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Fan : zanzibar Localisation : LE MANS Inscrit le : 10-11-2006 |
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| Ses critiques de films |
28-11-2008 L'Echange |
| Clint Eastwwod a encore frappé. Dire qu'il se bonifie avec le temps n'a plus guère de sens puisque son tour de force consiste désormais à ne jamais nous décevoir. Et grand dieu que la barre est haute ! La perfection formelle de L'Echange est envoutante, à commencer par une photographie magistrale participant d'une atmosphère poignante. De la direction d'acteur, on peut être saisi tant le jeu de l'ensemble des personnages du film est fin et juste. Angelina Jolie, confondante de force et de fragilité mélangées face à l'adversité, fait honneur à cette caméra si bien maniée. Le seul très léger bémol de L'Echange tient peut-être à la consistance de son scénario (dont la légitimité ne saurait pourtant être remise en cause puisqu'il est tiré d'une histoire vraie): tant de batailles menées en si peu de temps peuvent curieusement laisser le spectateur sur sa faim. De l'absence de l'enfant aux méthodes policières en passant par la condition de la femme, la place de la psychiatrie, le deuil et le pouvoir religieux, le spectateur goûte à des mets certes roboratifs mais tellement délicats à la fois qu'il est enclin à vouloir en manger plus... Et Monsieur Eastwood nous épargne l'indigestion à notre corps défendant ! Chapeau. Et au fait, vous ai-je dit qu'une fois de plus c'est lui qui signe l'admirable BO ? |
05-11-2008 The Visitor |
| Walter Vale a-t-il été par le passé autre chose que cet homme terne, lisse, froid, raide, triste, engoncé dans ses petites manies et ses pathétiques mesquineries ? L’histoire ne le dit pas. Ce que nous raconte Tom McCarthy dans The Visitor, c’est l’histoire de l’homme dont je vous ai dressé le portrait plus haut et de son ouverture au monde. Un improbable concours de circonstances va provoquer chez Walter un insidieux mais inéluctable bouleversement : il va devenir curieux des gens qui l’entoure et va même les aimer. Cet attachement à la fois pudique et maladroit qu’il éprouve pour ses nouveaux amis va tout d’abord le déranger. Il semble même un peu coupable de s’autoriser ce genre de sentiments. Comble de surprise, Walter va même aller jusqu’à s’aimer lui-même, au moins un peu, par moment. C’est cette découverte de l’amitié (et de l’amour) teintée d’embarras, d’étonnement et de tolérance que le génial Richard Jenkins réussit à transmettre à chaque instant. A côté de lui, on retrouve la toujours très digne Hiam Abbass (vue récemment dans Les Citronniers) et le généreux Haaz Sleiman. Des acteurs sublimes qui font du sujet le plus casse-gueule de la décennie (l’intégration, la clandestinité et la politique répressive et déshumanisée qui va avec) un film magnifique empreint d’une douceur et d’une humanité remarquable. Au début du film, Walter Vale est terriblement seul. A la fin du film, il l’est à nouveau. Entre-temps il a découvert qu’il était vivant. Magnifique ! |
05-11-2008 A toute épreuve |
| A Toute Epreuve est l’archétype du film d’action… sans fond ! Forcément, quand on base un film exclusivement sur ses fusillades, le scénario en pâtit plus que de raison ! Donc, de prétextes saugrenus en rebondissements débiles, on assiste aux plus belles scènes d’action qui soient avec des cascades admirablement chorégraphiées et une mise en scène époustouflante. Partant de là, il n’est pas surprenant que les dialogues soient réduits à leur plus simple expression : il n’y a pas assez de silences entre chaque rafales tirées pour que les acteurs aient le loisir d’échanger plus de 2 phrases d’affilée. Un grand film d’action donc que cet opus de John Woo. Mais c’est vraiment tout. |
30-10-2008 Le port de l'angoisse |
