Shoot them up, le DVD
coleoptere
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 10-05-2008 Alien vs. Predator - Requiem
Laminé dans l'univers entier, jusque sur les planètes des Predators et des Aliens, je n'ai pas vu le film de Paul Anderson, AVP. Fort d'une bande-annonce bien foutue et de quelques extraits bien gorasses, il fallait que je voie AVPR, ne serait-ce que par la nostalgie de retrouver des monstres qui ont "bercé" mon enfance. Bien mal m'en a pris, les frères Strause parvenant à ridiculiser les deux mythes.
En soi, si l'on n'est pas trop regardant, AVPR passe comme une lettre à la poste, timbrée "série B sanglante", au tarif "laissez votre cerveau à l'entrée". Et c'est vrai que revoir ces araignées aliens, ces pétages de cages thoraciques, et puis les monstres, fait plaisir. Seul problème : le manque d'intensité flagrant et désespérant de leurs apparitions. Non seulement jamais le sentiment de peur n'étreint le spectateur, mais en plus on se contrefout comme du 25e gars qui a marché sur la lune du sort réservé aux personnages. Jamais on ne retrouve ce sentiment de claustrophobie et de confinement qui était porteur, créateur de l'angoisse sourde qui nous étreignait à chaque plan de croisement de couloir, de portes dérobée, de personnages s'aventurant seul sans regarder derrière lui (l'importance de l'arrière plan amené au rang d'art par Scott et Cameron). On se dit alors que l'idée de placer aliens et predator dans un espace terrestre ouvert et étalé , au demeurant intéressante et ludique, ne sied guère à l'atmosphère des sagas. Ou que les Strause n'ont pas su l'exploiter. C'est plutôt cela...
D'autant que point de vue scénario, on nage en eaux claires et connues, l'originalité faisant cruellement défaut : reprise du pitch de Predator avec remplacement du rasta-monstre par les aliens ; un peu de Gremlins par ci, d'Assaut par là ; pire, on a l'impression que des films comme La nuit des chauve-souris font figure de référence dans le développement de l'histoire. Copier des bons films ça peut faire illusion, mais des nanars ! Dans ce marasme scénaristique, les personnages n'ont aucune substance et les enjeux et caractérisation sont laissés en plan, transformant une population de l'Amérique profonde en chair à pâtée incolore. Du coup, ce désintérêt nous pousse à attendre mes morceaux de bravoure avec impatience, qui seront à chaque fois désamorcés avec une désinvolture déconcertante.
Les attaques sont brèves, mal découpées, et s'inscrivent dans le déroulement du film comme autant de scènes de coupe. Un comble pour des séquences sensées représenter des climax ! Imaginez entrer dans un abattoir, regarder un premier morceau de viande, vous retourner regarder un autre, et ainsi de suite : aucune évolution, l'impression de voir la même chose répétée ad aeternam, le sentiment de lassitude. Ajoutez à cela le fait que la quasi totalité du métrage se passe dans une obscurité pénible qui gâche le peu de plaisir qu'il y aurait eu à prendre, et vous comprendrez que les Strause sont complètement passés à côté de l'objectif qui était de donner au spectateur de l'Alien, du Predator.
Comment ne pas être en colère contre le traitement je-m'en-foutiste du Predalien, certainement l'idée la plus revigorante, la plus saugrenue, la plus fédératrice ! comment ne pas se sentir floué - et pris pour un con ? - à l'annonce d'un combat acharné entre deux monstres parmi les plus "teigneux", agressifs, de l'Histoire, qui s'avère un concours de baffes façon Bud Spencer ne dépassant pas les 5 minutes !
Si cet Alien Vs Predator est un requiem, il pourrait être celui du cinéma - mais heureusement non. Il pourrait être le sien propre - un suicide filmé qui lui, au moins, serait réussi. Il pourrait être aussi celui d'une franchise qui avait mal commencée, et qui, semble-t-il, empire déjà. Prions Sainte Helen Ripley pour laisser en paix nos monstres fétiches.
 10-05-2008 [Rec]
Dans le registre horrifique, j'attendais deux films, deux espoirs de bouffée d'air dans le marasme du gore gratuit instauré par Saw et ses suites : Diary of the dead de Romero, et [Rec] de Balaguero et Plaza. Coïncidence, les deux, à l'instar de Cloverfield, jouent la carte de la caméra à la première personne, du reportage cannibal-holocaustien, et ce, pour des histoires mettant en scène des zombies. En attendant le dernier volet de la quintologie romerienne, j'ai pu me faire les dents sur [Rec].
