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Fan : coleoptere Localisation : LA BASSEE Inscrit le : 24-08-2006 |
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| Ses critiques de films |
28-10-2008 Les révoltés de l'an 2000 |
| Les révoltés de l'an 2000 s'ouvre sur des images d'archives des différentes principales guerres extrêmement meurtrières du siècle passé, insistant principalement sur le calvaire enduré par les premières victimes de la barbarie : les enfants. Le montage sonore alterne une voix tout droit sortie des actualités Pathé avec le rire inquiétant de gamins. Le ton est posé : Narciso Ibanez Serrador va nous plonger dans un monde où l'horreur se dresse comme un rictus craché à la face des adultes. Passé ce prologue qui génère une empathie puissante envers l'enfance, Serrador s'attache à décrire une ville sous certains aspects féériques, vivante, où l'homme (la femme) est gros et nos chères têtes blondes à mille lieues de connaître les atrocités pré-visualisées. Et pourtant, cette ville est filmée comme un enfer (même si cela est tout à fait relatif) essentiellement sonore, encore une fois (le réal jouant sur tous les tableaux cinématographiques). Et voilà notre couple "héros" parti se régénérer sur une île au calme légendaire. Sauf que celui-ci est mû par un drame que personne ne pouvait soupçonner. De la première image à la dernière, le film génère une tension rarement perçue sur un écran de cinéma. Grâce à une mise en scène d'une modernité effarante pour une production espagnole sortant à peine du franquisme (et on peut estimer que beaucoup d'Américains se sont inspirés de la mise en scène du réal de la Résidence), chaque plan est vecteur d'angoisse, dans ce qu'elle a de plus irrationnelle. Et c'est avec d'autant plus de stupeur que l'horreur franchit le seuil du fantastique (élément bienvenu qui permet de mieux faire passer encore un message politique fort et, malheureusement, voué à l'échec) : quand une gamine bat un vieillard avec sa canne, nous sommes dans la peau de l'héroïne, incapable de comprendre et de s'avouer la réalité de l'acte. Mais Serrador joue la double implication spectatorielle, en relayant le point de vue de l'héroïne à celui du mari (un clone de Dustin Hoffman de l'époque) qui lui, constate, sans l'accepter, la nature du "problème". Impossible donc d'échapper à la réalité. Les révoltés de l'an 2000 (titre on ne peut plus con compte tenu du titre vo "qui peut tuer un enfant ?") rééquilibre l'ordre mondial en faisant des enfants les bourreaux des adultes. Pourtant, le malaise se diffuse différemment selon la nature du tueur : quand les enfants jouent à massacrer, la notion de jeu introduit par Serrador atténue l'épouvante, alors que lorsque le héros tue le premier enfant, la réaction du spectateur est égale à celle de sa femme : dégoût, protestation. Et il va de même pour le final, climax intense de cruauté, pessimiste à souhait, et ironique en diable. Si l'on en juge aux réactions européennes de l'époque (censure espagnole, interdiction aux moins de 18 ans ailleurs), Narciso Ibanez Serrador n'a pas été compris, et dans un monde où les politiques faisaient la guerre de façon ludique en en cachant l'horrible teneur, tous on voulu étouffer cette charge moderne contre la barbarie humaine, semble-t-il innée. Quine puede matar a un nino demeure aujourd'hui un classique à revisiter d'urgence, un film culte parmi les plus flippants que le cinéma ibérique, européen, mondial, ait connu. Rien que ça. On espère que le remake saura être à la hauteur. |
22-10-2008 The Dark Knight |
