du fabuleux Rolling Stones At The Max de Julien Temple et consorts (qui procurait une terrible impression de proximité avec le groupe) et on est également loin de No Direction Home (documentaire passionnant et très documenté de Scorsese sur Bob Dylan). Shine a Light ressemble plutôt à un caprice de luxe d’un réalisateur affichant une admiration sans borne pour les vieux sorciers du rock’n’roll. Et les vrais fans, avec leur inévitable léger manque de discernement, seront ravis de voir à nouveau les Stones à l’écran même si ce métrage ne leur apporte rien. Les rares et très brèves séquences d’archives présentées sont complètement anecdotiques (même si certaines font sourire) et les Stones sont une parodie d’eux même : Mick Jagger survolté et incandescent (vieux et tellement ridé que c’en est indécent), Jack Sparrow, pardon Keith Richard (!) toujours cabotin et brouillon (vieux et tellement ridé que c’en est drôle), Ron Wood l’inaltérable élément indispensable à la cohésion musicale de l’ensemble (moins vieux et moins ridé que ses compères), et Charlie Watts toujours aussi impassible (vieux lui aussi mais comme il n’a jamais eu l’air vraiment jeune, ce n’est guère troublant !). Derrière ces vieilles peaux, reste le mythe. Et la musique. Et pour tout ça, Shine a Light est un film des plus précieux.
 09-06-2008 Maradona
Faire un documentaire sur son idole semble être un exercice très à la mode chez les réalisateurs ces temps-ci. A l’heure où Scorsese s’offre le luxe de filmer un concert des Rolling Stones, Emir Kusturica s’offre celui de consacrer 1h35 de pellicule à Diego Maradona. Le piédestal sur lequel Kusturica fait reposer l’idole Maradona semble cruellement élevé au regard de l’inconsistance du personnage. Qu’il s’agisse des discours pro-castristes sans fond du footballeur ou de sa culpabilité de père qui est passé à côté de sa vie de famille, le personnage n’est jamais ni vraiment crédible ni vraiment touchant. Cette tentative de démystification de l’icône Maradona est totalement contre productive. On finit presque par être déçu de voir le réalisateur se complaire dans une complicité qui ne peut que nous échapper tant elle manque de finesse. Seule la musique du film nous rappelle à qui nous avons affaire. C’est toujours ça de pris. Mais c’est bien…
 02-06-2008 Un conte de Noël
Un conte de Noël apporte une nouvelle fois la preuve que Arnaud Desplechin est un exceptionnel narrateur qui façonne ses personnages comme nul autre aujourd’hui dans le cinéma français. Mais malgré cet incontestable et manifeste talent, son dernier opus déçoit. Toujours dans son registre de prédilection (la psychologie amoureuso-parisiano-familio-bobo) le réalisateur devient vraiment lassant en nous proposant cette fois-ci une histoire sans intérêt rythmée de monologues amphigouriques et de scènes insupportablement longues (voire inutiles). Son obscur besoin de s’adresser à une élite qui comprendra toutes ses références (et s’en regorgera) et son manque d’humour tangible (masquée par certaines saillies censées être politiquement incorrectes et donc drôles – ce qui, pour être honnête, est tout de même parfois le cas) en font un réalisateur nettement moins intéressant qu’il ne promettait de l’être… Cela dit, Un Conte de Noël est quand même sauvé par le brillant Almaric et la lumineuse (bien que trop peu présente) Emmanuelle Devos. Il est vraiment désolant de voir le savoir-faire du grand metteur en scène qu’est Despléchin se corrompre dans cette fresque familiale aussi peu crédible que pédante et affectée.
 26-05-2008 Soudain l'été dernier
« Soudain l’été dernier », c’est avant tout une série de prouesses d’actrices qui réussissent à faire d’un scénario outrancier une apologie de la psychologie freudienne. Les très longs monologues (à commencer par la fabuleuse tirade de Katarine Hepburn sur la ponte des tortues aux Galapagos) peuvent sembler au premier abord aussi déconcertants que ceux d’Ariane dans Belle du Seigneur. Pourtant, Tennessee Williams utilise ces très longs passages récitatifs pour installer très rapidement une atmosphère délétère et menaçante. Tous les non-dits sur la sexualité, le vieillissement, le déni de réalité, la séduction et la mort pèsent de plus en plus sur les quelques personnages imbriqués dans cette histoire où chacun joue un rôle qui entretient la pathologie de l’autre. Le grand absent, Sébastien, odieux personnage autour duquel gravitent tous les personnages , finit sa vie en martyr et voit son sort sublimé grâce à la dernière et captivante scène de Liz Taylor. Mankiewicz cisèle l’ensemble avec des images d’une beauté et une rigueur quasi chirurgicale. Les gros plans s’enchainent et contribuent à augmenter sans cesse le côté tragique, aliénant et éprouvant de cette histoire. Magnifique.
 26-05-2008 Le Journal d'une baby-sitter
Fermez les yeux et imaginez-vous l’histoire d’une jolie jeune femme (simple et intelligente) qui devient par hasard baby-sitter d’un odieux gamin doté de riches parents encore plus odieux que lui dans quartier chic de New York. Et bien pour peu que vous n’ayez pas trop d’imagination, vous avez là le scénario du Journal d’une Baby Sitter ! Cela dit, cette histoire de Mary Poppins version 2008 n’est pas si mauvaise. Bien sûr, le scénario est plus que prévisible et ne présente pas grand intérêt mais Scarlett Johansson et Laura Linney sont parfaitement crédibles et la mise en scène est absolument charmante, pleine d’idées amusantes (à commencer par les tableaux faits de cire commentés en voix off). Disons que le film vaut ce qu’en laisse augurer son titre : un film léger et oubliable.
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