Entouré d'un buzz médiatique (une bande-annonce nous montrant uniquement les réactions terrorisées des spectateurs) et d'un parcours dans les festivals triomphal, [Rec] s'avère une déception, nourrie par cette réputation flatteuse avant-sortie. Non que le film soit mauvais, loin de là, mais on nous a promis le film le plus terrifiant depuis longtemps (ce qui était déjà l'accroche du Projet Blair Witch) et on nous sert une série B sympa, par à-coups flippante, sursautante, mais en aucun cas originale, surprenante, même si le renversement de l'affrontement zombies dehors- gens dedans (ici, il s'agit de sortir de l'immeuble pour échapper aux zombies) apporte un semblant d'inédit à un genre qui semble cependant tourner en rond tant qu'on y injecte pas un discours un tant soit peu revendicatif. Et de discours, Balaguero et Plaza, auteurs d'un documentaire sur la Star ac' ibérique, semblent vouloir se cantonner à une remise en cause, un questionnement, autour de l'appréhension de l'image télévisuelle : tous les codes sont utilisés, et la notion de morale traverse par épisodes le métrage. Toujours est-il que le message manque d'épaisseur, noyé dans l'hystérie collective qui étreint rapidement les habitants.
Car au bout d'un moment, après s'être posé quelques minutes pour expliquer la situation via des interviews des locataires, le film redémarre dans une furie ininterrompue, agressive, criarde, que seule une réalisation d'une maîtrise stupéfiante parvient à contenir : si vous avez détesté Heather Donahue dans Le Projet Blair Witch, préparez-vous à haïr certains personnages dans [Rec]. Si cette montée en puissance du chaos permettait réellement de créer une tension palpable et une immersion personnel dans le drame, on touchait au chef-d'oeuvre. Mais voilà, l'absence d'enjeux véritables (sortir, point barre), la trop grande faiblesse d'un scénario prévisible (ce qui n'empêche en rien de faire de bonds de 5 mètres comme ce fut mon cas, alors que je m'y attendais - et ce, sans recours à de la musique ou des effets sonores dépassés - une gageure) empêche de se sentir totalement impliqué.
Reste un savoir-faire indéniable de la part du réalisateur de Fragile - son chef-d'oeuvre - et de son comparse, qui jettent sur la pellicule des images saisissantes, un twist pas original mais intriguant, et, au final, un petit B d'été, simple, direct et, allez ! fun. A moins que mon avis soit orienté par une attente énorme déçue. Ah ! si personne n'avait parlé de [Rec], peut-être aujourd'hui serait-il LA découverte de l'année...
 29-04-2008 Halloween
Dans l'océan des remakes qui inondent nos écrans depuis plusieurs années, rares sont ceux qui honorent le matériau d'origine. Marcus Nispel, avec sa relecture intelligente et viscérale du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, avait ouvert la voie à une pléiade de copiés-collés réalisés avec la certitude que la modernisation par l'image était la clé de la réussite. Pour aller plus loin encore, certains metteurs en scène sont allés au bout du formalisme en refaisant des films à l'identique (Psycho, de VanSant ; Funny Games, d'Haneke), créant une polémique à chaque fois sur l'intérêt d'une telle démarche. La nouvelle version d'Halloween par Rob Zombie a le cul entre deux chaises, entre une refonte du mythe de Michael Myers et un formalisme parfois gênant.
Si ces deux tendances étaient mélangées au sein du métrage, cet Halloween 2007 serait pour le moins médiocre. Ce qui n'est pas le cas, car Zombie distingue deux parties pour deux styles, en quelque sorte, dont la première permet de réévaluer une deuxième empruntée avec insistance au film de Carpenter.
En soi, les 45 première minutes constituent un pur chef-d'oeuvre. Choisissant de raconter comment l'enfant est devenu ce monstrueux mur de silence et de sang, façon prequel, le réalisateur de The Devil's rejects appose sa patte qui a fait son succès : vision d'une Amérique au fond du gouffre, via un foyer composé d'un père alcoolique qui jouerait bien à A-dada-sur-mon-bidet avec sa fille de 15 ans allumeuse, une mère aimante stripteaseuse de son état, et Michael, enfant au physique étrange qui collectionne les animaux morts et les masques ; une violence brutale, sourde, inattendue, souvent filmée légèrement cachée, de loin, ou hors-champ. En ne montrant que les conséquences, les préparatifs, ou quelques plans furtifs de cette violence, Zombie parvient à créer un malaise dénué cet humour noir qui faisait le bonheur de ses précédents opus. En étant toujours sur la corde raide, on ne sait jamais quand va surgir l'éclair de folie qui va faire basculer la situation (incarnation parfaite du gamin, à mi chemin entre le sourire innocent, et l'indifférence devant ses actes perpétrés).
