La vie d'une autre, la bande annonce

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Ses critiques de films
 26-04-2010 Shutter Island
Le marshal Teddy Daniels (Léonardo Dicaprio) et son coéquipier Chuck Aule (Mark Ruffalo) sont mandatés pour une étrange affaire : sur Shutter Island, une femme s'est évadée de l'hôpital psychiatrique, seule partie habitée de l'île. Dès leur arrivée sur les lieux, les deux fédéraux sont soumis aux règles extrêmement strictes de l'hôpital : pas d'armes à feux, des docteurs qui refusent l'accès aux dossiers des patients, des infirmiers et des patients gênés de devoir répondre aux questions posées. Dehors, la tempête se lève et les deux policiers se retrouvent bientôt prisonniers de l’île. Pas de chance pour Daniels qui se retrouve bientôt soumis à des maux de tête (la conséquence des médicaments administrés par le curieux et inquiétant docteur Cawley ?) qui le font replonger dans son passé avec des visions de son ex femme tuée par un incendie déclenché par un des prisonniers enfermé sur Shutter Island. L’atmosphère du film provoque un malaise chez le spectateur et c’est là le génie de la réalisation de Scorsese. Que ce soit le confinement, la nature sauvage de l’île, la tempête, tous les éléments du décor finissent par oppresser et déranger le spectateur et très vite la folie éclabousse la raison. La bande originale hypnotique participe à plonger le spectateur dans un monde stressant. Dans ce puzzle psychologique, le spectateur déboussolé par les fausses pistes semées tout au long de l’histoire perd la tête pour finalement être pris totalement à revers à la fin du film. Car dans Shutter Island, le jeu de rôles est permanent et les flashbacks ainsi que les renversements de scénario finissent de semer le spectateur. La thématique de la manipulation est exploitée à merveille et l’on se demande souvent « qui manipule qui ? ». Le rythme imprimé ne laisse aucun répit au spectateur qui n’a plus le temps de réfléchir tant les rebondissements s’enchaînent en cascade. Enfin, l’interprétation de Léonardo Di Caprio sous la direction de son maître réalisateur est à couper le souffle, le jeune premier de Titanic ayant désormais acquis une nervosité et une profondeur de jeu remarquable. Le dénouement a le mérite de laisser le spectateur hésiter entre deux opinions consistant encore une fois à savoir qui a manipulé l’autre et si le personnage de Di Caprio est vraiment fou ou pas. En résumé, Shutter Island possède tous les atouts et les codes du parfait thriller psychologique grâce à un bon jeu d’acteurs, à une ambiance malsaine et à une intrigue palpitante et pleine de suspens.
 23-04-2010 Good Morning England
Carl a 18 ans, il vient de se faire renvoyer du lycée et sa mère l’envoie auprès de son parrain, Quentin sur le bateau de la radio pirate, Radio Rock. Et comme il est dit dans le film, ce n’était peut-être pas la meilleure manière de penser à son avenir. A bord de ce bateau, le programme est simple et sulfureux à la fois, de l’alcool, de la drogue, du sexe, et du rock à gogo. Et autant le dire tout de suite, si vous n’aimez pas le rock, passez votre chemin car le film est truffé d’une bande son magnifique pour tous les amoureux de cette musique avec pelle mêle les Rolling Stones, Leonard Cohen, Arthur Brown, les Yardbirds, Jimi Hendrix, ou encore The Kinks. Surtout, Good Morning England réussit le pari d’une comédie de ce type, c’est-à-dire enchaîner pratiquement sans temps mort les scènes les plus cocasses qui provoquent fous rires et sourires chez le spectateur. Mention spéciale également à l’interprétation de l’excellent Philip Seymour Hoffman et de Bill Nighy incroyablement crédibles en tant que passionnés de rock à la vie à la mort qui vivent grâce et pour la musique. Les personnages du gouvernement britannique, le Premier Ministre en tête sont également très réussis et bien joués dans un style caricatural à souhait pour représenter l’ordre et le sérieux face aux sauvages qui écoutent du rock. La réalisation est elle à la hauteur, et nous immerge parfaitement dans l’ambiance festive de ce Boat That Rocked. En gros, on prend beaucoup de plaisir à regarder ce film léger mais bien fait parce qu’il est l’occasion d’écouter de la bonne musique et de passer un moment de rigolade et de détente so rock à ne manquer sous aucun prétexte.
