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Fan : summerphoenix
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| Déjà dans « Bienvenue dans l’âge ingrat », Solondz nous livrait le récit grinçant et sans concessions d’un passage à l’âge adulte douloureux, film qui lui vaudra de nombreuses récompenses.
Après les excellents Storytelling et Happiness, il nous revient en 2004 avec « Palindromes », un film qui raconte les déboires d’une jeune-fille de 12 ans cherchant à tout prix à être enceinte. Plusieurs personnages – et c’est là la grande originalité du scénario – vont interpréter successivement cette jeune-fille.
En découvrant le film, on comprend pourquoi celui-ci a été tant malmené par la critique. A la différence de ses précédentes œuvres qui étaient tout juste déstabilisantes, Palindromes est réellement un film dérangeant, de par son format qui peut égarer mais aussi et surtout de par son thème qui touche cette fois à la sexualité juvénile et flirte avec la pédophilie. Certaines scènes sont clairement explicites, peut-être trop. Mais la prise de risque est remarquable. Solondz s’est débarrassé de toutes ses retenues et tabous pour nous livrer l’un des films les plus cruels sur la vie.
Une mention toute particulière à l'épisode «Mamma Sunshine» qui rappelle le cultissime «Freaks» de Browning.
Les hommes sont présentés comme des bêtes assoiffées de sexe et totalement irresponsables. Quant aux femmes, ce sont des hystériques travaillées par le désir de maternité et d’une effroyable détermination.
Le film commence par un enterrement, celui de Dawn Weiner, l’héroïne de « Bienvenue dans l’âge ingrat » et ceci n'a rien d'anodin. En effet, un Palindrome est un mot dont le sens reste le même qu’on le lise de gauche à droite ou de droite à gauche et c’est précisément, le sens que Solondz prête à la vie : une sorte de répétition infernale qui n’aurait comme issue finale que la mort.
Quoi qu’on en dise, « Palindromes » est un film courageux et sincère qui a au moins le mérite de bousculer les conventions. Une véritable douche froide dans un monde de plus en plus aseptisé. | |
| Le moins que l’on puisse dire de Ben Stiller, c’est qu’il n’a pas peur des projets extravagants et des scénarios loufoques. Même si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous (et le public non plus d’ailleurs), Ben Stiller s’en sort toujours incroyablement bien, avec une sorte de légèreté et d’humilité fort sympathiques…
Dans « Une Nuit au Musée », il y a un peu de tout cela. Le thème est à la fois commun et inattendu : un musée prend vie dès que la nuit tombe, sous le regard paniqué du nouveau veilleur de nuit. Celui-ci tente de remettre de l’ordre dans ce chaos insensé, poussé par la nécessité de garder ce travail. S’ensuit une kyrielle de rebondissements et d’effets spéciaux à la Jumanji qui ne manquent pas d’amuser. Les personnages historiques sont malmenés et quelque-peu démystifiés (et c’est peut-être là le plus intéressant dans ce film), les époques et les lieux sont mélangés à tel point que ça en devient parfois ridicule (en particulier, les cow-boys et les romains qui se disputent le territoire). Mais tout cela fonctionne, malgré de bonnes grosses lourdeurs scénaristiques et une Carla Gugino qui minaude comme jamais. Stiller est parfait dans son rôle d’éternel malchanceux au grand cœur à qui le sort réserve les pires épreuves mais qui finit toujours par s’en sortir.
Shawn Levy signe une petite comédie familiale rafraîchissante sans prétentions avec un Ben Stiller en grande forme qui nous fait, avouons-le, bien rire du début jusqu'à la fin. | |
| En voyant «Arriverderci Amore Ciao», on est confronté à deux sentiments : une forme d'admiration pour le film en lui-même qui est globalement réussit et une sorte de sentiment étrange de déjà vu. Et cela s'explique assez facilement d'ailleurs car il suffit d'avoir vu la plupart des derniers films italiens «de genre» comme on dit qui sont sortis ces dernières années pour constater qu'il existe une incroyable unité de thème et de traitement (avec quelques variantes tout de même) qui laisse un peu perplexe... Aucune espère de copiage quelconque ni même de référence à l'un ou l'autre mais tout simplement une même inspiration. Lorsque le film est bon comme c'est le cas d'Arriverderci Amore Ciao, il est impossible de ne pas y être sensible même si l'on a déjà vu beaucoup de scènes similaires (mais moins belles) dans d'autres films.
