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Fan : pak Localisation : Ormesson-sur-Marne Inscrit le : 09-04-2009 |
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| Ses critiques de films |
23-04-2009 L'affaire Cicéron |
| Attention, c'est là un film d'espionnage à l'ancienne, avant la vague 007 et ses gadgets, pin-ups et maîtres du monde. Ici, les intrigues mêlent ambassadeurs, noblesse et hauts dignitaires ; les hommes de terrain, en gros les tueurs ou protecteurs, suivant le point de vue où l'on se place, restants au second plan, un peu comme si James Bond n'était qu'un personnage secondaire. A l'époque du film, la seconde guerre mondiale étant alors assez proche des mémoires (1952), le nazi restait encore un ennemi crédible, mais bientôt il sera remplacé par le communiste, la guerre froide s'installant tranquillement dans le Monde des années 50. Bien sûr, avec Mankiewicz derrière la caméra, l'ironie désabusée s'insère dans un récit qui aurait pu virer au patriotisme exacerbé. Ici, l'espion est à son compte, et ne cherche qu'à fuir sa condition de larbin, persuadé qu'il est de l'incompétence et du destin inexorable d'un régime paranoïaque trop prétentieux qui s'est mis le monde à dos et n'en a plus pour longtemps. Aussi autant en profiter et cumuler assez d'argent pour changer de vie : la notion de trahison s'en trouve alors complètement biaisée, les alliés ne sachant d'ailleurs plus quoi faire de ce curieux phénomène. La conclusion du film, par un drôle de raccourci historique (cinématographiquement parlant) nous projette vers le film Les faussaires de Stephan Ruzowitzky sorti en 2008, qui nous montre les conditions de la contrefaçon des devises étrangères imposées par les nazis, et leur insistance à reproduire la livre sterling de l'époque. A voir pour l'élégance de la mise en scène, mais aussi pour le jeu perfide et larvé d'un grand James Mason. |
20-04-2009 Bugsy malone |
| Bugsy Malone, c'est d'abord un pari audacieux : prendre en référence un style de film désuet dont les fleurons datent des années 30, le faire jouer par un casting entièrement composé d'enfants et d'adolescents, le tout sous forme de comédie musicale ! Un concept qui peut faire frémir sur le papier, mais pourtant, quelle réussite, d'autant plus pour un premier film. Monté comme une parodie en forme d'hommage, c'est une déclaration d'amour au cinéma que fait ici Alan Parker à travers cette guerre de gangs pour rire. Il tourne son film à la manière d'un adulte qui raconterait une histoire à ses enfants, détournant les pires moments en employant des artifices. Ainsi, les armes sont remplacées par des tartes à la crème, le sang par la couleur neutre du blanc, celle de la crème, les victimes des entartrages ont droit à un brusque arrêt sur image, à l'instar d'un jeu de cours de récré comme pour dire : « touché, tu sors du jeu jusqu'à la prochaine partie ». De plus le film fourmille de trouvailles, comme les voitures propulsées par des pédales, les chorégraphies travaillées dont certaines posent les prémices d'un futur grand film du réalisateur, The Wall, qu'il tournera 6 ans plus tard et qui est devenu culte. Évidemment le trafic d'alcool est remplacé par celui de boissons sucrées, et les idylles amoureuses restent filmées à hauteur d'enfant, sans allusions déplacées : bref, le monde des adultes est complètement évacué et ne reste que l'immense terrain de jeu d'une tripotée de gamins avec ses règles et ses tricheurs. Seules les chansons, doublées par des adultes, rappellent qu'on n'est pas tout à fait dans le monde de l'enfance, mais la puissance des mélodies (signée Paul Williams, qui a œuvré un an plus tôt au non moins culte Phantom of the paradise de Brian de Palma) emporte plus l'adhésion qu'elle ne gêne. Quant au scénario, il détourne habilement tout ce qui a fait la mythologie de films comme Little Caesar (Mervyn LeRoy, 1931), Scarface (Howard Hawks, 1932) ou Les fantastiques années 20 (Raoul Walsh, 1939) entre autres... La direction de la jeune troupe est suffisamment serrée