| Une nouvelle d'Hemingway revisitée + Howard Hawks derrière la caméra + le couple Bogart - Bacall = un grand moment de cinéma. Photo magnifique, atmosphère d'une rare densité, dialogues empreint de de malice et d'amour, bref, se mettre devant son écran pour regarder Le Port de l'Angoisse, c'est la certitude de ne pas faire d'erreur, de passer deux heures magiques. Si la poésie et la nostalgie de Casablanca ne sont pas au rendez-vous (ou du moins pas autant), le piquant des personnages (qu'ils soient protagonistes ou secondaires) comble amplement cette toute petite carence. |
27-10-2008 Camping |
| Pour être populaire, un film doit-il obligatoirement être dépourvu de toute substance ? C'est ce que l'on est malheureusement tenté de croire en regardant Camping. Des personnages creux, des rebondissements narratifs pathétiques, des scènes comiques pas vraiment drôles (à l'exception de quelques répliques et d'une scène d'anniversaire loufoque avec la tête de taureau qui, bizarrement, m'a fait beaucoup rire), une morale téléphonée et une mise en scène qui souffre cruellement d'inventivité. Dans sa quête laborieuse d'humour, Fabien Oteniente ne réussit qu'à brosser un tableau grossier de personnages auto-parodiques qui ne sont ni attachants, ni crédibles. La gentillesse débordante d'un Dubosc (manifestement en mal de scène) n'est que bien piteusement mise en valeur et le mépris caricatural de Lanvin pour ses contemporains campeurs est particulièrement navrant dans la mesure où il tient plus du non-jeu que du relief du personnage. Bref, un film à éviter si on ne veut pas avoir l'impression de perdre son temps, sauf à vouloir connaître l'origine de certaines répliques abondamment entendues l'été dernier... |
27-10-2008 Le Crime est notre affaire |
| Une fois encore, cet opus de Pascal Thomas nous livre des dialogues ciselés sur mesure pour André Dussolier et Catherine Frot, désormais figures emblématiques des époux Beresford (héros récurrents de Madame Agatha Christie). Détectives à leurs heures perdues (au grand dam de Bélisaire, le mari), ce couple bourgeois nous inonde de fraîcheur et de malice au cours d'une enquête qui tient la route mais dont le dénouement n'est pas totalement convaincant. Mais on n'est pas tant là pour l'intrigue que pour les personnages, au premier rang desquels on trouve bien sûr Prudence et Bélisaire Beresford. Si on ajoute à ça le charme d'une mise en scène soignée dans un climat un brin désuet, on se trouve face à un film des plus sympathiques et récréatifs qui soit ! |
22-10-2008 Vicky Cristina Barcelona |
| Voici la question qui m'a été le plus souvent posée depuis que je suis allée voir Vicky Cristina Barcelona : est-ce que si cette amourette avait été réalisée par un autre que Woody Allen, tu l'aurais vraiment autant appréciée ? A chaque fois, j’ai répondu oui. Sauf que, si le film n'avait pas été de Woody Allen, je ne me serais sans doute pas déplacée pour aller le voir tant l'histoire est insignifiante sur le papier. Mais il ne faut pas se leurrer, quand on va voir un Woody Allen, on juge du résultat par rapport à ce qu'on attend du personnage. Même s’il est décevant de ne pas tomber sur des œuvres telles que Match Point, c'est tellement agréable de commenter les erreurs et les facilités que s'autorise ce stakhanoviste du cinéma ! Vicky Cristina Barcelona n’est pas de la veine des grands films de Woody Allen… Une histoire simplissime. Trois personnages féminins archétypaux. Des relations amoureuses et des élans du cœur en veux-tu en voilà (histoires officielles, histoires passées, histoires fantasmées, etc.). Une bande-son pas très élaborée. Une vision de Barcelone totalement édulcorée. Mais ce qui donne une âme à cet ensemble, c’est la mélancolie qui se dégage de tous ces personnages. Tous les tableaux du film, si artificiels et si joyeux