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Fan : eman02 Localisation : Paris Inscrit le : 12-06-2007 |
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| Ses critiques de films |
04-08-2009 Jeux de Pouvoir |
| Affirmation: "Jeux de Pouvoir" est une déclaration d'amour comme on en voit plus que rarement au cinéma. Là vous vous dites "mais il est complètement fou, le mec qui écrit ça, il n'a rien compris au film!". Rassurez vous, "Jeux de pouvoir" est aussi un excellent thriller parano-economico-politique dans la veine des classiques du genre de Pakula ("Les hommes du président" bien sur) ou Pollack ("Les 3 jours du condor"). Après Fincher et son "Zodiac", c'est donc au tour de l'écossais Kevin McDonald de ressusciter le genre en adaptant la brillante mini-série de la BBC. Une vraie gageure que de transposer aux USA l'intrigue sans trop la simplifier ni la schématiser (un des grands défauts d'Hollywood) mais un pari réussi On se laisse entrainer dans cette intrigue sans temps mort qui mêle affaire d'Etat (avec une problématique qui fait froid dans le dos, celle de la privatisation des forces de la Défense américaine en passe d'être sous la coupe réglée de milices privées) et enjeux privés (un homme politique américain sans scandale sexuel et maitresse attitrée, cela existe-t-il?). Seul bémol, un twist final assez inutile, bêtement too much mais qui ne gache heureusement pas le plaisir coupable de s'être laissé manipuler deux heures durant. Il faut dire que le casting 4 étoiles du film fait beaucoup pour sa réussite: hormis un Ben Affleck bien falot et trop rigide, les autres acteurs servent le film avec conviction et talent. Ayant remplacé Brad Pitt au pied levé, Russel Crowe prouve qu'il est véritablement devenu un vrai bon acteur de composition, la reine Helen Mirren est délicieusement ambigue dans son role de directrice de journal tiraillée entre des impératifs économiques et son attachacement viscéral à un journalisme de qualité... N'oublions pas Rachel McAdams en bloggeuse aux dents longues et Robin Wright Penn en épouse bafouée pour compléter le tableau Mais me direz-vous, il nous a parlé d'amour et vous n'en avez pas encore vu la trace dans cette critique! C'est vrai... J'y reviens donc: ce film est donc une ode au journalisme à l'ancienne, celui d'investigation poussée sur le terrain, celui de prises de position et de risque, celui des salles de presse effervescente et en voie de disparition et d'extinction, celui concurrencée par Internet et sa soif d'actus immédiates et trop souvent erronées... "Jeux de Pouvoirs", où quand un media est encore capable de faire vaciller le pouvoir... Yes, they can, et ça, c'est vachement rassurant! |
03-08-2009 Adieu Gary |
| "Adieu Gary" est un film d'atmosphère. Il ne s'y passe rien - ou presque. Et pourtant l'ennui est (presque) totalement absent de ce très court film. C'est un film rare, doux, apaisant. Il n'y a ni héros ni méchants - sauf dans les westerns avec Gary Cooper qu'un ado perdu regarde en boucle tant l'acteur américain lui rappelle son père évaporé. Pendant 1h15, Nassim Amaouche offre aux spectateurs une tranche de vie simple, tendre et sans concessions. Parfois drôle, parfois pathétique, souvent nostalgique, le film n'impose rien, sa fin est totalement ouverte, laissant ouvert le champ à tous les possibles... Sur une musique lancinante, entêtante, "Adieu Gary" dresse le portrait d'habitants désoeuvrés d'une ville fantôme, désertée depuis la fermeture de l'usine. En ouvrier pétri de fierté, Bacri joue son rôle habituel de vieux bougon caustique au grand coeur qui respecte ô combien la fameuse citation "L'humour est la politesse du désespoir". Il est bien entouré par un casting d'acteurs habitués aux seconds rôles, notamment Dominique Reymond, carrière longue de plus de 50 films depuis 25 ans! "Adieu Gary", c'est aussi "Adieu Yasmine", le jeune comédien Yasmine Belmadi étant décédé quelques jours avant la sortie du film en salles. |
03-07-2009 Ne te retourne pas |
