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pak
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Ses critiques de films
 18-04-2009 Across the Universe
Une belle relecture des chansons des Beatles, avec lesquelles la réalisatrice mêle son imagination débridée, et qui nous donne à voir de stupéfiantes séquences au pouvoir émotionnel immense. On assiste ainsi à un improbable mariage de Hair (pour la période hippie contestataire anti-guerre du Vietnam et les séquences chorégraphiées) avec The Wall (pour le punch et le délire de certaines scènes). Les Beatles, démodés ? Que nenni ! La puissance de leurs mélodies est ici encore prouvée, même si on peut tiquer sur les deux ou trois arrangements hasardeux du film. Mais celui-ci a ce que certains films musicaux n’ont pas : une démarche enthousiaste impliquant une implication artistique. Alors au placard le gentillet Hairspray (Adam Shankman, 2007), ringardisées les insipides commerciales Dreamgirls (Bill Condon, 2007) ! Julie Taymor nous épate par sa mise en scène et nous émeut avec une brochette de jeunes talents. Et puis un film que l’on quitte avec All he need is love dans la tête, peut-il être foncièrement mauvais ?
 18-04-2009 Dragon Ball
S'il faut reconnaître une chose au film, c'est qu'il tient toutes les promesses de sa bande-annonce, et même les dépasse. C'est un navet, un vrai de vrai, et c'est tellement nul que ça pourrait devenir culte ! Car Dragonball Evolution est en fait un film comique, très drôle involontairement, par contre pas quand il le souhaite. Et ça commence dès les premières images et une inénarrable bagarre sur une paire de cordes tendues à deux mètres du sol : on n'y croit pas une seconde. Ce film confirme si besoin était que les producteurs américains n'ont rien compris à la culture manga, comme ils n'ont jamais compris les films d'action de Hong-Kong, les films d'animation japonais ou comment boire du vin ! Ils copient, formatent, américanisent... et ces sous-produits perdent alors toute saveur. L'erreur (m'enfin l'une des erreurs, le film étant lui-même une erreur à lui tout seul) qui saute aux yeux en regardant ce film est le traitement très premier degré (il faut sauver le Monde ! ) à laquelle s'ajoute la pauvre interprétation de Justin Chatwin aussi crédible en Sangoku qu'un plat de sushis (qui eux au moins ont le mérite d'être d'origine japonaise, car Chatwin est nord-américain, normal quoi, puisqu'il faut sauver le Monde qu'on vous dit ! ). Pas de sushis... euh, de soucis me direz-vous, il reste les effets spéciaux. Eh ben non ! Loupé ! Car là aussi, c'est à côté de la plaque. James Wong, pourtant réalisateur du bon Destination finale, semble avoir hérité du budget haricots verts du Wolverine à venir (produit par la 20th Centuty Fox comme ce Dragonball), puisque Wolverine ne mange que de la viande, pour tourner des scènes de bastons dignes des meilleurs (soyons gentils) épisodes des Powers Rangers (autre tentative d'adapter à la sauce barbecue les séries japonaises à la Bioman, et qui, incroyable, en est à sa 17ème saison ! ). Bref c'est moche, mal joué (on se demande ce que Chow Yun-Fat fait là, il aurait dû accepter de rejouer pour John Woo dans Les 3 royaumes), fauché, débile, comique sans le faire vraiment exprès, mal écrit (la meilleure réplique de Chatwin étant « Cool... »), réalisé avec des moufles : bref, un chef-d'œuvre, LE chef-d'œuvre du nanar, et ça va être difficile de faire mieux cette année. J'ai passé un sacré bon moment, à l'instar des spectateurs de la salle (dont beaucoup de fans de la série) et je laisserai le mot de la fin à un spectateur, qui, voyant l'ultime scène après le générique de fin s'est exclamé : « Oh non, il y en a un deuxième ! ». Autant dire que j'avais mal aux côtes en sortant de la salle !