Seulement, le cinéma italien ne se résume pas qu'à des histoires de flics, de drogue, d'engagement politique, de corruption et de violence et cette tendance actuelle à tout vouloir ramener à ces thèmes pourrait finir par lasser.
Sur le film lui-même, on notera tout de même une grande réussite : le portrait d'un être sans foi ni loi, qui restera sale et mauvais jusqu'au bout. Une telle amoralité est rare et mérite d'être soulignée. C'est certainement ce qui différencie le plus ce film de ses frères jumeaux. Un léger bémol cependant concernant le personnage de Roberta assez irritant, la faute à l'actrice qui, pour le coup, est vraiment tête à claque et ne fait pas dans la subtilité. Heureusement, l'excellente BO et les belles images qui jalonnent le film (comme celle des parapluies à la toute fin) auront raison des quelques réserves concernant le casting.
Bref, une belle réussite qui laisse de marbre néanmoins. | |
| L'humour noir n'est jamais aussi bien exploité que par les anglais, en témoigne le célèbre «Quatre mariages et un enterrement», une comédie romantique sur fond macabre qui avait connu un joli succés en son temps et ravivé la flamme des bonnes vieilles comédies britanniques.
Dans «Joyeuses Funérailles», Frank Oz nous offre une histoire bien plus grinçante qui flirte à certains moments avec la comédie romantique, mais seulement épisodiquement. Une famille est réunie à l'occasion d'un décés, et ce qui s'annonçait comme une cérémonie pénible et triste, se révélera être des plus joyeuses. De son influence américaine, Oz a gardé le sens du spectable et de la mise en scène, forgés par son métier de marionnetiste ainsi qu'une imagination très fertile, le tout mêlé à une bonne dose d'humour typiquement britannique. Le rythme est plutôt bien mené même si la première est un peu longuette, le comique de situation est rééllement jouissif et les personnages particulièrement tordants. Quant au stratagème complètement fou et malsain, élaboré en catastrophe par les héros afin de dissimuler un lourd secret de famille va finalement se réveler inutile car celui-ci sera très vite mis à jour, pour le plus grand bien de toute la famille. C'est là une belle acrobatie qui fonctionne à merveille, grâce aussi, soulignons-le, au formidables acteurs qui se prêtent avec une facilité enfantine à un scénario des plus loufoques.
Un sympathique petit film sans prétentions, qui ne marquera pas par sa singularité mais qui restera une bonne référence dans son genre. | |
| A la fin des années 60, Susanna, une jeune-femme dépressive est internée dans un hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide. Là-bas, elle se lie d'amitié avec d'autres patientes et plus particulièrement avec Lisa, une jeune-femme tyrannique et dérangée avec qui elle tentera de s'évader.
Adapté du roman autobiographique de Susanna Keyton, «Une Vie Volée» (dont le titre original est bien plus évocateur), est un film témoin sur l'enfermement, la solitude, la folie (ou plutôt sa réelle signification) aux accents féministes et au propos volontairement dénonciateur. En effet, on y retrouve beaucoup de la mentalité de l'époque, notamment dans l'évocation de la guerre, de l'émancipation des femmes et de l'anti-conformisme qui se manifeste au travers de cette jeune-femme qui refuse tour à tour de se laisser enfermer dans la routine bourgeoise de ses parents mais également dans cet hôpital où elle ne se sent pas à sa place.
Le scénario est solide car basé sur une histoire vraie, les actrices sont absolument époustouflantes (certainement l'un des plus beaux rôles d'Angelina Jolie, qui lui valu d'ailleurs un oscar) et la bande-originale est étonnamment de très bon goût pour un film dont le thème ne se prête pas forcémment aux évasions musicales...