Ce qui pourrait gêner, c'est que le rocker semble vouloir légitimer la violence de l'enfant par la violence qui l'entoure, par toutes ses frustrations. Mais pourtant à aucun moment, le personnage de Michael Myers n'est icônisé, idéalisé, et ses actes sont d'emblée condamnés par la façon de filmer les victimes, en plein calvaire - contrebalancée par les plans sur le visage impassible du tueur. Au final, c'est l'humanité qui est confrontée à une force extérieure, à une animalité incontrôlable, laquelle prend possession définitivement du corps et de l'esprit de Michael dans ses entretiens petit à petit de plus en plus mutiques avec le Dr Loomis (un Malcolm McDowell bien tristounet) : en refusant de dialoguer avec lui, Michael abandonne son humanité pour devenir un chasseur glacial. Son évasion de l'hôpital confirme cette cruauté animale. Fin d'une première partie novatrice, superbement filmée, découpée.
La suite du film est une reprise des scènes d'Halloween 1977, enchaînées sans grande originalité, avec rapidité, et sans idée : preuve en est faite avec la scène du fantôme à lunettes. Il y a bien ici ou là quelques trouvailles mais au final, on regarde tout cela avec une indifférence relativisée par la brutalité des meurtres, une photographie soignée, et une mise en scène énergique. Malgré tout, le rythme, bancal, nous souffle le chaud et le froid constamment, perdu que l'on est entre le point de vue de Loomis, celui de Laurie, celui de Michael. Dès lors, une question se pose : quel est l'intérêt de reprendre textuellement Carpenter après avoir ouvert une voie royale avec une première partie d'enfer ?
Tentative de réponse : chez Carpenter, Myers tue pour tuer, ces teens en chaleur lui rappellant sa soeur lubrique (théorie avérée qui a valu au film quelques critiques sur ce conservatisme primaire mais fondamentale dans le slasher). Rob Zombie, en opposant une Amérique en proie à la misère aussi bien pécuniaire qu'intellectuelle, à la bourgeoisie des beaux quartiers, fait de Michael Myers un monstre à son image, à l'image de la famille Firefly, en rupture avec une société élitiste qu'il jalouse en tant que modèle de beauté et de réussite. Ce qui ne vaut pas dire que Zombie cautionne ses actes, encore une fois, mais pose la question de la violence au sein d'un pays qui compte fréquemment ses morts dans les lycées. Force de l'exclusion sociale, importance de la norme, tout cela vole en éclat sous le couteau de Michael Myers.
En fin de compte, Rob Zombie, en présentant de prime abord la jeunesse du tueur, puis en citant longuement le film originel, permet une réévaluation du pourquoi, et lance une réflexion qui lui est toute personnelle et déjà présente sur ses autres films. On pense voir le même film qu'en 77, les mêmes images, mais celles-ci sont inervées par une autre vision. Comme quand La Fontaine reprend Esope. Même s'il reste imparfait et souffre formellement d'un rythme boiteux, Halloween cru 2007 n'en demeure pas moins passionnant dans sa volonté de redorer l'image d'un mythe bien écorné par une série de navets insondables. Et c'est déjà bien.
 28-04-2008 28 semaines plus tard
Aujourd'hui, si l'on veut voir un film d'horreur, il n'y a guère le choix qu'entre trois tendances : le survival façon Délivrance version gore ; le torture flick à en dégoûter Henri Boucher ; et le film de zombies (pas Rob : les morts-vivants). Cette dernière catégorie est devenue à ce point galvaudée, épuisée, que l'on parle plus de morts-vivants, de zombies, mais d'infestés, d'infectés, de malades de la peste, de grippés, voire de citoyens moyens (Shaun of the dead et sa délicieuse ouverture). Du coup, quand on tombe sur un film qui sort du lot, on a envie d'applaudir.