| Enterrez les visions poétique de Tim Burton et gay-attitude de Joel Schumacher : Christopher Nolan impose la sienne comme étant la plus fidèle au matériau d'origine, et l'inscrit dans un contexte socio-politique ultra-réaliste qui fait du bien au genre super-hero movie. Non que le diptyque de Burton soit mauvais (pour celui de Schumi, par contre...), mais trop marqué par la patte du réal d'Edward Scissorhands pour offrir aux comics geeks le Batman qu'ils réclament. Nolan revient aux origines et fait du Cape Crusader et ses ennemis des hommes profondément schizophréniques, hantés par une violence qui ne demande qu'à surgir et alimenter un chaos grandissant. Le chaos : c'est le grand mot de ce film. De l'entrée en matière à sa chute, The Dark Knight montre un monde en totale perdition, sans aucun repère sur lequel se rattacher, comme un bateau en pleine tempête scrutant la côte à la recherche d'un phare. La tempête, ici, c'est le Joker, véritable monstre de cinéma, mal absolu en ce qu'il a d'humain, méchant paroxystique interprété par un Heath Ledger assurant à lui seul le spectacle, renvoyant l'interprétation de Nicholson à de la gabegie. Le Joker cristallise toutes les angoisses de l'Amérique moderne, le terrorisme, la violence gratuite, la perte de l'innocence, la chute irrémédiable du Bien, cette dernière notion incarnée parfaitement par Aaron Eckart dans le rôle d'Harvey Dent. Et pourtant... Car Nolan et son frère ont tissé un scénario d'une densité folle qui rappelle à bien des égards les plus grands films de Scorsese. Ils parviennent à dresser des identités fluctuantes, toujours sur le fil entre le bien et le mal : Batman fait lui-même preuve d'une violence sourde et se voit imputé la responsabilité du Mal qui gangrène Gotham ; quant à Harvey Dent, il passera du côté obscur en devenant Pile-ou-Face. Les relations entre protagonistes se complexifient et ne peuvent être immuables. Pourtant, le metteur en scène mythifie les principaux personnages, à mi-chemin entre la légende arthurienne et la tragédie antique, et leur confère ainsi cette aura que Raimi s'est acharné à défaire de son Spiderman (3). Ce Dark Knight échappe à toute tentative de spatialisation ou datation : Gotham reste une ville imaginaire, vivant à une époque floue, qui se pare de modernisme, visuellement, mais traitée par Nolan comme une cité antique. S'il opte pour un réalisme parfois gêné par un montage pas toujours judicieux, les apparitions fantomatiques du Batman (à travers un champ-contre champ légitimé à la fois par les écoles du réalisme et celles du fantastique) porte le métrage vers une dimension qui dépasse le strict cadre de l'urbanisme à la Michael Mann (qui inspire de nombreux plans et une vision de la ville hypnotique). Bien sûr, The Dark Knight n'est pas le film parfait qu'on bien voulu voir les Américains (tout simplement parce que le film s'adresse à eux et qu'ils ne peuvent qu'y être réceptif) : trop dialogué, des scènes d'action en deçà de nos attentes (aussi spectaculaires soient-elles !), et un doublage français qui fait peur au début (elle a une bronchite, la chauve-souris ?!) avant de comprendre l'importance d'un détail ignoré dans tous les films de super-héros. Mais voilà, The Dark Knight est un film-somme, un projet énorme qui aboutit dans sa globalité, tenu par un casting concerné, depuis le figurant jusqu'aux têtes d'affiches, mis en scène de façon déconcertante mais ô combien convaincante. Ajoutez à cela une ligne musicale qui cerne la personnalité tragico-héroïque du Chevalier Noir, et vous obtenez là un des plus grands films de cette année. En prime, de véritables espoirs pour un troisième opus inévitable et salivant. |
22-10-2008 Course à la mort |
| Quand sur une affiche, on voit le nom de Paul W.S. Anderson, réalisateur des premiers AVP et Resident Evil, et celui de Jason Statham, n'importe quel être sensé ayant un peu de respect pour le cinéma fuirait à toutes jambes. Mais quand il s'agit d'un remake du film de Paul Bartel, la Course à la Mort de l'an 2000, film culte de chez film culte, on pèse le pour et le contre : si c'est comme l'original, ça va être fun. Ooui, mais ces gars-là peuvent te pourrir le meilleur des scénarii...Oui, mais c'est moi qui t'offre la séance. Bon alors Ok (ce qu'on ferait pas pour le fric !). Ben mon cochon, j'ai bien fait de laisser mes a priori cinématographiques dans le cendrier, parce que Death Race, c'est de la série B couillue comme on aimerait en voir plus souvent de cette qualité là ! En soi, le film d'Anderson