Certes, le film manque un peu de maturité dans sa façon d'aborder certaines questions existentielles et reste parfois dans le shéma simpliste du film ultra-féminin, s'adressant essentiellement à ce type de public et ne cherchant pas à aller plus loin.
Néanmoins, «Une vie volée» est un film touchant et humaniste qui fait penser au fameux «Magdalene sisters», dont le récit, tiré d'une histoire vraie, se situait à la même époque dans deux pays différents. | |
| Film mythique s'il en est, l'exorciste n'est pourtant pas à mettre entre toutes les mains. En effet, si celui-ci peut fortement marquer lorsque l'on est un jeune adolescent fragile, il peut tout aussi bien décevoir lorsque l'on est un adulte averti, pour ainsi dire blasé et nourri aux films d'horreur.
Dès lors, comment juger une telle oeuvre ? Tout d'abord, l'Exorciste est un film profondémment psychologique. Le caractère mystique du récit est pour ainsi dire secondaire car ce qui intéresse Friedkin, ce sont les entrailles humaines et non le céleste. C'est en cela que Friedkin a réussit là où tant d'autres ont échoué, en pénétrant au plus profond des entrailles. Un prêtre psychiatre, une mère actrice... Autant de fils conducteurs qui nous mènent à cette figure diabolique incarnée par un petit ange.
On ne peut qu'admirer la minutie avec laquelle Friedkin a parsemé son film de minuscules détails qui vous glacent le sang, comme cette fameuse image subliminale qui réussit à vous effrayer davantage que le reste du film...
L'exorciste est une oeuvre magistrale, bien que trop copiée et trop adulée en un sens pour que l'on ne soit pas un tantinet déçu par le résultat final. | |
| Réalisateur mais surtout photographe, Anton Corbijn s'est fait connaitre grâce à ses clichés de stars noir et blanc, ultra-contrastés et très intenses, qu'il publie dans le magazine anglais «New Musical Express». Il réalise également plusieurs clips pour Depeche mode, Nick Cave and the Bad Seeds ou encore Joy Division, un groupe devenu culte pour lequel il éprouve une grande admiration.
De sa rencontre avec le chanteur, Ian Curtis, prématurément disparu à l'âge de 23 ans, il gardera un souvenir ému qui le poussera à réaliser des années plus tard un film autour de sa vie.
Aucune fausse note pour ce premier long intitulé «Control» : Sam Riley est absolument épatant de ressemblance et de justesse, incarnant si bien cet être mutique, éternellement adolescent et angoissé; l'utilisation de la bande originale est tout à fait cohérente bien que légèrement convenue(le Atmosphere pour accompagner la mort de Curtis était un peu attendu); l'époque y est magnifiquement retranscrite et quant à la photographie, c'est tout simplement l'atout majeur du film.
En revanche, le traitement de l'histoire est bien trop banal pour que l'on puisse être rééllement bouleversé. C'est comme si Corbijn, trop omnubilé par l'aspect artistique et esthétique de son oeuvre, avait totalement occulté le fond. Le shéma classique du biopic (Enfance/succés/déchéance/rédemption) y est ici parfaitement exploité, sans aucune prise de risque quelconque, à ceci près que, bien évidemment, la fin n'a rien d'une happy end façon «Walk the line».
La déception est grande car une telle existence n'a pourtant rien de banal et ne peut en aucun cas se résumer à un cliché d'ado fumant une cigarette dans sa chambre en écoutant du David Bowie. C'est pourtant bien ce que nous a livré Corbijn, avec une grande affection certes, mais surtout avec un cruel manque de regard. | |
| C'est l'histoire de deux frères que tout oppose : la Teigne, si justement nommé, est un jeune-homme agité et mal dans sa peau. Son frère, Manrico, est un leader charismatique aimé de tous. Très vite, la politique va les diviser. L'un est fasciste (plus par provocation que par conviction)et l'autre communiste, dans une italie de la fin des années 60 en proie à la peur et au doute.