 18-04-2009 La Première étoile
Une comédie qui mérite qu'on ne s'arrête pas sur le postulat de départ, qui a 20 ans de retard (ce qu'on peut comprendre puisque le réalisateur s'inspire de ses souvenirs de jeunesse). Car les clichés défilent, aussi bien à propos du racisme (les gens de Haute-Savoie sont donc des ploucs racistes mais qui ne demandent qu'à être changés) que sur le ski (sport de blancs... ou l'impression que le réalisateur n'a jamais mis les pieds dans une station de sports d'hivers depuis bien longtemps). Oui, ce film mérite qu'on les dépasse car il a de vrais moments de comédie, ainsi que de la tendresse pour ses personnages. Et un message sur l'acceptation des différences, même maladroit, est toujours bon à prendre, d'autant plus si ça s'adresse aux enfants, modelant ainsi un peu leur personnalité future à la tolérance, améliorant, espérons-le, une société parfois étriquée dans un esprit communautaire fermé. Utopie ? Bien-sûr, mais l'espoir fait vivre comme on dit. D'ailleurs le réalisateur Lucien Jean-Baptiste reste modeste et ne se pose pas en donneur de leçons. Démarche qui rappelle d'ailleurs le sympathique Rasta rockett (Jon Turteltaub, 1993) avec son équipe jamaïcaine qui tord le cou aux idées reçues en participant à l'épreuve de bobsleigh aux jeux olympiques d'hiver. Malgré quelques maladresses, La première étoile propose quelques réflexions bien senties sur l'importance à ne pas s'arrêter sur l'aspect extérieur des gens, n'oublie pas pour autant d'être drôle (notamment grâce à la folie de Firmine Richard épatante en grand-mère qui ne s'en laisse pas compter), et décrit bien l'émerveillement des enfants qui découvrent la montagne enneigée, et ce, qu'ils soient noirs, blancs, jaunes ou verts...
 18-04-2009 Verdun Visions d'histoire
Je ne sais pas ce qu'il en est, mais ce film est peut-être l'ancêtre, ou pas loin, du docu-fiction tel qu'on en voit par brassées à la TV ces dernières années. Car le film de Poirier est à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. Tourné en hommage des poilus 10 ans après l'armistice (Verdun est le symbole de la ténacité du soldat français de 14-18), on imagine ce qu'a pu évoquer comme souvenirs douloureux ce film aux participants (le réalisateur, et pas mal de figurants ont combattu) et aux spectateurs, dont la proximité par rapport aux évènements révèle une cicatrice pas vraiment fermée (la première mondiale fut un traumatisme pour les européens des années 20 et 30). Pourtant, le réalisateur annonce d'emblée la couleur : pas d'esprit revanchard ou (trop) cocardier, ce film sera pacifiste et dénoncera la guerre. Dès les premières minutes, on voit l'impact de la bataille sur les civils (villages anéantis, évacuations). De plus, le soldat allemand n'est jamais diabolisé, car partageant, dans le camp opposé, les mêmes souffrances que son homologue français. La seule différence de traitement se situe au niveau des officiers supérieurs : Pétain, Nivelle, Mangin sont les héros de cette bataille, Guillaume II, son dadet de fils sensé être le commandant des forces allemandes à Verdun et leur état-major, montrés du doigt comme responsables de ce massacre (puisqu'ils ont déclenché l'offensive). La partie fiction est à mon sens la plus faible, peinant à susciter une quelconque émotion avec ses figures imposées : le vieux territorial défendant sa terre, le mari mourant seul sur le champ de bataille, l'aumônier et ses symboles religieux... De plus, mais là c'est plus dû à l'époque, les généraux français sont montrés comme des héros, alors que leur notion de la tactique à l'époque était assez binaire (assaut de masse, 10 m de gagnés, des milliers de morts... ). Néanmoins, la reconstitution est impressionnante et pédagogique, et on est troublé par le réalisme des scènes de combat, se mêlant aisément avec les quelques images tournées durant la guerre, à tel point qu'on reconnait facilement des séquences réutilisées dans des documentaires d'aujourd'hui sans qu'il soit précisé que ce sont des reconstitutions. Un film pacifiste donc, tirant plus un bilan qu'une dénonciation (au contraire de J'accuse d'Abel Gance par exemple, tourné immédiatement après la fin du conflit), qui n'anticipe en rien la prochaine guerre, persuadés qu'on était à l'époque que celle de 14 était la der des ders. On imagine alors la cruelle désillusion de certains vétérans qui rempileront en 1939...