 23-04-2010 Coco avant Chanel
Le film d’Anne Fontaine retrace avec respect et émotion la vie de Gabrielle Bonheur Chasnel avant qu’elle ne devienne la grande créatrice de mode que l’on connaît. De ses débuts de chanteuse de beuglant jusqu’à son aventure avec l’anglais Boy Capel qu’elle croyait être l’homme de sa vie mais qui en a en fait été le drame en passant par sa relation avec Etienne Balsan, le parcours de Coco Chanel est retranscrit avec tendresse et émotion dans un film hommage à ce petit bout de femme qui a révolutionné l’image de la femme dans le courant du 19ème siècle et qui est partie de rien pour arriver à la reconnaissance des milieux les plus aisés qu’elle a habillé. Le film se veut aussi être un hymne au travail et à la ténacité tant il précise que Coco Chanel a cru à ses rêves et à sa façon de penser la femme. Il montre également comment la future styliste a rendu au corps des femmes sa liberté en raccourcissant les robes par exemple ; « ce corps suait dans des habits de parade, sous les dentelles, les corsets, les dessous, le rembourrage. » disait-elle. La qualité du film tient beaucoup dans la réalisation épurée d’Anne Fontaine malgré quelques longueurs, et dans sa façon de filmer cette femme qui n’aimait pas montrer ses émotions en public. Et que dire de l’interprétation très solide avec en premier lieu Audrey Tautou qui rend à Coco tout le caractère qu’on prêtait à cette femme à poigne qui savait ce qu’elle voulait. Mention spéciale à Benoît Poelvoorde qui ne finit pas d’étonner en campant un Etienne Balsan protecteur d’une Coco qui l’intrigue au plus haut point avec une subtilité rare. Le seul défaut du film réside peut-être dans sa qualité : un peu trop académique. Anne Fontaine signe donc avec ce Coco avant Chanel une évocation romantique et stylisée de la naissance d’une future reine de la mode, qui deviendra le symbole de l’élégance à la française.
 05-04-2010 Mystic River
Mystic River, c’est d’abord un scénario. Une rue paisible de Boston. Trois gamins, Jimmy, Sean et Dave jouent au base-ball et gravent leur nom dans le bêton encore frais d’une dalle du trottoir quand soudain deux hommes se réclamant de la police ordonnent à l’un d’eux, Dave de monter dans leur voiture. Séquestré, le jeune garçon subira alors les affres et les sévices de ces deux pédophiles avant de parvenir à s’échapper quelques jours plus tard. Trente ans plus tard, les trois hommes qui ont suivi des voies différentes sont encore voisins mais ne se voient plus guère jusqu’à ce qu’un nouveau drame ne les réunisse. Un beau jour, Katie, la fille de Jimmy est retrouvée sauvagement assassinée. Sean est chargé de l’enquête et l’étrange Dave est vite suspecté. Autant le dire tout de suite, l’interprétation de ce film est une merveille. Sean Pean (Oscar du meilleur acteur) est absolument exceptionnel en père de famille meurtri et vengeur, Tim Robbins (Les Evadés ; Oscar du meilleur acteur dans un second rôle) est monumental dans son rôle d’un Dave tourmenté et marqué à jamais par les sévices qu’il a subit, Kevin Bacon est lui aussi au niveau dans son rôle d’enquêteur. Tous ces personnages sont eastwoodiens dans leur construction : ils subissent tous à un moment donné une injustice et ils sont tous rongés par un mal. Pour Dave, il s’agit de son viol lorsqu’il était enfant, pour Jimmy, il s’agit de la perte de sa fille et enfin pour Sean, il s’agit de la rupture avec sa femme qui le harcèle chaque jour. Le retournement d’intrigue est lui épatant et prend le spectateur au dépourvu. Que dire aussi de la réalisation pleine de maîtrise, classique et épurée de Clint Eastwood. Le jeu sur la lumière éblouit le film et les plans répétitifs sur la mystic river, la rivière qui coule à Boston métaphorisent le cours d’eau. La mystic river cache en elle toute la violence de la ville et apparaît comme un élément déterminant de l’intrigue. C’est elle que l’on voit avant que Katie ne disparaisse, c’est elle que l’on voit avant et après l’assassinat de Dave. Le thème du film qui est l'impact que laisse un acte de violence sur sa victime et son environnement est parfaitement nourri et servi par cette réalisation. Autre thème exploité, celui des femmes manipulatrices qui tirent les ficelles en coulisses et leur poids dans les décisions de leurs maris. La bande sonore réalisée par Clint et Kyle Eastwood est aussi un régal et accompagne les moments forts du film. Pour conclure, Mystic River est une œuvre absolument bouleversante, une œuvre majeure dans la filmographie de Clint Eastwood et plus globalement un chef-d’œuvre du septième art à voir et à revoir pour sa réalisation, son interprétation et son intrigue d'une grande qualité.