n'a que peu à voir avec l'original. Exit la dimension politique et une certaine acidité dans le propos, Anderson joue à fond la carte de l'action, et fait preuve d'un sens de l'image qu'on ne lui soupçonnait pas (ou si peu). Après un prologue in situ la course à la mort, quelques idées sur des conditions sociales futuristes (mais pas tant que ça) et la mise en place du drame, le film débute vraiment. Pas que ce que l'on a vu jusqu'à l'arrivée dans la prison soit inintéressant, mais on sent bien que ces séquences sont imposées par un script en terme de justification des enjeux dramatiques à venir. Bref, Statham (que je découvre aujourd'hui : corps d'athlète, charisme balbutiant mais parfait pour ce genre de prod' Roger Corman) joue aux osselets assez rapidement avec les Petits Compagnons de la Prison, avant de se jeter dans l'arène pour acquérir sa liberté. Et là, ça dépote. Anderson découpe ses courses-poursuite de manière à les rendre particulièrement vivantes (ou mortelle, c'est selon), alternant des plans ras le bitume hérités des Mad Max (forcément), d'autres à l'intérieur des monstres métalliques, avec des plans aériens, en coupe, constamment alliés à l'idée de vitesse. On est embarqué à la place du mort, et chaque virage est pour le spectateur un moment de tension jouissif. Très violent, Death Race y va franco dans le gore que l'on juge d'abord gratuit, avant de rejuger ces plans en fonction d'Hennessy, directrice de la prison, qui est avant tout la faiseuse d'image, la metteur en scène de ce carnage. On pense vite fait à Truman show dans ses rapports créateur-créature (n'oublions pas que le héros est surnommé Frankenstein), dans son discours sur la télé-réalité, avant de se faire happer de nouveau par la furie des bolides. La course à la mort de l'an 2008 ne souffre aucune ambition, sinon celle de (se) faire plaisir, et c'est peut-être bien pour cela que le film fonctionne. Sans être exonéré de défauts (l'épilogue, un scénario reposant sur une intrigue traité avec distance), Death Race vaut vraiment le coup pour qui veut du ciné à l'ancienne, grindhouse (décidément sur le retour...). C'est peut-être en dessous du Bartel, mais c'est déjà bien mieux que cette purge de Running man !! |
04-10-2008 Super graves |
| Enfin un film qui tient les promesses de son titre...Car pour être graves, les héros de cette histoire pour pré-adultes (et pas pour ados) le sont pur jus. Les répliques échangées baignent dans une grossièreté rarement aussi décomplexée et bénéficie d'une langue fleurie qui évite de tomber dans le piège de la bigardise. On est à chaque fois surpris, atterré, de voir surgir comme ça, dans le normal, des expressions à la crudité revendiquée, mieux, assumée en tant qu'étendard. De quoi ça cause, SuperGrave ? de 2 copains comme cochon vivant leurs derniers instants ensemble avant de partir vers des horizons différents à l'aube de l'université. Et pour bien entrer dans la cour des grands, il faut avoir couché. Rude tâche pour ces puceaux dégourdis comme des manches à balai. Un scénario qui restera à l'idée de pitch, puisque le film préfère s'attacher à ses personnages au détriment d'un déroulement sans intérêt. Problème, les questionnements et découvertes des héros, pour subtils soient-ils pour ce genre de productions (à la différence des American Pie), ne pourront surprendre que le premier public de Super-Grave, les ados. L'amitié, ça vaut mieux qu'une pénétration, voilà en somme l'idée principale, résumée grossièrement. Pas de quoi sauter au plafond, même si Mottola a le mérite de réussir à jouer de sa tonalité jovialement sexuelle avec une teinte plus sérieuse et limite romantique quand il s'agit d'aborder la relation entre Evan et Seth. Le métrage, bien trop long, ne m'a rien apporté, sinon quelques rires effarés épars. Peut-être la preuve que je suis bien devenu un adulte... |
01-10-2008 L'Incroyable Hulk |