pour qu'on oublie parfois qu'on a affaire à des débutants (et parfois les ombres de James Cagney, d'Edward G.Robinson ou de Joan Blondell semblent s'inviter sur l'écran), mais lâche aussi parfois du lest pour préserver la fraicheur et la spontanéité de ses interprètes. Si la plupart sont restés inconnus, on peut relever la présence de Scott Baio dans le rôle titre qui fera ensuite carrière essentiellement à la TV (la série Happy days par exemple), celle d'un certain Michael Jackson dans un petit rôle, ainsi que de Dexter Fletcher, second couteau récurrent du cinéma, mais aussi bien-sûr la présence lumineuse de Jodie Foster, qui confirme là, à 13 ans, son goût précoce pour les rôles atypiques (durant la même période, on la verra dans le fameux Taxi driver de Martin Scorsese). Pour son premier film, Alan Parker frappa très fort, eut les honneurs d'une participation au festival de Cannes de 1976, connu un joli succès et surtout réussit le dangereux mélange de l'hommage humoristique. Il pose aussi les bases de son cinéma à venir : sens de l'image et du montage, efficacité, importance de la musique, recherche de sujets forts ou originaux. Bugsy Malone est comme une bonne tarte à la crème : un vrai régal ! |
20-04-2009 Sergent York |
| Ce n'est pas le film d’Howard Hawks que je préfère, et c’est peu dire. Symptomatique d’une époque où l’on ne prenait pas de gants avec la propagande, n’hésitant pas à utiliser tous les leviers du populisme pour justifier son propos, c’est aussi un message asséné à une Amérique qui à l’époque, le film étant sorti quelques semaines avant Pearl Harbor, avait les fesses entre deux chaises : prendre ou non part au conflit qui embrasait le Monde depuis deux ans. La réponse, très hypocrite, est claire avec ce film. D’ailleurs, ce tournant historique dans le XXème siècle ouvrira la voie à la politique américaine de gendarme du Monde qui, après avoir cassé du nazi et du japonais, ira casser du communiste puis de l’intégriste. Pour en revenir au film, il est difficile d’adhérer au parcours religieux de York, qui semble ne prendre ses décisions que grâce à l’intervention divine (voir les scènes de la foudre ou de la méditation sur la montagne), comme si la justification de ses actes ne pouvait pas découler d’une réflexion plus cartésienne. Finalement, le plus réussi dans ce film militariste, c’est sa première partie, où l’on suit le quotidien d’un paysan opiniâtre dans sa volonté à obtenir une meilleure terre pour installer son foyer. D’ailleurs la partie guerrière est vite expédiée dans un film qui dure pourtant plus de deux heures. Le caractère abrupt mais sensible de York est très bien joué par un Gary Cooper qui ajoute une naïveté à la détermination de son personnage, ce qui empêche toute antipathie envers lui. Et Hawks, qui nous gratifie de plusieurs plans magnifiques de paysages torturés, nous rappelle qu’au-delà de ce film, il sera l’homme qui nous donnera par la suite des films comme La rivière rouge, La captive aux yeux clairs ou Rio Bravo. |
18-04-2009 Once |
| Un ovni, ce film fait avec pas grand’chose. Pas vraiment d’acteurs, plutôt des êtres humains qu’on pourrait croiser en allant bosser. Un scénario qui tient sur une feuille A4. Une mise en image qui semble avoir été faite au caméscope par une bande de potes. Et pourtant, il ne faut pas longtemps pour se laisser emmener par un romantisme et un enthousiasme toutefois tempérés par une mélancolie qui empêche toute mièvrerie. Et des moments magiques se forment dans un quotidien grisâtre, avec des moyens simples et limités. Ainsi un plan séquence caméra à l’épaule transforme une courte marche banale d’une épicerie vers un appartement en un moment d’une grâce folle sur fond de chanson en devenir. Ainsi une séance d’enregistrement en studio par des musiciens patauds dans leur inexpérience devient un moment presque aussi fort qu’une prestation live sur scène sur fond de mélodie entraînante. Car oui, ce film est avant tout un film musical. Pas de ceux qui imposent parfois de manière artificielle des dialogues chantés ou qui mettent dans la bouche de leurs protagonistes des tubes du passé, mais plutôt de ceux qui par petites touches s’invitent dans l’intimité du spectateur. |