 04-04-2010 Tête de Turc
Après avoir collaboré avec Roschdy Zem et Michel Boujenah à la réalisation de leurs propres films, Pascal Elbé est passé seul derrière la caméra tout en conservant un rôle d’acteur et de scénariste. Le scénario justement est quelque peu ambitieux, Bora jeune adolescent influençable jette un cocktail molotov sur la voiture d’un médecin urgentiste mais pris de remords s’en va extirper le médecin de la voiture en feu. Porté en héros par la police et les autorités dépeintes comme hypocrites et opportunistes, il s’impose alors au jeune homme un cas de conscience terrible : se dénoncer et aller en prison ou recevoir une médaille du courage imméritée mais qui pourrait lui assurer un avenir loin de la banlieue. Bercé par les influences de J. Gray et M. Scorsese, Elbé leur fait honneur. La lumière est absolument magnifique tout au long du film et ce n’est pas si courant dans les films français pour le signaler. La réalisation est nerveuse, et bouscule le spectateur. Autre point positif du film, l’interprétation de Roschdy Zem absolument brillante en flic qui préfère la répression à la compréhension, celle de Pascal Elbé lui-même qui préfère la compassion à l’autorité et bien évidemment la révélation du film à savoir Samir Makhlouf jeune acteur qui joue avec justesse son rôle ambivalent à la fois coupable et héros. En outre, le film décrit la réalité des banlieues avec une objectivité louable sans verser dans les clichés ni dans le larmoyant en évoquant le désœuvrement des jeunes des banlieues qui ne cherchent même plus à savoir quelle voiture ils sont en train d’attaquer tant qu’il y a un gyrophare, la violence et le trafic, mais aussi le courage des gens de banlieue dans un quotidien difficile (Ronit Elkabetz incarne une mère digne qui fait tout son possible pour combler ses enfants). Néanmoins, plusieurs reproches peuvent être faits au film. Tout d’abord, le fait que l’on oscille tout au long du film entre le polar social et le thriller. L’histoire parallèle avec le veuf qui n’a pas pu avoir de médecin pour sauver sa femme est mal insérée et le personnage n’est que trop peu fouillé. On peut aussi regretter quelques longueurs et un manque de rythme qui font que le film tourne en rond. Enfin, quel dommage que cette fin en forme de happy end totalement inadaptée ici et qui paraît trop facile et expéditive. De plus, on a très vite le sentiment de savoir ce qui va se passer à l’avance et on aurait préféré qu’il y eut un véritable retournement d’intrigue. Tout cela laisse un sentiment d’inachevé. Avec Tête de Turc, Pascal Elbé signe un premier film prometteur et impose une certaine vision du cinéma mais l’œuvre comporte trop de défauts pour en faire un film que l’on regardera une seconde fois, c’est-à-dire un bon film.