| A voir cet Incroyable Hulk, on se rend compte qu'Ang Lee ne voulait qu'une chose en réalisant son Hulk : obtenir un visa aux States suffisamment long pour pouvoir tourner des projets plus personnels avec des moyens conséquents (le beau Brokeback Mountain). Si on peut en dire certainement tout autant pour Louis Leterrier, en bon Français expatrié à la recherche de capitaux que seul l'oncle Sam semble en mesure de lui fournir, il oeuvre dans son domaine de prédilection, l'action, avec un sens du réalisme dû à ce genre de production que Lee avait été incapable de donner. D'où ce film de bonne envergure. Comme d'habitude, Stan Lee vient cautionner le projet en faisant une apparition rapide. Voilà, ça, c'est fait. Cependant, Leterrier a choisi de se rapprocher plus de la série TV que de la BD (bon, même si la BD, je la connais pas trop...). Pour preuve, la présence de Lou Ferrigno (1 scène), un rappel musical que seuls les fans reconnaîtront (j'en suis), et des images qui évoquent à la fois le générique et l'esthétique de la série. Ajoutez à cela une ressemblance certaine entre Bill Bixby et Edward Norton (le regard bleu mer) et l'affiliation est confirmée. Chose surprenante, ce n'est pas l'action qui ici prédomine. Le rythme est alerte, les séquences bourrines bourrinent, mais le réalisateur du Transporteur semble vouloir contenir sa bête, à l'image de son personnage qui lutte contre ses pulsions. A plusieurs moments, d'ailleurs, le géant vert (oh oh oh...) calmé, se force à la colère pour en quelque sorte donner au spectateur ce qu'il vaut, autrement dit de la destruction massive. Alors, on a bien droit à notre séquence guerrière entre le monstre et l'armée, à grands renforts d'explosions et de jets de tout ce qui passe près d'Hulk, mais à la différence du Ang Lee, il ne fait pas 12 m de haut (et encore la taille chez Lee variait selon les plans) et ne fait pas des bonds lui permettant de franchir tout l'état du Colorado en 15 secondes. L'ex protégé de Luc Besson tient à garder la tête froide sur ce qui s'annonçait comme une grosse machine hollywoodienne décérébrée. En cela, le rôle d'Ed Norton, impliqué comme jamais (ou comme toujours), sur la production du film, s'avère indispensable, bien que le studio ait choisi d'aller au conflit pour pouvoir servir leur soupe habituelle. Norton donc, donne une dimension on ne peut plus humaine à ce scientifique se battant contre lui-même, ne pouvant se permettre d'avoir des rapports sexuels (dur !!). De là part une histoire d'amour quasiment impossible qui vaut au métrage quelques unes de ses plus belles scènes (avec une Liv Tyler sobre mais un peu effacée). Dommage que la dernière partie abandonne ses bonnes résolutions pour taper dans le convenu, même si le combat avec l'abominable Blonski (excellent Tim Roth) tient ses promesses. En fait, paradoxalement, la meilleure partie de l'incroyable Hulk est la première, celle la moins pourvue en action (mais une superbe course-poursuite dans la favela, en concurrence directe avec celle de casino royale) alors qu'il se délite au fur et à mesure que le film s'excite. Toujours est-il que Leterrier, s'il est reconduit, tient là un personnage et une histoire qui peuvent enfin intéresser et jouer dans la cour des grands, aux côtés de Spiderman et Batman. Reste à savoir si relier les franchises naissantes d'Iron man et Hulk en toute fin constitue une bonne idée. |
27-09-2008 Mirrors |
| Ca y est, Alexandre (devrais-je dire Alexander ?) Aja est un Américain. Après avoir explosé la Colline a des yeux de Wes Craven avec son remake hardcore, après avoir produit une série B de seconde zone (une seconde zone de seconde zone, cela donne-t-il de 4e zone ?), voilà qu'il vient d'abandonner tout (ou partie) de son savoir-faire pour tomber dans les travers ricains immémorialement critiqués par nous les français. Son dernier film, Mirrors, ne reflète pas grand'chose, sinon un laisser-aller général difficilement supportable pour qui vénère Haute Tension et The Hills have eyes. Le relâchement est essentiellement scénaristique, d'autant plus surprenant que la paire Aja-Levasseur avait réalisé des prouesses d'écriture dans un genre ultra-codifié, le survival. Exit les serial killers, le