18-04-2009 Lions et agneaux |
| Un film dont les intentions sont sûrement très louables, où l’on veut nous faire prendre conscience de la manipulation des médias par l’état, ou que l’armée américaine s’embourbe dans ses interventions au Moyen-Orient, bref, probablement un scénario original engagé et humaniste. Malheureusement le film est (trop) bavard et statique (les ¾ du film se passant dans 2 bureaux). Redford n’utilise pas la capacité qu’a le cinéma de vulgariser, dans le bon sens du terme lorsque c’est fait intelligemment, un propos par sa mise en image. Et bien que le traitement des 3 duos principaux soient faits indépendamment les uns des autres, le propos reste confus, voire maladroit. Le débat d’idées entre la journaliste et le sénateur ne passionne pas malgré quelques pics de la journaliste. On est peu convaincu des raisons qui poussent les 2 jeunes à s’engager dans l’armée. Quant à la conversation entre le prof et l’élève, on peut se demander si cette partie était bien utile tellement elle semble hors sujet et disperse surtout l’attention : le parallèle entre la tentative de manipulation médiatique d’une nouvelle politique interventionniste dans les bureaux de Washington et les conséquences de son application sur le terrain aurait largement suffit pour faire un grand film impliqué et militant. Décevant. |
18-04-2009 Le Deuxième souffle |
| Quelle déception… L’homme qui nous a donné Série noire, Magnum 357 ou encore Le cousin, pourquoi s’être commis dans cet improbable remake, surtout en courant le risque de se frotter à un Melville au sommet ? Tout sonne faux dans ce film, de la mise en image numérique qui fait pâle figure quand on compare aux derniers films de Michael Mann, en passant par les couleurs complètement artificielles, sans oublier le casting improbable où l’on cherche en vain une alchimie ou une empathie, et enfin la mise en scène pataude où les scènes d’actions frôlent parfois le ridicule (notamment la fusillade finale). Enfin, il y a un certain mauvais goût à insister sur les plans d’impacts de balles sur les visages, dont l’effet répulsif se fait plus envers le film que vers la violence que ce dernier voulait stigmatiser. Bref, des bidouillages numériques complètement gratuits, comme si Corneau, réalisateur phare des années 80, n’avait su que faire de ces nouveaux jouets de 2000. |
18-04-2009 Le Royaume |
| Très bon film d'action sur le milieu terroriste. Alors oui Hollywood a la fâcheuse tendance de transformer en "entertainment" tous sujets d'actualité. Alors oui les producteurs américains n'hésitent pas à enfiler leurs gros sabots pour mettre les pieds dans le plat sans soucis de voir ce qu'ils éclaboussent. Mais parfois un plus malin (intelligent ?) s'approprie un sujet et le traite sans prendre les spectateurs pour des abrutis. On aurait pu avoir droit à l'américanisme triomphant, à la stigmatisation du monde musulman, à une prise de position pour l'intervention US dans d'autres pays, à des images saturées de gadgets et d'effets numériques... Eh bien non, sous ses airs d'énième film d'action, ce film pointe sans parti pris les conséquences d'un attentat (celui du film est glaçant et on peut se demander si ce n’est pas donner de mauvaises bonnes idées à des terroristes qui n’en ont pas besoin), les méthodes d'enquête, les agissements politiques, l'ambiguïté des rapports Arabie / USA (très bon générique de début), sans partis pro américain ou anti intégrisme car les images parlent d'elles mêmes. Et la toute fin nous prouve une ultime fois la volonté d'éviter au maxi tout manichéisme. |
18-04-2009 L'Homme sans âge |