Bien que ici ou là pris en défaut, 28 semaines plus tard s'avère un métrage à la fois couillu et émouvant. En revenant à des questions simples (mourir avec ma femme, ou vivre tout seul ?), en décalquant dans univers fictif la situation militaro-politique des Etats-Unis dans le monde, Fresnadillo parvient à insuffler de la nouveauté et à distiller une émotion palpable, prenante. Voir ces GI en panique, tirant à vue sur tout ce qui bouge, les voir incapables de gérer cette reconstruction pacifique, propre, saine, tournant au cauchemar, évoque inévitablement l'Irak et cette suffisance qui leur fait croire que parce qu'ils sont Américains, ils sont capables de surmonter tous les obstacles. Un point de vue politique qui n'a certes rien de particulièrement courageux (quoique venant d'un Espagnol sur un film anglais...), mais qui puise sa force dans une atmosphère ultra-réaliste (voire trop, la caméra portée nécessite un peu plus de discipline) et une représentativité pour le moins subtile.
Subtilité également dans sa description de l'éclatement d'une famille dans une situation sensible. Et finalement, ce sera l'amour des uns pour les autres qui déclenchera la propagation du virus, que ce soit dans l'ouverture, ou lors des retrouvailles (pas de spoiler, pas de spoiler...). Ce qui peut constituer un élément de réponse à la question posée plus haut. Mais qui est contredit par la solidarité qui unit le groupe de survivant. La réflexion reste ouverte. Lors de certaines scènes, du coup, une émotion réelle étreint le specateur, qui donne une dimension autre au film : plus question de voir un film de zombie façon Romero (avec tout le respect que j'ai pour lui), on se retrouve au coeur d'un drame presque intimiste jaillissant d'un chaos innommable.
Passé ses considérations de fond, au regard du style de Fresnadillo, on pourra saluer une imagerie choc bienvenue (beaucoup de gore, et un franc plaisir lors de l'équarrissage aux pales d'hélico), souvent justifiée (pas dans le cas précité !) par une volonté de plonger au coeur de la violence humaine (par le feu, par les morsures, par les tirs de l'armée), parfois quand même un peu tape-à-l'oeil (même si les plans aériens sont stimulées par des images télévisuelles de la guerre, ils sont trop souvent utilisés pour être tout à fait sensés).
Cela ajoutée à la gratuité de l'équarrissage par hélicoptère interposé et un dernier plan parfaitement dispensable et ô combien malheureux (spécialement tourné par le banquier des producteurs), il nous laisse un léger, très léger arrière-goût de déception. Mais au vu de l'ouverture prodigieuse d'intelligence et d'efficacité (jeu entre l'ombre et la lumière, pose des principales problématiques à venir,...) et d'un développement sacrémént emballant, on ne fera pas la fine bouche devant l'un des films de zombies-infestés-infectés les plus puissants depuis pas mal de temps, surpassant sans mal son prédécesseur 28 jours... (qui était salement bon à l'époque). Mais pitié, restons-en là, pas de suite !!
 24-04-2008 Big Movie
Pas besoin de s'attarder trop longtemps sur ce constitue un des films les plus nuls et les plus inutiles de l'histoire du cinéma. Donc, pour une fois, ce sera bref.
Big movie se veut une parodie de blockbusters tels que Narnia, Pirates des Caraïbes, Da Vinci code. Premier problème : là où les Scary movies ciblaient parfaitement des films au succès réel, soit critique, soit public, soit les deux, Epic movie (le titre VO, qui semble nous dire que l'épopée sera le coeur de la pantalonnade - laissez-moi rire) prend pour cible des films déjà médiocres qui n'existent que par un tohu bohu médiatique déplacé. Pis, en prenant comme source principale de l'intrigue la trame de Narnia - de loin le plus mauvais choix -, les scénaristes plombent d'entrée une histoire qui n'intéressera finalement que les fans hardcore du film d'Adamson (il y en a ?!).
Deuxième problème, Big movie n'écorne jamais ses cibles parodiées, ne tente jamais un vrai travail de détournement : elles ne sont qu'un canevas d'images reconnaissables (du copier-coller même) qui soulève chez le spectateur un haussement de sourcils ("tiens, voilà Jack Sparrow !", tiens, voilà les X-men !", tiens, voilà du boudin !") qui termine inévitablement en chute non-maîtrisée de paupières.
Alors non, on ne s'amuse pas, on ne rit pas, on ne sourit pas, dans Big movie : on regarde, la télé, sa montre, la télé, sa montre, la télé, sa copine avec un air lubrique...et on attend que ça passe. On se demande quel est l'intérêt de cette séquence tournant en dérision (waouh ! attention, c'est du lourd) le style MTV ou des émissions US inconnues dans notre contrée, qui s'éternise, s'éternise, s'éternise...