duo s'immerge dans une histoire de fantômes, de maison hantée. Passer derrière Shining, Les Innocents, Les Autres, entre autres, n'est pas une mince affaire, et le seul moyen qu'ait trouvé Aja pour dynamiser un script étonnamment languissant a été de recourir à des effets gore, non seulement rares (deux séquences unanimement reconnues comme les points d'orgue du film) mais surtout d'une gratuité exemplaire (comme quoi, quand on donne de l'avoine à un âne, il est toujours content même s'il se fait fouetter après). On dira qu'on reconnaît là la patte Aja, on dira surtout qu'on se demande bien l'intérêt d'autant de violence abrupte (et c'est un amateur de la mort violente - cinématographique - qui dit cela). Visuellement parlant, on ne saurait passer à côté du travail remarquable du chef déco, du directeur de la photographie, qui tentent (et réussissent) de rapprocher Mirrors de l'esthétique du cinéma horrifique espagnol actuel (Balaguero, en premier lieu). Louable intention, mais qui dépersonnalise au lieu de créer des connexions interfilmiques, d'autant que la correlation entre cette commande de studio et les oeuvres d'auteur du réal de Fragile s'avère presque de mauvais goût au vu du résultat final. Surtout, Aja voudrait faire passer son Mirrors pour une tragédie humaine, en faisant de son personnage principal un être à la dérive à la reconquête de lui-même et de sa famille. Le miroir, symbole de l'amour que l'on se porte à soi-même si l'on se rapporte au mythe de Narcisse, s'impose de fait dans cette approche, mais encore une fois, la mise en scène, fainéante, se contente de filmer des reflets dans tous les coins en restant au premier degré d'une histoire qui vire carrément au grotesque dans le dernier acte. Aucun spoiler ici, pas d'inquiétude, juste l'impression de voir la Adrienne Barbeau du Couvent se la jouer L'Exorciste, filmée par Darren Lynn Bousman. On dit souvent d'un livre, d'un film, que le principal est de bien commencer et bien finir, même si le milieu est nul. Aja connaît l'adage et conclut aussi bien qu'il avait commencé : son épilogue est à lui seul un pur moment de tension, d'émotion, et pointe du doigt à l'insu de son plein gré le gâchis qui s'est offert au spectateur. On se dit que Mirrors n'aurait dû être qu'un épisode de la Twilight zone (et c'était un chef-d'oeuvre). En l'état, le métrage est un produit fade qui n'aurait jamais eu droit à une telle sortie si les noms d'Alex Aja et Kiefer Sutherland n'étaient pas au générique. Je ne parle pas de Kiefer Sutherland volontairement, parce que, d'une je le trouve médiocre, de deux j'en ai plus que ras-le-bol que dans 99% des critiques de Mirrors on parle de "Jack Bauer", "notre Jack Bauer",...C'est pas 24 ! mais le résultat est le même... |
26-09-2008 Solitaire |
| Pour bien comprendre comment mieux apprécier Solitaire, il faut revenir loin dans le passé. J'ai vu Wolf creek au cinéma : 3 pelés et un tondu dans la salle, qui se posent des questions devant ce survival pas comme les autres, prenant et flippant. Le film reste dans un coin de ma mémoire, jusqu'au jour où je décide de le revoir sur petit écran : et là aller-retour joue droite, joue gauche ! Importance d'une deuxième vision qui, déshabillée des a priori et attentes déçues, dévoile la teneur d'un métrage essentiel de l'histoire du genre. Bref, le nom de Greg McLean est noté dans la catégorie réalisateur à suivre "à la culotte", et lorsque surgit l'annonce de son nouveau projet, je salive. Rogue, puisque c'est son premier titre France, nagera dans les eaux troubles d'un crocodile géant qui mange du touriste comme d'autres des chips : goulument. Mais plus la sortie se rapproche, plus les embûches (sortie repoussée, retitrage anonyme) parsèment le parcours d'un film destiné à être, finalement, comme Wolf Creek, sacrifié pour une sortie technique. Le grand multiplexe à côté de chez moi le difuse pendant une semaine avant de le remplacer par...Rien que pour vos cheveux. Heureusement, alors en vacances, je retrouve l'affiche de Solitaire au fronton d'un petit cinéma