| On se demande si Coppola n'a pas eu des retours d'acides pris lors du tournage d'Apocalypse now quand il a écrit ce scénario. Car l'idée de base semble sortie d'un trip particulièrement sévère : « … et si j'écrivais l'histoire d'un type à la recherche de l'origine du langage (et donc du Monde ? ) qui rajeunit après avoir été foudroyé. Pourquoi ? Sais pas, fais passer le joint... ». Une idée qui aurait quand même été développée malgré une sévère gueule de bois ! Car malgré toute l'affection que l'on peut avoir pour l'œuvre du cinéaste, force est de constater que son dernier opus manque de cohérence, et est parfois maladroit (la rencontre avec la touriste dans la montagne tombe comme un cheveu dans la soupe). En fait, son film est au diapason avec la recherche du personnage principal : fascinant mais obscur, ambitieux mais inabouti. Reste toutefois l'amour de l'image du cinéaste qui nous montre de très beaux plans, une certaine sophistication dans sa vision d'artiste (n'oublions pas les belles choses qu'il nous a donné à voir dans Rusty James ou Dracula), et un Tim Roth beaucoup trop rare. |
18-04-2009 I'm Not There |
| Incarner par autant d’acteurs les différents traits de caractère de Bob Dylan aurait pu être une bonne idée. Sur le papier... Parce qu’à l’image, le résultat est mitigé. Car c’est bien beau d’éclater la personnalité d’un artiste dans plusieurs personnages, mais encore faut-il savoir après assurer un minimum d’interaction entre eux : hors là non, on peine beaucoup à lier ces différentes personnalité. Que chaque trait soit révélateur dune facette du chanteur, soit ; mais là encore, on peine parfois à associer ce qu’on voit à l’écran au personnage réel. Evidemment, on pourrait me rétorquer que ce film n’est après tout que la vision d’un artiste sur un autre artiste, donc forcément réinterprétée par la subjectivité du réalisateur. C’est vrai, mais dans le même registre, plutôt que le délire parfois abscons de ce film, j’aime à préférer les excès baroques d’un Oliver Stone sur Jim Morisson, le classicisme d’un Milos Forman sur la folie d’un Mozart, ou encore la prestation d’un acteur unique personnalisant les diverses facettes d’un chanteur à l’instar de Jamie Foxx dans Ray. Les acteurs sont hors de cause, notamment Heath Ledger qui n'a cessé d’étonner depuis sa révélation dans son rôle suicidaire de jeune premier dans Patriot (le gros nanar d’Emmerich sur la guerre d’indépendance américaine), en passant par Christian Bale ou le jeune Marcus, tous un peu sacrifiés à l’autel d’une Cate Blanchett limite sacralisée (course aux OSCAR ? ). Un film finalement dont la musique est plus forte que les images. |
18-04-2009 American gangster |
| Le sujet du film avait tout pour ouvrir la porte à la surenchère : de la violence à outrance entre bandes rivales à la saga familiale type Le parrain version black gangster, de la réalisation hyper découpée limite hystérique à une bande son tonitruante genre gangsta-rap, en passant par le jeu outré du trafiquant à la Tony Montana face au flic intègre très propre sur lui descendant direct d’Eliot Ness. Et bien non. Le maître mot de ce film, c’est la sobriété. Sobriété du réalisateur qui laisse de côté ses jeux de filtres ou sa propension à parfois rendre difficilement lisible ce qui se passe à l’écran (se rappeler les scènes de bataille de Gladiator). Sobriété de la bande son qui n’assomme pas le spectateur mais au contraire ménage quelques moments de légèreté face à des scènes très dures (rappelons que malgré la période funky, on nage en plein milieu de la drogue). Sobriété du jeu des acteurs où Denzel Washington ne nous ressert pas le parfait sala… heu, pas gentil personnage de Training day et où Russel Crowe sait être touchant sans en faire des caisses comme dans Une bonne année. Alors c’est vrai qu’on peut regretter le petit manque d’originalité du scénario, mais en même temps, c’est inspiré d’un fait réel, et la reconstitution est ce qu’on veut sauf barbante. Et c’est vrai aussi que lorsqu’on voit l’échange de regards entre Denzel et Russel à la sortie de l’église, on se prend à regretter que leur rencontre ne se soit pas produite plus tôt : quels acteurs, quelles intensités de jeu, quelles présences ! |
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