| "N'est pas David Lynch qui veut!" C'est la première réflexion qui vient en se retournant sur ce 2eme film de Marina De Van, un ratage dans les grandes largeurs qui donne à ce film d'auteur psycho-intello un air immédiats de nanar indigeste. Car si, sur le papier, le pitch pouvait intriguer, à l'écran, le résultat est catastrophique: une narration qui n'a ni queue ni tête, une psychologie de bazar qui fleure l'absurde et - pire encore - une conclusion à hurler, sur-signifiante et qui égare complètement le spectateur en proposant un contre-sens total par rapport au début du film. Sans occulter le fait qu'on s'ennuie ferme. Le film est mal rythmé, mal monté, mal pensé. En un mot, mal foutu. Un comble quand on dispose du casting féminin de quadras le plus alléchant du cinéma français: les belles Sophie Marceau et Monica Belluci dans le même film, ça avait de quoi titiller l'intérêt (pour ne pas dire la libido de ces messieurs). Mais là encore, déception: les deux actrices ne sont pas dirigées, Sophie Marceau étant particulièrement fausse et Monica Belluci manquant de subtilité. Le reste du casting ne vaut pas mieux. Seuls les effets spéciaux sont assez impressionnants (quoique bien inexplicables psychologiquement): on assiste en effet au milieu du film à la transformation progressive de Sophie en Monica. On ne peut pas en dire autant d'autres trucages (ah les yeux marrons du mari de l'héroïne qui vire au bleu fluo, magnifique!) ou du doublage pathétique des acteurs italiens en français. La mise en scène,elle, oscille entre mauvais téléfilm et effets de manche lourdingues (notamment une scène de distorsion en Italie, interminable et assez ridicule) "Ne te retourne pas" se voulait surement un trip arty et bobo, une proposition différente et originale dans le genre angoisse psychologique. Le résultat n'est clairement pas à la hauteur de cette ambition probablement démesurée et on est loin de la réussite du précédent film de Marina De Van, le tripal "Dans ma peau". Dommage! |
30-03-2009 Harvey Milk |
| Autant le confesser, un film sur une figure iconoclaste de la cause homosexuelle, réalisé par un homosexuel (Gus Van Sant n'a jamais caché son orientation sexuelle) et écrit par un homosexuel (Dustin Lance Black) pouvait faire craindre au pensum pesant et trop engagé. Il n'en est rien. Le biopic d'Harvey Milk, premier homme politique ouvertement gay à avoir accédé à une fonction officielle, est un film sensible, intelligent et prenant. Gus Van Sant a su éviter l'écueil du film communautaire pour en faire un portrait d'hommes et une peinture d'une époque où les minorités devaient se battre pour exister- époque finalement pas si révolue que ça. Porté par un Sean Penn absolument bluffant (l'acteur s'efface totalement derrière son personnage), entouré de seconds rôles tous aussi habités (Josh Brolin en réac frustré, Emile Hirsch en jeune idéaliste militant), Milk mélange astucieusement images d'archives et fiction (la photographie - son grain - contribue beaucoup à l'ambiance du film) pour nous transporter dans le San Francisco des années '70. Une ville où tout semblait alors possible, une cité qui incarnait à elle seule le mythe du rêve américain dans un pays encore majoritairement puritain. Bien loin de ses récents trip arty (Gerry, Last Days,...), Gus Van Sant déroule son récit de façon assez linéaire sous forme d'un flash back "confession" (c'est Milk qui ouvre le film seul la nuit dans sa cuisine et qui se raconte comme si, de façon prémonitoire, il sentait qu'il allait lui arriver malheur). Ce Milk est un film qui se déguste comme du petit lait... Milk? Des sensations pures! |
23-03-2009 Gran Torino |
| Trois mois à peine après la sortie de l'excellent "Echange", voici déjà en salles le nouveau film de Clint Eastwood. Le point commun - outre le réalisateur? Ses deux portraits de solitaires, l'un d'une femme hantée par la douleur de la perte de son fils, l'autre celui d'un vieil homme raciste et misanthrope... Mais le premier brille par sa superbe reconsitution du Los Angeles des années 30 et sa multiplication des thèmes tandis que le second impressionne par sa sobriété et son minimalisme Eastwood signe avec Gran Torino un film crépusculaire où il reprend avec une distance critique et ironique les codes du "vigilante" movie dont il fut une des figures majeures (souvenez vous de l'inspecteur