qu'on pourrait qualifier de quartier. C'est l'heure pour moi d'assister au petit déj' du bestiau. Là encore, personne dans une salle qui sent bon le vécu, dont les murs semblent imprimés par la multitude de séries B qu'ils ont dû voir. Et Solitaire fait office d'invité de marque dans ce musée chloroformé. McLean évolue dans le genre avec une aisance désarmante, tant le film de monstre, qui plus est aquatique, a connu peu de succès pour beaucoup de navetons. Comment ne pas tomber dans la facilité en prenant appui sur les Dents de la Mer ? comment ne pas tomber dans le ridicule qui règne dans la plupart des croco-attacks ? McLean répond par la simplicité, et surtout en maintenant le style qui a fait ses preuves sur Wolf Creek. A y regarder de près, ses 2 films sont quasi-identiques : un groupe (que ce soit 3 personnes dans le 1er, ou une bonne 10aine dans le 2nd) se trouve aux prises avec quelque chose qui veut les tuer, dans un décor tout aussi hostile au milieu de nulle part. Règle des 3 unités de la tragédie grecque, soumise au personnage principal, le Rogue, présenté, comme le Crocodile Dundee de Wolf Creek, comme une entité mystique, immémoriale et invincible : un dieu des enfers déchaîné prêt à défendre l'idée de territorialité chère à McLean. La nature reprend ses droits sur l'Homme et entend lui faire payer ses agissements contre elle. Sur la forme, le réal s'inspire de Spielberg pour ne dévoiler son monstre que parcimonieusement, mais pour le reste, va encore plus loin dans la mise en scène des attaques. Spielberg joue avec le score de John Williams et d'une caméra virtuose pour introduire la mort au sein de son histoire ; McLean, lui, préfère la tension insensible mais pregnante, le montage, le hors-champ, et la surprise déjouant toute attente convenue (à peu de choses près) : les victimes commencent par disparaître littéralement du champ, à l'insu de tous même et surtout du spectateur. Et quand le monstre se fait visible, c'est avec une économie de gore rare pour ce type de production. Car McLean, s'il ne délaisse pas pour autant sa "tête d'affiche", préfère se concentrer sur ses personnages "humains" : le plan de cet homme déversant les cendres de sa défunte épouse suffit à créer une émotion véritable et durable. Il n'y a pas de méchants ni de gentils, écueil classique du film de monstre ; juste un brassage d'émotions qui mettent à mal ou consolident les relations humaines. Malgré tout, et il faut bien reconnaître quelques défauts à Solitaire, ce traitement impartial a tendance à s'effriter vers la fin, un final moyennement convaincant, dans la mesure où les SFX sont grossiers sur certains plans, et où le happy-end pointe son nez alors que l'on aurait aimé la même radicalité que dans Wolf Creek. Dommage donc que ce ne soit pas la Nature et sa créature préhistorique qui sortent vainqueurs de cette lutte ancestrale. Mais voilà, McLean a préféré prendre position pour une humanité à laquelle il doit espérer avoir donner une sacrée frousse. Intention louable, qui, de chef-d'oeuvre, fait passer Solitaire au rang de film juste meilleur que les 3/4 de la production actuelle. En tous cas, meilleur film de croco. Et c'est déjà pas mal. |
22-09-2008 Ruins |
| Pas facile pour The Ruins de passer après tout ce qui a déjà été fait en matière de survival, le plus récent et plus marquant étant le Wolf creek de Greg McLean. L'affiliation avec ce dernier est à ce point visible que l'on peut s'amuser allègrement à transférer les éléments de l'un vers l'autre, à les interchanger sans que cela ne nuise à la compréhension du film de Carter Smith, au contraire même, puisque Wolf creek enrichit the Ruins alors qu'il n'y a pas matière à s'extasier. Deux couples d'Américains en vacances au Mexique décident de visiter pour leur dernier jour un temple en ruines (tiens, ça donne le titre !) construit par une civilisation perdue. Oui mais voilà, en entrant sur le site, ils attirent sur eux le mauvais oeil et accessoirement la foudre de gardiens prêts à tuer pour sauvegarder la pérennité du territoire. Ennemis