Daniele Luchetti nous livre un film intimiste, réaliste et émouvant sur fond de quasi guerre civile. Ces deux italies incarnées par Accio et Manrico sont ici très bien dépeintes, sans complaisance ni cliché. Les rapports sont passionnés, durs, extremes mais toujours nourris de cet étrange sentiment filial qui complique tout et empêche une réelle opposition de la part des frères.
Ce thème, si souvent traité dans le cinéma italien, est dépeint avec un incroyable détachement, une sorte d'abandon total, de mise à nu visuelle et scénaristique, qui laisse un goût étrange de frustration.
C'est l'italie des années noires, c'est une histoire de fratrie, de trahison, d'honneur et d'amour. Une histoire qui ressemble au cinéma italien d'aujourd'hui : politique, violent, déprimant même (selon Tarantino)mais surtout incroyablement humaniste.
Une belle fresque qui évite beaucoup d'écueils, à mille lieues du racoleur «Romanzo Criminale». | |
| En réalité, il y a deux films en un: la première partie, complètement grotesque qui frise l'operette à deux sous. Les dialogues sont ultra-convenus, les scènes surjouées au possible et le personnage principal tout simplement à baffer bien que parfaitement banal. La seconde partie, en revanche est complètement tournée vers la tragédie. On se croirait dans Autant en emporte le vent. La grande maison, l'héroine au caractère bien trempé, la survenance de la guerre sont autant d'éléments qui font irrémédiablement penser au chef-d'oeuvre de Fleming. Oui, Autant en emporte le vent, c'est bien cela. On voit tout de suite où Ozon a pioché son inspiration et l'abandon progessif de cette femme aimée et adulée de tous jadis (ici, en l'occurrence pour ses livres) est un élément qui ne trompe pas. Mais n'est pas Fleming qui veut et Ozon nous livre là un film inégal, kitschissime à souhait, empruntant le décor qui se déroule derrière les personnage à Resnais et le côté fourre-tout d'un Baz Lhurman.
Etait-ce le sujet qui n'a pas inspiré son auteur? Ou bien le pays qui l'a dérouté? Ce qui est sûr, en revanche, c'est que ce film risque d'avoir du mal à trouver son public. | |
| Bien-sûr il y a les amateurs de Woody Allen voire les inconditionnels qui attendent impatiemment la sortie de son dernier film et puis il y a les autres... Ceux qui n'ont pas encore été convaincus par son cinéma aussi et surtout parcequ'ils n'ont pas vu les bons et sont restés sur une mauvaise impression.
C'est pour cette raison que son dernier film joliment intitulé «Scoop» et dont le casting s'annonce enchanteur fait partie de ces films qui font honneur au maître New-Yorkais. A propos de villes, il est d'ailleurs amusant de penser que Allen réussit à être aussi à l'aise à Londres que dans son bon vieux New-York qu'il nous a toujours si bien dépeint. Et même ce Londres-là a des allures de New-York tant Allen se l'est approprié avec son accent et ses prises de vue déstructurées où les immeubles sont immenses et les silhouettes si ridiculement petites.
Comme toujours chez Allen, l'intrigue est rocambolesque et les rebondissements à foison et son «Scoop» n'y échappe pas, mêlant histoire d'amour, humour et douce satyre de la sociéte anglaise sur fond de pseudo-enquête policière. Allen joue également du charme de son interprète principal, Hugh Jackman, qui réussit presque à nous faire douter de sa culpabilité tant il irradie l'écran ainsi qu'à être crédible en Lord anglais et c'est d'ailleurs l'un des rôles les plus intéressants qu'il lui ait été donné de jouer au cours de sa carrière. Quant à Scarlett, elle gagne en simplicité et même en sex-appeal, son jeu étant bien plus subtil que dans «Match Point» et son look assez à contre-emploi. Enfin, Allen, égal à lui-même, réussit même à nous faire rire de sa propre mort.
Bref, ce «Scoop» est vraiment un bon cru à conseiller aux convertis comme aux perplexes. Un film d'une légereté de ton assez incroyable porté par le glamour de ses acteurs.
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