Harry, réac à souhait et chantre de la loi du talion). Il dessine très schématiquement son personnage principal, Walt, un vieil américain d'origine polonaise, vétéran de la guerre en Corée, aigri, solitaire, tout juste veuf, qui ne comprend pas ses enfants, raciste par habitude et par peur de l'autre et n'ayant des sentiments que pour sa chienne et sa voiture de collection. Les sourcils froncés, les dents serrés, l'insulte systématique (contre tout le monde sans distinction), Clint est Walt avec un naturel confondant. Et c'est presque malgré lui qu'il va découvrir le sens de la vie, lui qui en connait un paquet sur la mort. C'est presque contre son gré qu'il va sympathiser avec un jeune asiatique renfermé sur lui même et sa soeur expansive et mutine. Ils sont tous deux issus d'une minorité asiatique, les Hmongs, qu'Eastwood n'a évidemment pas choisi au hasard: persécutés en Asie pour avoir soutenu les Américains pendant la guerre du Vietnam, ils sont ostracisés par ces mêmes Américains qui refusent aujourd'hui de leur venir en aide. C'est donc aussi un manifeste politique que Clint ose en parallèle de sa formidable démonstration d'humanité. Clint Eastwood s'impose film après film comme un grand réalisateur, très classique dans la forme et presque toujours émouvant. Qui aurait bien pu dire il y a 30 ans que Clint serait aussi Gran(d)? |
20-03-2009 L'Enquête - The International |
| Cliwe Owen voudrait-il LE rôle d'agent secret le plus convoité de la planète? Il serait effectivement intéressé qu'il ne s'y prendrait pas autrement.
Au vu de son actualité, la question mérite doublement d'être posée puisqu'en l'espace de deux semaines sortent en France Duplicity où il incarne un ancien agent du MI-6 et L'enquête où il interprète un agent d'Interpol! Dans ce film de l'allemand Tom Tykwer (qui a surtout déçu après son pourtant prometteur "Cours, Lola, Cours"), Owen est impeccable: il est charismatique, sobre, crédible en espion têtu et tenace. L'intrigue qui plonge au coeur des méandres d'un système financier nauséabond et corrompu colle à l'actualité. La réalisation lorgne ostensiblement du côté du réalisme de la "Mémoire dans la Peau": tendu, simple, efficace. Oui mais voilà, au-delà d'une introduction prometteuse, le film ne va jamais au-delà de la simple production lambda honnête mais manquant d'originalité. On suit sans déplaisir l'enquête de Clive (flanquée d'une Naomi Watts tantôt cruche tantôt perspicace et juste) jusqu'à une scène aberrante et absurde de fusillade à New York. Tout d'un coup, sans prévenir, le réalisateur cède au plaisir coupable de la destruction massive (mais avec la classe d'un Mann, moins bourrin qu'un Bay) au détriment de la crédibilité de l'ensemble. C'est dommage parce qu'à partir de là, on décroche gentiment de l'histoire. Heureusement, le film s'achève sans trop de manichéisme et donne une image crédible d'une époque, la nôtre, assez désespérée... "L'enquête" est donc une honnête série B, un polar polico-financier qui se laisse regarder sans déplaisir mais qui s'oublie assez vite. Pour revenir à Clive, il a assurément la carrure, la classe et le talent pour jouer 007. Ne lui manque plus qu'à prouver son potentiel hormonal auprès de James Bond Girls lascives, l'Enquête ne lui laissant pas la chance et le plaisir de faire craquer la blonde Naomi! |
13-03-2009 La rose pourpre du Caire |
| Woody Allen signe avec la rose pourpre du Caire, petit bijou d'absurdité, un portrait mélancolique d'une femme rêveuse et une peinture acide d'Holywood et de son miroir aux alouettes. Mia Farrow donne vie à Cécilia, cette femme qui s'échappe de son quotidien blafard en se réfugiant dans le noir d'une salle de cinéma. Elle va y faire la plus étrange (et la plus merveilleuse) rencontre: celle dde Tom Baxter, personnage de film (Jeff Daniels) qui sort de l'écran pour la rejoindre dans la vie réelle. Va s'en suivre une sucession de quipropos entre Cécilia et Tom, naif déconnecté de la vie réelle (il paie en faux billets, il pense que le procéde de fondu au noir existe aussi dans la vraie vie) pendant que les autres personnages du film ne savent plus quoi faire à l'écran. Ils attendent donc, bras ballants, au grand