Qualitativement, rien n'est là, des acteurs (eh ! y la mère de Stiffler !), du scénario (un collage dadaïste), de la réalisation (posez une caméra quelque part dans des décors, dites moteur, et coupez à un moment donné : voilà, vous êtes metteur en scène). Regarder Big movie, ça doit être comme être en apesanteur : se sentir au milieu d'un grand vide. Effrayant.
 15-04-2008 Wolf Creek
Wolf Creek, sponsorisé par l'Agence Nationale du Tourisme Australien : ses paysages somptueux, son atmosphère et son climat particuliers, sa population accueillante, ses serial killers. Catalogué Survival à cause de ce dernier point, Wolf Creek, pour beaucoup, souffre de la comparaison avec d'illustres prédécesseurs et d'obscures bandes ayant érigé la torture sanguinolente au rang d'art majeur, hissées au sommet du box-office grâce à de faux geeks sur le tard. Bonne nouvelle pour eux, Wolf Creek n'est pas un survival, du moins pas coulé dans le moule usé de ces productions industrielles.
Premier chef d'accusation : dans Wolf Creek, il ne se passe rien. C'est vrai, pendant une heure, on suit un trio de personnages qui font la fête, se réveille sur une plage, se baigne tout nu dans la mer, achète une voiture, roule sur du bitume brûlant, font un feu de camp devant une caravane, prennent de l'essence, rencontrent des bouseux patibulaires la bave aux lèvres devant les deux demoiselles (pas spécialement belles, assez rare dans ce genre pour être signalé), admire le paysage, visite un cratère spectaculaire, et vain si l'on reste dans cet état d'esprit qui consiste à attendre plus que de raison un carnage sans nom. Ainsi résumée la première partie, oui, Wolf Creek, c'est du RIEN.
Sauf que non. Car Greg McLean (dont le très attendu Rogue, applaudi dans les festivals, sortira probablement chez nous directement en DVD) crée avant tout une atmosphère pesante qui distille une inquiétante étrangeté préférée au glauque sexuel et/ou sanglant des Saw ou Hostel. D'entrée, l'impression de quitter un Paradis perdu où l'humanité cohabite en parfaite harmonie se fait ressentir : une douce mais angoissante (l'angoisse étant une peur sans motif) nostalgie empoigne le spectateur, à travers des images à la poésie surprenante (on croirait que Malick est venu faire quelques prises de vue) associées à une musique expérimentale qui confine au bruitage - sons métalliques, disharmonieux, et mélancoliques (à l'instar de la partition de Goldsmith sur La Planète des Singes). S'y dégage petit à petit une impression - encore ce mot, mais cette partie n'est faite que de ressentis - de quitter un monde connu, pour entrer dans un autre, inconnu, extra-terrestre, dans son sens le plus strict, le cratère rappelant inévitablement un décor lunaire, appuyé par des images de paysages suivant le même profil.
Quitter le monde, c'est en quelques sorte quitter l'Homme : du groupe de jeunes du début, l'on passe à un quartet de péquenots dont les seules paroles sont dictées par leur instinct animal sexuel, puis à un crocodile dundee qui incarnera la sentence de Hobbes, l'homme est un loup pour l'homme. En isolant l'individu, McLean fait ressortir sa part bestiale, innée, primitive. C'est ce moment que choisit le réalisateur pour ouvrir les festivités - hostilités.
Deuxième chef d'accusation : le survival est bien mou. Oui, encore une fois, question torture (oh le jeu de mots !), on a vu mieux ailleurs. Mais y a-t-il une quelconque envie de McLean de s'adonner à la provocation facile, à la débauche de viscères répandues sur le sol ? Encore une fois, non. L'impact, pour le spectateur comme pour les personnages, est plus mental que physique, et à l'instar d'un Massacre à la tronçonneuse (l'original, s'entend) jouissant d'une réputation peu flatteuse et erronée de film gore, Wolf Creek maintient sa ligne de conduite en suggérant plutôt qu'en montrant : un coup de poignard dans la colonne vertébrale ? on ne verra que le visage de la victime et un plan sombre du couteau qui tourne (avec, référence subtile, un crochet de boucher suspendu au-dessus de la fille) ; le gars crucifié donné en pâture à des chiens affamés ? Il parviendra à se libérer, et l'on ne verra que le cadavre d'une précédente victime ayant souffert ce calvaire. Tout le spectaculaire est comme anéanti par la volonté de McLean de délivrer autre chose au spectateur que de la barbaque comme on jetterait un rosbeef à un dobermann. La façon dont est éliminée la dernière fille est en cela très révélatrice, puisqu'alors que l'on attend un final explosif, débordant de sang, McLean appuie sur l'intensité mentale au détriment des attentes du spectateur rompu à ce genre de spectacles.