 27-03-2010 Alice au Pays des Merveilles
C’est l’un des films les plus attendus de l’année 2010 et forcément un Tim Burton est toujours un événement. Et si le scénario reste très basique, Alice est celle qui doit tuer le dragon de la reine rouge pour remettre sur le trône la reine blanche, c’est l’univers du film qui séduit. D’abord grâce à une galerie de personnages tous marqués par une excentricité débordante : la Reine Rouge hystérique (par Madame Burton alias Helena Bonham Carter) qui règne par la terreur mais de façon amusante tant elle est ridicule par sa façon d’être, de crier à tout moment « qu’on lui coupe la tête ! », et par son physique avec sa tête surdimensionnée, sa sœur, la Reine Blanche campée par Anne Hathaway qui est tout l’inverse avec sa démarche chaloupée, ses mimiques surjouées, ses déplacements gracieux à l’excès, et le chapelier fou alias un Johnny Depp au sommet qui interprète son personnage avec une exubérance et une folie délicieuse. Les décors sont eux magnifiques, et les couleurs acidulées des costumes donnent à l’œuvre un esthétisme rare qui fait un peu penser à Charlie et la Chocolaterie. Les personnages issues de pures animations graphiques comme les jumeaux Tweedle Dee et Tweedle Dum, le chat, les lapins sont attachants et superbement réalisés. Mais au-delà du simple divertissement, le film est un vrai trajet initiatique sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte, suggérant avec poésie que pour y parvenir, un retour à l'enfance et au pouvoir de l'imaginaire sont nécessaires. Petite fausse note cependant avec la 3D qui est ici mal utilisée, elle paraît rajoutée par-dessus l’œuvre. Autant on sentait qu’Avatar avait été pensé pour la 3D, autant dans ce film les effets ne prennent pas et tombent à l’eau, voire perturbent le regard. On sent également que l’imagination et la folie dont fait preuve habituellement Burton ont été bridés par Disney qui n’a pas trop voulu sortir de l’histoire de ce conte à succès. Dommage car on sent qu’il y avait encore mieux à faire. D’un autre côté, on peut aussi estimer qu’il s’agit pour Burton de s’essayer à un nouveau genre de fantastique plus édulcoré et moins sombre qu’à l’accoutumée. L’humour est présent tout au long du film et apporte une fraîcheur à cette adaptation qui se finit sur un ultime show du chapelier fou avec une guiguendélire qui ravira les fans de l’acteur. Au final, ce Alice au Pays des Merveilles reste un divertissement familial et grand public, une œuvre mineure sans doute dans l’immense filmographie de Tim Burton mais de qualité tout de même.
 20-03-2010 Bienvenue à Zombieland
C’est bien connu, les films de zombie ont été tellement abordés au cinéma que le genre est usé et qu’aucun film ne peut plus nous surprendre. Oui mais ce Bienvenue à Zombieland fait souffler un souffle nouveau sur le genre sans complétement le renouveler. Massacrage de zombies évidemment mais aussi répliques percutantes et humour décalé sont au programme de l’une des surprises du box-office 2009. Le scénario est pourtant simple : deux survivants (Woody Harrelson et Jesse Eisenberg), que rien ne devrait rassembler, trouvent amitié et rédemption dans un monde dirigé par les zombies. Mais le film se démarque par une réalisation impeccable, un générique qui accroche et qui est assez trash comparé au reste du film et par une interprétation très juste. On citera notamment Woody Harrelson qui semble s’amuser autant que le spectateur dans un rôle déjanté. En clin d’œil, la participation de Bill Murray est à saluer tant le passage qui le concerne est hilarant et déjà culte. En bref, Bienvenue à Zombieland est un film réjouissant qui assure au spectateur une bonne heure de franche rigolade tant il fourmille de bonnes idées comme les règles de survies égrenées par le personnage principal et qui donnent une trame à l’histoire. A la fois délicieusement gore et complètement déjanté. En un mot : rafraîchissant !
 20-05-2009 Equilibrium
Equilibrium, film qui décrit une vie où les sentiments ne sont plus grâce au Prozium, produit qui les inhibe est un très bon film de science fiction. Il est important de le dire car ce film n’a pas eu la reconnaissance qu’il méritait de la part du public où il est passé inaperçu et des critiques par qui il a été dévalorisé. Pour en revenir au film en lui-même, à Libria règne donc la paix mais on se rend vite compte que cette paix est peu de chose alors que toute la population finit par souffrir de celle-ci. Cette paix est presque artificielle car ce qui marque dans le film, c’est la profonde peine des habitants de Libria, c’est leur absence de joie de vivre et donc finalement leur absence de paix intérieure. La petite lueur qui brille dans les yeux d’êtres humains épanouis est complètement éteinte dans les pupilles des habitants et on ne retrouve cet éclat que dans les