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zanzibar
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Ses critiques de films
 05-08-2008 2001 l'Odyssée de l'espace
Difficile de noter ce film qui a sur le papier tout pour me plaire et mérite dans l’absolu ses 5 étoiles : au-delà de la fantastique expérience esthétique qu’est 2001, c’est le fait d’élever le spectateur au rang de « philosophe » qui rend ce film aussi indispensable. Kubrick nous oblige à être aussi actifs que ses personnages sont inactifs. Et c’est là que j’ai personnellement eu un problème : malgré la puissance des déclencheurs (symboles, ellipses et allégories font la part belle à la réflexion), je n’ai jamais complètement adhéré à cette odyssée, à cette quête, à ce questionnement. Je me suis (honte à moi) mortellement ennuyée… Je ne conteste pas le fait qu’il s’agisse d’un morceau d’anthologie, d’un pur chef d’œuvre, mais cette façon d’aborder la place de l’humain dans l’univers ne m’a pas le moins du monde touchée. Qu’il s’agisse de ma part d’une déficience de sensibilité ou d’une incapacité à percevoir le monde de façon trop conceptuelle, peu importe, le fait est là, je suis déçue : j’ai vu un film fondateur (bourrée de trouvailles en tout genre) mais pas un film passionnant. Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir un peu plus de culture générale mais je ne peux certainement pas dire que j'ai passé un bon moment...
 29-07-2008 Le Premier jour du reste de ta vie
Si l’on s’en tient aux archétypes, la famille était autrefois composée d’un père autoritaire, d’une mère aimante, d’un fils qui partait à l’armée, d’un fils qui intégrait le clergé et d’une fille qui se mariait avec un beau parti. Aujourd’hui, la famille s’accommode encore de statuts bien déterminés quoi que légèrement différents car agrémentés de sentiments : le père est plus aimant et plus sensible, la mère se sent plus forte et plus coupable, l’un des fils a le sens des responsabilités, l’autre est rêveur, et la dernière est révoltée. C’est de ce prototype de famille que Rémi Bezançon nous raconte la vie, au travers de 5 journées et de moult retours dans le passé qui nous montrent avec un tendre réalisme comment le temps a passé et comment ces 5 héros ordinaires ont évolué. Avec son ingénieuse mise en scène et sa magnifique BO, Le premier jour du reste de ta vie est sans doute une des comédies familiales les plus réussies qui soit : évocatrice, intelligente et touchante. Ne pas parler des acteurs (principaux ou secondaires) serait crime de lèse-majesté alors, parlons-en : ils sont juste impressionnants de justesse et incroyablement présents. A défaut d’être des nôtres, on a envie d’être des leurs…
 29-07-2008 De beaux lendemains
Russel Banks a dit qu'en écrivant ce roman, il savait que ce dernier serait inadaptable au cinéma. Atom Egoyan s'est pourtant attelé à la tâche et a réussi à dépasser les problèmes de temporalité inhérents au roman en fabricant un film puzzle en alternant aléatoirement les périodes filmées (avant le drame, après le drame). Chacun y raconte sa réalité pendant que l'avocat du diable (le très élégant Ian Holm) cherche la vraie réalité, celle qui serait néfaste, celle qui tuerait l'équilibre fragile de cette communauté. Il n'y réussira pas. Le problème, c'est qu'à trop vouloir forcer sur la subtilité des non-dits, des mensonges et des souffrances de chacun, le film perd de son authenticité, de sa magie (si macabre soit-elle) et finit par lasser. Même Nicole (magnifique personnage du livre interprété par Sarah Polley) ne trouve pas sa place (pourtant essentielle) à l'écran. Sans la magnifique mise en scène et le fil conducteur du Joueur de Flute de Hamelin (encore une grande trouvaille de Monsieur Egoyan, il faut le reconnaître), De Beaux Lendemains n'aurait guère de charme, ni guère de sens...