Alors Wolf Creek est-il un survival ? oui et non, et à vrai dire, on s'en fout. Parce que ce qui importe, ce sont la force des images (les gouttes d'eau à la pure transparence minérale ; la toile d'araignée hautement symbolique qui renvoie également à La Nuit du Chasseur ; la transition par une référence intelligemment utilisée au Chien Andalou placée entre les deux parties du film - le fameux rasoir qui fend l'oeil, comme un nuage fend le soleil), la force du propos (la dernière image, d'une force !, qui se permet de retourner complètement l'image romantique du lonesome cowboy), et l'impression - encore ! - d'avoir vu un sacré film. Ce n'est d'ailleurs pas qu'une impression.
 09-04-2008 The Devil's Rejects
On avait découvert Rob Zombie cinéaste sur La Maison des 1000 morts, film complètement barré, bordélique, mais pour le moins original, au style unique, et surtout révélateur d'un véritable amour du cinéma qui allait éclater dans sa suite, The Devil's rejects.
Oublié le grand-guignol et la surenchère visuel du premier, Zombie plonge ses mêmes personnages dans un univers très 70s (arrêt sur image, caméra à l'épaule), la grande époque du cinéma d'horreur contestataire : émaillé de country songs composant une BOF comme on pensait que seuls Tarantino et Scorsese savent le faire, le film propose une photographie à la lumière terreuse, aux tonalités ocres, qui rappelle à la fois le western et Massacre à la tronçonneuse dont la référence est clairement affichée, et en même temps une espèce de naturalisme qui lui confère une dimension ultra-réaliste que vient renforcer des séquences de brutalité, de torture que Zombie ne cherche pas à adoucir ou au contraire excéder.
Car les films qui adoptent le point de vue d'un meurtrier sans tomber dans le racolage et l'apologie involontaire de la violence (suivez mon regard, un certain Jig-machin...) sont rares (Henry portrait of a serial killer), et le métalleux évite ce récif avec une intelligence désarmante : comme dit précédemment, la violence de nos "héros" ne nous est jamais épargnée, et on pourra se demande longtemps pourquoi ils s'en prennent à une famille de beauf qui a l'innocence de son côté. En fait, en posant la question on y répond : parce qu'ils sont les représentants d'un pays, d'une politique, établi autour de l'American dream, que Baby, Otis et Spaulding se sont chargés de détruire, afin de ramener le peuple à la réalité. D'où également le fait que les victimes principales de la nouvelle famille Manson soient des teens sexuelles réduites à l'état de barbaque dans cette antre du diable.
A la charge politique s'ajoute la dénonciation d'un fanatisme religieux incarné par le shérif Wydell, devenu dans le dernier tiers un ange exterminateur habité par une folie meurtrière qui n'a plus rien à voir avec la religion. De l'autre côté, la famille Firefly se réclame du diable uniquement dans une optique de lutte contre la religion, la notion de démon n'apparaissant dans leur bouche que face à la croyance supposée salvatrice des victimes. Dès lors, il ne s'agit plus d'une vulgaire lutte entre le bien et le mal, Zombie inversant dans ce même dernier tiers la vapeur pour montrer la part sombre des "gentils", et humaniser les monstres que l'on condamnait jusqu'ici : le bien, le mal, n'existent plus, il n'y a plus que la violence des uns confrontée à celle des autres.
Vient alors un final, entre Bonnie and Clyde et Thelma et Louise, d'une beauté saisissante et réellement émouvante, porté par le splendide Free Bird de Lynyrd Skynyrd. Un déchaînement de violence, un envol, la pureté d'un lyrisme bienvenu, et l'honneur au bout de la vie, comme un gigantesque "fuck" à l'Amérique pudibonde, au puritanisme putassier, hypocrite. Avec The Devil's rejects, Zombie entre au panthéon du cinéma d'horreur.