yeux des « déviants », ceux qui refusent de prendre leur dose de Prozium. C’est dans ce contraste entre citoyens disciplinés, asservis peut-on dire ici et déviants que réside une partie de la beauté de ce film. Car l’œuvre permet un véritable questionnement de fond : qu’est-ce que l’homme sans sentiments ? Peut-on s’accomplir sans aimer, sans détester, sans rêver ? Toutes ces questions existentielles, John va rapidement se les poser – en même temps que le spectateur - lorsqu’il oubliera de prendre sa dose et qu’il comprendra que le discours du Régime qu’il a toujours soutenu n’est que tissu de mensonge. De nombreux clins d’œil à différentes œuvres littéraires et cinématographiques sont présentes dans Equilibirum. Parmi elles, on citera 1984 de George Orwell où déjà la prédominance de l’écran dans un régime totalitaire reprise dans le film avec la fameuse place centrale où trône un gigantesque écran par lequel le dictateur s’exprime était évoquée. Les références à Matrix raviront également les amateurs du film des frères Wachowski. Les scènes d’actions et de combat font ainsi largement penser tant esthétiquement que techniquement à celles de Néo face aux agents. Et même le look et notamment la coiffure et l’habillement de Christian Bale ressemblent à ceux de Keanu Reeves dans Matrix. Et justement, il est temps d’évoquer la performance de Christian Bale qui est de mon avis la meilleure qu’il ait fournit au cinéma. Il interprète son rôle avec classe et sobriété. A ses côtés, Taye Diggs est lui aussi convaincant en Ecclésiaste sans pitié, qui veut monter dans la hiérarchie quitte à envoyer à la mort son collègue, John. Enfin, la réalisation de Kurt Wimmer est elle simplement excellente, alternant avec merveille moments d’actions et d’émotions, dans un tempo assez rapide qui permet au spectateur de s’immerger à Libria et lui en envoie plein la figure. Une belle surprise dans le genre de la science fiction.
 13-05-2009 Les Randonneurs à Saint-Tropez
Les Randonneurs à Saint-Tropez, c’est l’histoire de cette bande de copains du premier opus qui se retrouve à Saint-Tropez une décennie plus tard. Le réalisateur Philippe Harel signe un film où le scénario s’efface derrière la succession de scènes plus cocasses les unes que les autres. Le ressort comique du film tient encore une fois beaucoup au seul Benoît Poelvoorde à qui on a laissé carte blanche pour interpréter son rôle avec le panache et la drôlerie qu’on lui connaît. Karin Viard est elle aussi exceptionnelle en quarantenaire délurée qui craque le sac à Saint-Tropez. Grâce au talent des ces acteurs, l’ennui que l’on pouvait craindre à la vue de cette suite est bien évité. Au-delà de l’humour du film, Philippe Harel livre également une satire sociale subtile de ces quarantenaires qui ont les boules et qui pour faire comme tout le monde veulent à tout prix se payer au moins une fois dans leur vie des vacances à Saint-Tropez. Au final, cette comédie sympatoche ne restera pas forcément dans les annales mais réussit tout de même son pari, à savoir divertir et faire passer un bon moment au public.
 13-05-2009 Les associés
Après des œuvres de grande envergure comme Gladiator (2000) ou Hannibal (2001), Ridley Scott marque une véritable parenthèse dans sa carrière avec Les Associés, une comédie policière réussie. Nicolas Cage y incarne Roy Waller, un escroc doué qui souffre de Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et qui est associé à Franck Mercer (Sam Rockwell). Très vite, Roy va découvrir qu’il a une fille de 14 ans qu’il va rencontrer et apprendre à connaître. Cette dernière va rapidement vouloir devenir l’élève de son père. Dans cette comédie très bien menée, l’humour est omniprésent. Nicolas Cage n’a décidément pas finit de nous surprendre et de nous étonner lui qui est absolument parfait en escroc mal dans sa peau, qui ne supporte ni la poussière ni le fait d’être dehors (agoraphobie). Sa fille interprétée par Alison Lohman elle aussi convaincante est à la fois touchante et drôle à l’image du film. Les Associés commence doucement par l’évocation du personnage de Roy puis petit à petit grâce notamment à l’arrivée de sa fille, on rentre complètement dans l’histoire. La réalisation de Ridley Scott soignée y est pour beaucoup également. Le scénario qui ne se révèle entièrement qu’à la fin est d’une qualité rare pour un thème - celui de l’arnaque - pourtant maintes fois exploité au cinéma. La fin justement est tout simplement exceptionnelle avec un retournement de situation dramatique qui bouleverse et Roy et le spectateur. Pari gagné pour Ridley Scott qui pour une première dans la comédie dramatique signe un film épatant, drôle et émouvant qui s’appuie faut-il le répéter sur un très bon scénario et sur un Nicolas Cage à fond dans son rôle. A voir.
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