 22-07-2008 Hancock
Hancock est un super-héro qui change un peu de l'ordinaire et c'est là son grand charme. En effet, il manque cruellement de savoir-vivre, il est mal embouché, il est grossier, il est alcoolique, et il détruit tout sur son passage à chaque fois qu'il va sauver une vie. Bref, ses manières déplaisent et il ne recueille pas l'assentiment de la population. Suite à un coucours de circonstances et une vague remise en question personnelle, Hancock va accepter les services d'un coach qui va se charger de redorer son blason afin de lui faire retrouver du crédit auprès des habitants. L'idée est bonne et plutôt bien traitée pendant la première moitié du film. Le problème tient au fait qu'on a l'impression de n'avoir droit qu'au minimum syndical aussi bien en termes de dialogue qu'en terme d'intrigue secondaire. Une répartie drôle = 5 minutes d'ennui, un rebondissement intéressant = 15 minutes de scénario prévisible. C'est vraiment dommage car Will Smith et Jason Bateman forment un duo qui aurait pu marquer les esprits de façon nettement plus considérable s'ils n'étaient pas restés cantonnés dans personnages fabriqués au rabais.
 22-07-2008 Nos 18 ans
Nos 18 Ans est aux trente/quarantenaires d'aujourd'hui ce que La Boum a dû être pour leurs parents. Mais en mieux. Je dis ça sans doute parceque je suis en plein dans la cible cette fois-ci ! Honnêtement, Nos 18 Ans n'a d'intérêt que pour son aspect nostalgique et la joliesse de ces acteurs et actrices. Le premier point s'explique par la présence d'une BO savoureuse(générique de début avec les Cure, course de mobilette avec Dexys Midnight Runners et grand moment de tendresse avec Suzanne Véga..., quel délice !). Quant aux personnages, pas très fouillés, ils sont attachants et sufisamment superficiels pour ressembler exactement à ce que nous pouvions être à l'époque. Que de souvenirs en 90 minutes !
 15-07-2008 Les Sept jours
Les Sept Jours est un huis clos familial qui nous présente une galerie de personnages que le seul jeu des acteurs ne suffit pas à rendre captivants. Alors que, depuis la Visite de la Fanfare, on la sait capable de dégager une fabuleuse aura, Ronit Elkabetz est ici assez insipide : son personnage, à l'instar de tous les autres, manque de profondeur. La volonté du réalisateur d'utiliser le respect de la tradition comme levier du ressentiment familial aurait pu être une bonne idée mais n'aboutit en fait ni à un vrai drame humain, ni à une vraie dénonciation de l'observance du culte. L'histoire un peu brouillonne de tous ces personnages n'est que très ponctuellement touchante. Quand on pense au fabuleux Mon Trésor sorti en 2004 (à l'affiche duquel on trouvait déjà déjà l'excellente Ronit Elkabetz dans un registre dramatique), on ne peut que se dire que le cinéma israëlien est bien inégal...
 15-07-2008 Le poulpe
La très grosse force du film de Guillaume Nicloux est d'avoir réussi à être particulièrement fidèle aux perrsonnages complexes de Jean Bernard Pouy en ce sens qu'il a su créé un Gabriel Letourneur insaisissable et persifleur, une Chéryl superficielle et attachante, et des personnages secondaires complètement toqués mais qui trouvent sans difficulté leur place dans cette enquête à dormir debout. Le choix de Daroussin pour jouer Le Poulpe s'avère être une réussite : il est parfait en homme sans passé, sans avenir, très ancré dans le présent, oscillant constamment entre humour et désenchantement. C'est d'ailleurs moins l'enquête menée dans le port suitant de Saint Nazaire que les personnages qui captivent ici. Une bonne raison de retourner fouiner dans sa bibliothèque pour en ressortir quelques volume du collectif de La Baleine.
 15-07-2008 Camping car
Si Camping Car ne renouvelle nullement le concept de la gentille comédie familiale, ce film a au moins le mérite de ne pas déprécier le genre plus qu'il ne l'est. Avec son scénario archi-prévisible, ses gags pas très drôles et ses acteurs en "mode routine", les moins exigeants des spectateurs souriront toutefois régulièrement en regardant les tribulations cocasses de la famille Munro. Barry Sonnenfeld s'en tient à ce principe de déjà-vu aussi bien dans la mise en scène que dans les morales de l'histoire : se fier aux apparences c'est mal, communiquer avec ceux qu'on aime c'est bien, etc. Les apparitions de Will Arnett (le génial Gob de Arrested Development) manquent de saveur mais la joie de vivre de la famille Gornicke et les mimiques de Robin Williams enrobent l'ensemble avec beaucoup de légèreté et de tendresse. Un film vite régardé, plus vite encore oublié, mais un petit film sympathique tout de même !