 07-04-2008 Bienvenue chez les Ch'tis
Chronique d'un spectateur chti à la projection du fil mde Danyboon : Ah bah v'la, eh, chuis été eul 17 213 429e boubourse â ête aller raviser eul film eud Babiboom, Bienvenue chez les Chtis. J'étos fin bénache, ti, passque cha fait bien rigoler, hein, euss brun lâ. Et ch'est cha qu'est ben, eun comédie qui fait rigoler, qu'en â dans l'caf'tière, et qui t'prend pâ pour un baltringue qui vient aquater eun plache eud ciné pour euss vwaer chervir des crabistoules sur écran, d'la berdoule in barre comme euss pauvre Achtérix lâ, qui rp'art avec rin dins ch'marronne d'vint l'raz-d'marée des Chtis.Et pourque ? pourque in film deul région i bat in film avec plein de sous dans l'fazard et plein de stars ?
Eul première cose, ch'est qu'ch'est vraimint drole, pisque Babiboom i a écrit sin chénario comm i aurot écrit un spectacle, rempli eud phrases lâ, qu'i disent des réplqiues les critiques eud cinéma, qui sont déjà cultes, des qu'on répète toudis in sortant deul challe. L'accent chti (ch'est même plutôt un patois, hein) i est toudis lâ, ch'qui fait qu'eul moteur du rire i tourne à n'in pus finir. Avec tout ch'comique eud mots ("ferme eut bouc' tin nez i va querr eud'dins", "j'vous dis quoi", à la hauteur du dialogue sur Juste Leblinc dans eul repas d'babaches), in pourrot rajouter eul comique eud gestuel : eh, te vâs pâs dire qu'ch'est pas marrant rin qu'â vwaer Babiboom dins sin K-wai, eul giff à Philippe Duquesne, et Guy eud Motus. Surtout, pour in finir avec ches acteurs, la très décriée Line Renaud ressemb' quand même ben à ches mamies de chez nous, et même si sin accent i est un peu trop forché, elle reste crédible.
Du point d'vue de l'histwaere, Babiboom i est pas queu dans l'piège eud faire une évolution lente et progressive d'Abrahams : eun foâs débarqué à Bergues, y a qu'la première nuit et une demi-journée où cha s'passe mal pour li. Et pis ches gars de ch'nord i prennent eul taureau par les cornes et i z'y font vwaer eul vie comme al est : bielle comme tout. Du coup, eul scène où tout l'mont' i faitb crwaere â s'femme que l'Nord ches les mines, les cats et les rats mingés sul' barbec', fait ben marrer par la profonduer des préjugés qu'i z'ont d'nous zot', dans l'chud. Pis, in n'est pas auchi biête pisqu'on a conscience de châ. Et ch'qui r'ssort dee tout cha, ch'est eun vive méotion, eun fierté, qui te fait pas braire, mais presque : la chaleur qu'in n'a pâs dewhors mais dins l'coeur, et l'scène au Stade Bollaert (vin diouss qu'ch'est biau, hein, d'autant pus après ch't'histoire eud banderole).
In fin d'compte, Bienvenue chez les Chtis, ch'est eun leçon eud bonheur, eun façon d'vwaer eul vie malgré un contexte pas toudis drole (t'âs qu'â vir l'alcoolisme d'Intoine). Et ch'est pour çâ quel Frince d'aujourd'hui, dans le contexte socio-économique (vin diouss, cha fait bizaerre dans la bouche d'un chti, cha fait sérieux, hein !) qu'est l'not', al fait un triomphle aux Chtis. Allez, reprindez avec mi : tout chti qui piche i tient ch'biroute dans ch'main !!!

Traduction :
Et bien voilà, je suis la 17 213 429e personne à ête aller voir le film de Danyboon, Bienvenue chez les chtis. J'en suis ressorti très heureux, car le film est très drôle. Et cela fait du bien, une comédie qui fait rire, intelligente, et qui ne prend pas le spectateur pour un porte-monnaie à qui on peut raconter n'importe quoi, comme le malheureux Astérix aux JO, qui repart bredouille au box-office. Et pourquoi ? pourquoi une bande régionale bat un film au budget conséquent et au casting de stars ?
En premier lieu, le film est vraiment drôle, car Danyboon a écrit son scénario comme un spectacle, perclus de répliques déjà cultes, que l'on ne cesse de se répéter après coup. Les particularités régionales sont omniprésentes et constituent en conséquence un moteur du rire qui tourne à plein. A ce comique de mots, vient s'ajouter un comique de gestuel, de Danyboon dont les mimiques - dans son fameux K-wai - provoque inmanquablement le déploiement de gorge, ainsi que l'excellent Philippe Duquesnes, et Guy (voix off à Motus). Quant à Line Renaud, décriée pour son accent forcée, elle campe une mamie telle qu'on peut en cotoyer de par chez nous - les défauts de son accent sont vite effacés par des attitudes au réalisme et à la force comique saisissants.