soient-ils, ont un parfum de tristesse indélébile. Et quels acteurs ! Javier Bardem était un acteur prometteur. Et bien on peut dire qu’il a tenu parole ! (je le disais déjà après No Country for Old Men mais ça mérite d’être répété). Quant à ces dames (Scarlett, Rebecca et Penélope), elles sont parfaites (et ne semblent même pas gênées de jouer des personnages aussi modélisés) ! Maintenant que j’ai écrit ces quelques lignes, je me dis que j’ai sans doute un peu menti en disant que j’aurais apprécié ce Vicky Cristina Barcelona s’il avait été réalisé par un autre que Woody Allen. Cette touche de romantisme morose et pessimiste n’appartient qu’à lui et ce cruel manque de romanesque n’est acceptable que lorsque c’est lui qui se charge de nous les dévoiler. Le romantisme selon Woody Allen. A l’opposé du romantisme chevaleresque. La fin du film, absolument dramatique, en est la quintescence. A voir si on aime le Monsieur. Sinon, mieux vaut passer son chemin... |
30-09-2008 Entre les murs |
| Avec son absence déconcertante de mise en scène, Entre les Murs n'est pas tout à fait un film comme les autres. Ce n'est pas non plus un documentaire. C'est juste une histoire de gosses hostiles au monde qui les entoure et à eux-mêmes. Une histoire de gosses qui ont cessé de rêver et qui sont stigmatisés par une caméra intrusive et voyeuse. Porté à bout de bras par un François Bégaudeau naturel et dérangeant (parceque ce qu'il fait mal, on ne saurait pas comment le faire bien), Entre les Murs n'a pas de grande valeur intrinsèque sauf celui de renforcer une forme d'incompréhension générationnelle nouvelle et de placer le statut de professeur sur un piédestal pour le moins bancal. Primer Entre les Murs à Cannes, c'est primer la factualité, la matérialité du désoeuvrement, le désenchantement et... un minuscule espoir. |
30-09-2008 Parlez-moi de la pluie |
| Si Parlez-Moi de la Pluie manque cruellement de fond, on ne peut pas lui reprocher de ne pas être divertissant. Impeccablement ficelé par Jaoui (on n'est jamais mieux servi que par soi-même), les dialogues et les plans sur les moues des acteurs s'enchaînent de façon vive et joyeuse. Pour les thématiques de la politique, du poids du passé, de la place de la femme dans la société, inutile de s'y attarder, il ne s'agit que de prétextes à mettre en scène le duo bien huilé Jaoui - Bacri et de faire valoir le grand talent de Jamel Debbouze. Au bout du compte, un film charmant. |
05-08-2008 Wall-E |
| Ce doit être une expérience anthropologique des plus intéressantes que d’aller passer quelques jours au sein de la brillante équipe de Pixar qui a travaillé sur Wall E. Qui sont donc ces jeunes (ou peut-être moins jeunes) gens qui sont capables d’un tel tour de force ? Doter d’une telle humanité un petit robot qui ne parle pas, dégager une telle force évocatrice de quelques images en 3D, révéler une si terrible solitude avec une ampoule et une vieille bande de Hello Dolly, délivrer un message aussi complet avec un seul petit brin d’espoir, c’est purement hallucinant ! Car bien au-delà du concept du développement durable (appelons-le comme ça puisque c’est ainsi qu’il convient de l’appeler) magistralement représenté par la terre dévastée sur laquelle Wall-E se retrouve isolé avec un cafard et un précieux brin d’herbe, c’est de la transmission du savoir qu’il s’agit, de la capacité à ne pas se laisser aller au panurgisme, c’est de l’identité et du libre-arbitre dont il est question ici, c’est avant tout du cœur qu’il s’agit. Avec une virtuosité magistrale, un sens du cinéma absolu et des ellipses que chacun (grand ou petit) est en mesure de combler, Wall-E s’avère être un des plus beaux films d’animation qui soit, le plus subjuguant, le plus inquiétant et le plus optimiste aussi. |
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