 11-07-2008 A Swedish Love Story
L’adolescence, c’est cet âge inconvenant où l’on est aveugle au reste du monde mais pourtant sensible à l’extrême et où un regard peut soudain prendre une importance capitale. L’apparence minimaliste du scénario magnifiquement mis en image par Roy Andersson est trompeuse. En réalité, l’histoire de Pär et Annica est d’une universalité et d’une richesse peu communes. Tout d’abord, la longueur et la qualité des plans obligent quasiment le spectateur à éprouver les sentiments des 2 jeunes gens, et ce de façon très précise. D’ailleurs, rarement choix d’acteurs aura été fait avec autant de finesse : Ann-Sofie Kylin (sublime jeune fille pleine de grâce) et Rolf Sohlman (dont le visage trop poupin rend étrangement touchante la détermination) crèvent l’écran. Pour preuve : que ce soit dans leur jeu de séduction balbutiante ou lorsque leur amour est clamé au grand jour, ils manquent tous deux d’assurance tout en semblant absolument invincibles. Et ils le sont ! Invincibles et passionnants. A côté d’eux, juste au bord de leur histoire, il y a les adultes. Avec leurs petitesses, leurs pauvres désirs, leurs désillusions, leurs dépressions, leur solitude… La fraîcheur et l’authenticité de l’histoire d’amour vécue Pär et Annica (leurs maladresses, leur désinvolture étudiée, leurs gestes d’amour absolu) s’opposent sans relâche au monde nostalgique et insignifiant des grandes personnes (ce qui donne lieu à quelques scènes drolissimes comme par exemple celle des portes battantes…). Ces 2 mondes ne grincent pas quand ils se frottent, ils sont juste incompressibles, pratiquement incompatibles. Et pourtant, le personnage d’Eva est là pour nous rappeler qu’on passe de l’un à l’autre en grandissant, sans faire exprès. C’est dramatique et bouleversant. Aussi incompréhensible qu’inquiétant. Voici donc, en deux mots comme en cent, l’un des plus beaux films de cette année. Tourné en 1970, il lui aura fallu 38 ans pour parvenir à passer la porte d’une dizaine de salles obscures françaises… Encore un grand mystère du cinéma…
 04-07-2008 Valse avec Bachir
Avec ses couleurs jamais franches mais toujours très soutenues, avec ses personnages aux traits grossiers et tant de détails dans les décors, avec son je ne sais quoi de magique au niveau de l’image, Valse avec Bachir est totalement envoûtant. De même, le décor musical du film est saisissant (une valse de Chopin sous les tirs en plein Beyrouth, ou encore le spectre pathétique et émouvant des années 80 jaillissant avec Orchestral Manœuvre in the Dark ou PIL). Ce qui pêche violemment dans ce « documentaire animé » n’est pas tant l’idée scénaristique de base (la quête analytique d’un homme à la recherche de son passé et qui ne sera libre que lorsqu’il pourra enfin faire face à sa culpabilité) que la forme narrative de l’histoire. Les récits de chaque témoin (les compagnons d’armes qu’Ari va solliciter pour retrouver sa mémoire à travers la leur) sont trop distanciés par rapport à l’image pour captiver le spectateur et l’émouvoir vraiment. Les personnes interviewées racontent leurs souvenirs avec une sorte de retenue et de froideur qui ne permet pas d’éprouver de l’attachement pour eux (sauf peut-être pour le copain désenchanté d’Ari qui vit au Pays Bas et dont j’ai oublié le nom). Du coup on s’ennuie parfois un peu. Et on sort de la salle avec la très raisonnable pensée que la guerre c’est moche et inutile et vain, mais on n’est pas bouleversé. Même les dernières images du film (aussi laides que le reste du film est beau) ne réussissent pas à renforcer le manque d’implication provoqué par les longueurs des monologues apathiques. Valse avec Bachir est donc une vraie réussite esthétique et une vraie réussite documentaire. Mais ce n’est pas le grand film passionnant de l’année.
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