en bas, ennemi en haut où ils se réfugient (faut-il être cons !), la flore locale se révélant un méchant d'une tout autre trempe. Ca vous rappelle quelque chose ? Quand Smith filme les dernières heures de quiétude alcoolisée et sexuelle de nos touristes, c'est avec un sens de l'esthétisme louable mais ô combien impersonnel (à la différence de McLean, plagié donc, qui inscrivait ces plans dans une réflexion personnelle sur le lien de l'homme et de la nature). Smith veut faire comprendre qu'ils vivent là leurs derniers instants, mais rien n'y fait, on ne s'intéresse guère à ces jeunes gens dont on apprendra principalement que l'un deux est un futur médecin, ce qui pourra aider pour la suite. Les personnages sommairement posés, il n'y a plus qu'à attendre le croque-mitaine. En soi, ce dernier est pour le moins original. Pensez, des lianes se faufilant dans la moindre plaie (même si tu te coupes avec une feuille de papier, elles vont venir te pénétrer), on n'a jamais vu ça, à moins de faire un croisement entre La petite boutique des Horreurs et Hidden. Cette luxuriante nature assassine est-elle pour autant cinématographique? Bof... d'abord parce qu'elle n'est que peu présente à l'image et qu'hormis une séquence digne de The Descent où sa vicelardité (ça se dit, ça ?) et sa dangerosité apparaissent de manière significative, elle ne parvient pas - Carter Smith ne parvient pas - à créer une réelle menace. Le but est clair, et sensiblement similaire - encore - à la démarche du réalisateur de Wolf creek : détourner l'horreur (le gore est limité) pour se concentrer sur des personnages et l'analyse de leur comportement dans une situation complexe. D'accord, mais comme dit précédemment, la mise en place des personnages ne permet jamais d'avoir ne serait-ce qu'un peu de compassion pour leur sort.Cela ne sert à rien d'amputer un gars en voulant nous faire crier "ouh c'est horrible", juste parce qu'on l'a présenté comme le gars sympa ; on lève forcément les yeux au ciel quand les seules rancoeurs qui surgissent dans la difficulté tournent autour d'histoires de fesses. Et c'est dans la plus complète indifférence que l'on assiste au dénouement : ben oui, on l'a déjà vu, dans le McLean !! Si les films australiens ne remplissent pas encore les salles comme ils le mériteraient (qui a vu Wolf creek au cinéma ?? et une sortie quasi-technique pour Solitaire !!), leur esthétique et leur discours commencent à faire des émules au pays de l'oncle Sam, histoire d'en assumer une paternité indue. Heureusement, le style unique des oeuvres wallabies s'avère, justement, trop unique pour être vulgairement recopié dans des produits ricains. Les ruines aux States, les cités d'or en Australie. |
20-09-2008 Mr And Mrs Smith |
| Brad Pitt, le beau gosse d'Hollywood que seul son pote George Clooney peut concurrencer, et Angelina Jolie, la mère Teresa d'Hollywood (en plus poumonnée), sont ensemble. Ils ont même des enfants ensemble. Si, si, Voici, Gala, Closer, 50 mn inside, tous le disent et le répètent à tour de bras. Bon d'accord, mais c'est quoi, le lien avec le cinéma ? Eh bien, c'est ce Mr et Mrs Smith, sur lequel les tourtereaux se sont enamourachés. Et à voir le film, c'est peut-être ce qu'il a apporté de mieux à son public. Avec la réjouissance de voir 2 personnes sortir du cadre de la simple cinématographie pour batifoler l'air de rien devant des caméras devenues inexistantes. Doug Liman torche un produit à la gloire de ses deux têtes d'affiches, en voulant jouer de la représentation qu'on peut se faire d'eux : Lara Croft pour Jolie, et, allez, Spy game pour Pitt. Histoire de corser l'affaire, il plonge ces images spectrales dans un milieu plus ancré dans la réalité, et pour cause : le quotidien d'un mariage en perdition. Le pitch est posé, et d'emblée, on ne peut faire l'impasse sur l'affiliation avec La Guerre des Rose, autrement plus subversif et couillu que cette triste course de je-t'aime-moi-non-plus. Bref, de pitch, il ne sera question que de cela, puisque le scénario pourrait tenir sur la lèvre