 17-04-2009 Wendy et Lucy
Avec son second film, la réalisatrice ose le road-movie immobile, car tout, dans le scénario, l'esthétisme et la réalisation rappelle le genre road-movie existentiel, mais au lieu d'une route droite (comme Une histoire vraie de David Lynch) ou sinueuse (comme Into the wild de Sean Penn), Wendy a une trajectoire concentrique, dont le centre est un parking et le rayon variable au gré des (més)aventures de la jeune femme. Inscrite dans une tendance du cinéma indépendant américain parfois un peu poseuse, la réalisatrice compose parfois de jolis plans artys au détriment du rythme, imposant ainsi quelques longueurs à un film pourtant très court. Mais reconnaissons-lui sa véritable capacité à exploiter le maximum d'une intrigue minimaliste, qui, sans lourdeur, parle d'une Amérique pas si clinquante, où la sinistrose du chômage, des petits boulots, de la pudibonderie (que de conséquences pour un petit vol.. ) enferme les gens dans un repli sur soi, annihile les grands espoirs, au point que ceux-ci se concentrent sur quelques parties infimes du quotidien, et ainsi un chien prend alors une (trop) grande place dans le cœur et l'âme. En phase avec l'univers de la réalisatrice, Michelle Williams exprime peu physiquement, mais le visage et le regard en disent long, non pas sur le passé de Wendy (on n'apprendra rien d'elle) mais sur son mal de vivre et sa rupture consommée avec ses proches. Un récit qui aurait pu être plombant, qui frôle même le glauque sans toutefois l'atteindre, mais qui est relevé par quelques lueurs positives, puisque si le thème récurrent du film est la solitude, on y voit aussi l'ouverture d'inconnus envers une jeune femme un peu paumée, ce qui permet d'envisager la fin du film, triste mais porteuse aussi d'un frêle espoir...
 17-04-2009 Gran Torino
Depuis qu'il réalise, et ça fait un moment, Clint Eastwood alterne projets personnels et films plus commerciaux, cumulant dans les deux cas des réussites incontestables, mais plus encore, ces deux tendances, au fil des années, ont la bonne idée de converger l'une vers l'autre, offrant au réalisateur un statut de cinéaste classique, certes, mais aussi un réalisateur majeur et humaniste. Gran Torino est un film commercial, usant de certaines facilités ou grosses ficèles de scénario pour appuyer son discours (les racailles sont irrécupérables et n'hésitent ni à violer ni à ouvrir le feu), mais en même temps ce film est une œuvre personnelle où Clint, à travers le personnage de Kowalski, fait une synthèse des rôles, tendance durs à cuir, qu'il a campé durant une cinquantaine d'années. Dans ce retraité on reconnaît bien-sûr Tom Highway, l'instructeur du Maitre de guerre, marqué par ses campagnes, mais on peut y voir aussi L'inspecteur Harry, prompt à sortir les armes et discuter après, Josey Wales, qui faute de famille présente s'en recrée une avec des étrangers, Ben Shockley (L'épreuve de force), flic fermé et alcoolique mais qui contre toute attente s'humanise au contact d'une improbable rencontre, William Munny (Impitoyable), tueur qui a changé de vie grâce à sa défunte femme mais qui semble prêt à retrouver ses démons du passé... et on pourrait continuer la liste tellement Kowalski semble être un condensé de ces personnalités, moins monolithiques qu'elles n'y paraissent. Maitre de son sujet, l'auteur jongle avec les scènes cocasses parfois drôles et les moments plus dramatiques, n'allant trop loin ni dans la légèreté ni dans la gravité, trouvant sans cesse un équilibre qui fait la marque des grands. Et il parvient en plus à surprendre, n'allant pas là où on l'attendait. D'ailleurs le final est sans équivoque une sorte d'adieu à un certain type de personnage que l'acteur réalisateur a interprété, peut-être même est-ce un adieu de l'homme à sa carrière d'acteur, qui à 78 ans, préfère se consacrer à la réalisation, car il ne manque pas projets. Gran Torino est un beau film, mêlant émotion, auto-dérision, humour, respect des autres, ouverture envers eux, liberté de ton. L'un des meilleurs du cinéaste.
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