désespoir des spectateurs. Woody Allen arrive à nous faire croire à la possibilité d'une telle utopie et dénonce à tour de bras les producteurs hypocrites (qui ont peur du scandale et, surtout, d'être taxé de communiste, vous imaginez, un personnage de fiction revendiquant une existence réelle?), le star system hollywoodien (l'acteur principal du film se démène pour faire "rentrer" le héros qu'il incarne dans l'écran), la vie morne dans une petite ville US (pauvre Cécilia: un boulot sans intérêt, un mari violent qui la trompe)... Mieux encore, Woody Allen se débrouille sans effets spéciaux modernes (aujourd'hui son héros, sortant d'un écran en noir et blanc, serait probablement resté duochrome dans notre monde en couleur!) pour raconter son conte de fée désenchantée. Car la vie, la vraie, on le sait, ce n'est pas ça alors, après 1h25 (des films courts, ça existe encore, ouf), il faut se rendre à l'évidence. La rose fane, son parfum s'évapore, seul reste un joli souvenir. Pour s'évader vraiment, il n'y a finalement que le cinéma et cet écran blanc qui s'anime, le reste n'est que chimère! Bon film... |
13-03-2009 Slevin |
| Slevin semble avoir l'art et la manière de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Et là, il est pris entre deux chefs de clans mafieux, un black et un juif, aussi farfelus l'un que l'autre... Les apparences seraient-elles trompeuses ou Slevin est il aussi candide? Sans être un mauvais film, Slevin n'a aucune autre ambition que de divertir. Le scénario n'est pas bien original, on devine le twist final dès la première scène, l'explication du pourquoi du comment est un peu longuette et pourtant on se laisse gentiment prendre au jeu. Sans doute le casting y fait beaucoup entre un Ben Kingsley pince-sans-rire, un Bruce Willis tueur au sang froid, un Josh Hartnett tout en décontraction, un Morgan Freeman flegmatique et une Lucy Liu, charmante pipellete... Paul McGuigan reprend allègrement les recettes de Guy Ritchie: les gangsters parlent beaucoup, le scénario est faussement emberlificoté. Toutefois, et de façon salvatrice, il n'a pas la même prétention que son ainé. Voilà un film jetable qui se consomme et s'oublie dans l'instant. Rien de révolutionnaire, rien de honteux, parfait pour une soirée DVD sans prise de tête un dimanche soir au fond du canapé. |
10-03-2009 Watchmen - Les Gardiens |
| Watchmen, l'un des projets les plus casses gueules de ces dernières années, tellement risqué que même des kamikazes de la pellicule comme Gilliam ou Aronofsky avaient renoncé. C'est pour dire l'ampleur de la tâche qui attendait Zack Snyder, réalisateur du très discutable "300" et vrai geek dans l'âme. Les 2h43 que dure le film permettent de soulever bien des questions. Oh non pas les interrogations existentielles que cette uchronie (NDLR: ne me remerciez pas de vous apprendre des mots, c'est naturel!) soulève pourtant: l'absurdité de la guerre (froide en l'occurence), la place de l'être humain dans l'univers (ben oui, pourquoi voir petit?), le sens de la justice, du devoir et du patriotisme,... Non, le film répond à des questions bien plus basiquement cinématographique: . Comment étirer la longueur d'un film artificiellement? Réponse évidente: en utilisant à tort, à travers et jusqu'à l'overdose les ralentis. C'est bien simple, Snyder a du utiliser cette astuce dans à peu près la moitié des plans du film. . Que veut dire le mot "adaptation"? Synonyme proposé par Snyder: copier-coller ou décalcomanie. Ah! Bon! OK! Si tu veux, Zack! Mais si vous avez lu la BD dans l'année précédent le film, vous risquez de bailler rapidement aux corneilles. Si vous ne l'avez pas vu, accrochez vous aussi car le film est très lent, trop lent. Malheureusement, le comic est si riche (un chapitre entier qu'on peut relire à l'envers, des textes complémentaires en fin de chapitre, etc etc) qu'il est totalement inadapté à l'écran. On sent parfois que Snyder a forcé la case desssiné à l'écran. Alors oui, il faut le reconnaitre, son travail est très propre, très net mais Snyder n'est pas un artiste visonnaire, juste un excellent faiseur... "Un peu court jeune homme" (noter d'ailleurs la ressemblance troublante dans le film