inférieure d'Angelina. Le jeu de cache-cache (qui me rappelle, là tout de suite, Banzaï...) va inévitablement se faire jour, et la suite enquille les poncifs sans sourciller. Liman tente bien de dynamiter l'ennui du spectateur en usant et abusant de pyrotechnie (quand même, Michael Douglas écrasant le toutou à sa dadame, c'était bien plus "poilant" que Pitt et Jolie se mettre sur la tronche avec le dernier cri en matière d'armement!), mais rien n'y fait, d'autant que les quelques SFX disséminés dans l'image accusent le coup. Tout cela n'a aucun intérêt, à ce point que le réalisateur en semble lui-même persuadé si l'on en juge à un final littéralement abandonné, déserté par une équipe déjà occupée à célébrer l'union des amants. Reste que, rétrospectivement, nous aussi on a envie de fêter cet amour naissant. Parce qu'il est, semble-t-il, dans chaque regard échangé, dans le sourire d'une sincérité confondante d'Angelina, dans l'attitude de coq de Brad. On arrive aux limites du documentaire quand on appréhende les courtes séquences chez le psy de couple. Mr & Mrs Smith prend tout d'un coup, autour de ces détails que seul le spectateur languissant saura déceler, une dimension autre, qui n'en fait pas un film à ranger sur ses étagères entre Citizen Kane et Légionnaire, mais qui fait plaisir. Pour eux, du moins, parce que pour nous, en soi, on s'en fout. Et le générique à peine entamé, on s'en va aux toilettes où, tiens, Brad et Angelina nous accompagnent encore à travers le nouveau numéro de Public acheté par madame. Ils seraient en crise...dingue, non ? c'est ce qu'on appelle du service après-vente. |
16-09-2008 Chucky 3 |
| A l'heure où l'on parle d'un remake du Child's play de Tom Holland, et hormis les suites "à la Universal" La Fiancée et Le Fils (bêtes et méchants, donc funs), on peut se demander comment une simple poupée envoûtée a pu engendrer une saga assez prolifique. C'est sûr qu'avec ce morceau de plastique aux trousses, on devrait se sentir plus en sécurité que poursuivi par un Jason ou un Freddy. Le slasher, avec Chucky, va au bout de sa lourde codification, de ses défauts ( ce n'est qu'une poupées, mais elle viendrait à bout d'une armée de talibans). Holland parvenait à faire preuve de nouveauté et utilisait intelligemment les ficelles de son scénario pour tisser un huis-clos horrificomique ludique. Pour ce qui est des suites, on ne peut en dire autant, surtout pour ce Chucky 3, au déroulement aussi plat qu'une limande. Pensez donc, une poignée d'actionnaires décident de relancer la production des "Brave-Gars", sans savoir que Chalres Lee Ray va du coup revoir le jour et se lancer à la recherche de son premier possesseur et néanmoins victime, cloitré dans une école militaire. S'ensuit des meurtres (2 ?) aussi flippants dans leur mise en scène qu'un regard en coin de Victor Lanoux dans Louis La Brocante ; des tentatives de messe noire dont le pseudo humour noir indiffére au plus haut point. Aucune progression, aucun relief, les aventures de Chucky tournent rapidement à l'anecdote, et l'on regarde avec désespérance cette chronique adolescente bas de gamme percluse de poncifs indigestes, à peine perturbée par la présence fantomatique de Chucky. C'est de la série B au sens propre, et au sens péjoratif, tant Chucky 3 pourrait faire date au rayon déception des vidéo-clubs des 80s. Pas assez nul pour être marrant, pas assez nul pour avoir envie de le brûler sur l'autel des Fred Olen Ray ou David DeCotteau, le film indiffère, je le répète : on le voit, on ne le regarde pas, on le voit de cette façon dont on observe une mauvais toile dans un musée miteux. Et puis il y a ce final improbable dans une fête foraine, écrit comme si les scénaristes ne savaient pas comment clore le film. Léger sursaut, vite mué en désappointement complet devant ce florilège d'incohérence et de n'importe quoi. Le meilleur moment, c'est le générique, qui nous arrive comme la délivrance d'un long ennui morose. Chucky est mort, vive Chucky ? NON, TANT MIEUX !! |
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