entre Nixon et Cyrano de Bergerac) . Comment changer la fin pour (entre)ouvrir la porte à une suite? Bizarrement, personne ne l'a signalé ailleurs mais, même si la fin choisie est tout à fait "crédible" (encore faut il croire en l'existence d'un Schtroumpf géant et nu), elle laisse néamoins une infime possibilité à un sequel, les dernières paroles du Hibou ("rien ne finit jamais, n'est ce pas?") couplée au plan final peut laisser présager du blasphème total... La comic était pourtant une oeuvre en soi qui se clôt sans suite possible. Bien sur, il serait réducteur de ne pas souligner les réussites majeurs du film: . un générique absolument grandiose tant dans sa photographie incroyable que dans l'histoire qu'il raconte en soulignant l'impact des Watchmen sur plusieurs évènements majeurs de la 2eme partie du XXeme siècle. . Une bande son au poil (rien qu'en voyant les noms présents sur la BO, c'était déjà du tout bon) . Certains comédiens totalement habités, en particulier Jackie Earle Haley en Rorschach, le sociopathe sans visage, Jeffrey Dean Morgan en Comédien facho ou la toujours belle Carla Gugino... L'idée osée de confier les rôles à des acteurs peu connus fonctionne finalement assez bien. Mais tous ne s'en sortent pas avec les honneurs: Malin Akerman a une plastique renversante mais un jeu d'actrice totalement fade, Matthew Goode est lui un Ozymandias très falot... Mais je parle, je parle et bientôt vous aurez besoin d'autant de temps pour lire cette critique que pour supporter l'intégralité de Watchmen... En plus, je pense que vous avez compris mon sentiment: mitigé, voire décu. L'attente était telle que le résultat, certes fort honorable, décoit et surtout ennuie... Darren, Paul, Terry et les autres ont ils des regrets à avoir abandonner le projet? Probablement pas! |
14-11-2008 Quantum of Solace |
| My name is Bond, Jason Bond... Heu non pardon je voulais dire Bourne, James Bourne... Ha flute non c'est toujours pas ça... Décidément on s'y perd: à force de vouloir faire réaliste, l'agent secret de sa Majesté perd son âme et ce qui faisait son sel: classe et humour britannique, gadgets à gogo et jolies filles faciles, méchants extravagants et scénario alambiqué, rien de tout ça dans Quantum of Solace. Au lieu d'une vraie aventure de 007, on assiste plutôt à un film d'action respectant les standards actuels faisant de Daniel Craig un ersatz de Jason Statham version Transporteur et d'Olga Kurylenko une femme indépendante au volant de sa Ford La marque de voiture américaine n'est d'ailleurs qu'un des nombreux exemples de product placements peu discrets qui s'accumulent tout au long du film pour faire de James Bond un parfait homme sandwich aux muscles saillants et à la plastique irréprochable: de la montre au téléphone portable en passant par Surface (NDLR: la table intelligente de Microsoft), les as du marketing n'ont rien laissé au hasard. Contrairement aux scénaristes (dont le pourtant oscarisé Paul Haggis) qui ont accouché d'une histoire faussement tarabiscoté mais surtout très faiblarde, la faute à des enjeux très mal exposés, la soif monomaniaque de James Bond prenant le pas sur tout le reste et aussi à un méchant assez insipide. Mathieu Amalric fait pourtant le boulot dans la droite lignée d'un Michael Lonsdale mais son jeu suavement trouble et retors ne sert pas à grand chose tant son Dominic Green est falot. Je n'oserais même pas citer Gemma Arterton dont le rôle de potiche ne sert qu'à faire un clin d'oeil lourdaud au classique Goldfinger. La déception est d'autant plus grande que Casino Royale avait ravivé la franchise, la dotant d'une jeunesse et d'une énergie indéniable. La réalisation de Marc Foster n'est pas non plus exempte de tout reproche, le film devrait d'ailleurs être interdit aux épileptiques, les scènes d'action avec leur montage clipesque risquant fort de leur être fatal. Plus court Bond de la saga, ce 22eme volet est une déception. Reste à espérer que nous aurons la sensation de réconfort que nous promet le titre - seul élément particulièrement réussi de cet épisode- lors de la prochaine mission de Jason... pardon de James Bond. |
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