Pour ce qui est du scénario, Danyboon n'es pas tombé dans le piège d'une évolution progressive du personnage d'Abrahams : seules la première nuit et une demi-journée se passent mal. Tout simplement parce qu'on y est bien tout de suite, dans le Nord. L'arrivée de sa femme va amener des quiproquos ayant pour but de lutter contre les préjugés, avec l'intelligence de celui qui en a conscience. De cela, ressort une émotion palpable qui donne les larmes aux yeux de fierté, ne serait-ce que devant ce peuple en communion dans un stade de football.
Bienvenue c hez les chtis s'avère donc une leçon de bonheur, de vie, dans un contexte socio-économique français pas des plus réjouissants. D'où ce succès. Allez chantons ensemble : censurécensurécensurécensurécensurécensuré
 02-04-2008 Fido
Pourquoi n'y avait-on jamais pensé avant ? Après près de 30 ans de zombisme façon Romero (comprenez équarissage sauvage, démembrements inopportuns, etc), un film ose s'affranchir de ce système de représentation, sort des ornières pour proposer une vision inédite du zombie, désormais domestiqué.
Tel est le pitch de Fido, qui nous présente l'Amérique des 50s après une guerre ravageuse...non pas la Seconde Guerre mondiale telle qu'on la connaît, mais la guerre contre les zombies. Une grande firme a trouvé le moyen de supprimer l'envie de dévorer les gens des zombies, les propose à la vente comme valets et fonctionne comme un SAV en cas de problème. I robot, version macchabées, en somme.
Fido n'a cependant rien du film de zombie. Dans sa tonalité, d'abord, toute entière vouée à un humour efficace et vraiment drôle (voyez la séquence d'ouverture façon actualité, dans le style de ce que P.T. Anderson a fait sur Magnolia). Le décalage du modernisme de la figure du zombie avec le monde old-school des 50s finit de rendre l'ensemble particulièrement savoureux, et à l'instar de Pleasantville, délivre en contrepartie une critique acerbe de la déshumanisation du monde.
Car Fido n'est ni plus ni moins qu'un drame - presque - intimiste (la relation entre la mère et Fido), une comédie de moeurs (les rapports maritaux). Si le film est ponctué, de manière brève et sans sensationnalisme, de plans gore, c'est avant tout la relation de l'enfant avec son zombie (son E.T., faillis-je écrire) et ses effets sur ses parents qui importent. A plusieurs reprises, l'accent est mis sur l'isolement de cette famille sans amis, et qui va découvrir l'autre par le prisme du zombie (excepté le père, modèle de maccarthysme qui trouve sans mal des échos de nos jours). On se prend donc parfois à être réellement ému, et ce grâce à l'interprétation sans faille de l'intégralité du casting, de Billy Connolly incarnant un mort-vivant digne, parfait prolongement du Booboo du Day of the Dead de Romero ; de Carrie-Ann Moss, dont le physique se prête idéalement à l'époque ; de Dylan Baker et Henry Zcerny, que l'on croirait tout droit sorti, pour l'un d'une screwball comedy, pour l'autre d'une série B horrifique - idéaux, donc.
Au final, Fido s'avère une petite merveille d'originalité qui utilise d'une façon nouvelle la silhouette du zombie pour délivrer un message politique et social fort. Réalisé avec humour, poésie, sensibilité, ce film mérite sans conteste sa place aux côtés des Shaun of the Dead, Day of the dead, et des films de Romero.
 01-04-2008 Catwoman
A l'annonce de la mise en chantier d'un spin-off autour du personnage de Catwoman, beaucoup - dont votre serviteur - ont commencé à se lécher les babines et à ronronner par anticipation de plaisir, en souvenir de la très chatte Michelle Pfeiffer dans Bamtan le défi, et dans l'expectative d'une réussite à la hauteur du travail de Tim Burton. Au lieu de cela, on a droit à un des spectacles les plus désolants jamais vus sur un écran de cinéma : Catwoman par Pitof, avec Halle Berry dans le rôle-titre.
Le pitch, somme toute, n'est pas très éloigné de l'esprit et de l'aura qui entoure le félin personnage : une vengeance tournant autour de l'exploitation de la féminité. Pour ce qui est du développement, maintenant, c'est une toute autre histoire : platitude, enquête qui n'avance pas, trouée d'incohérences (en gros, , Patience Philips se souvient de tous ceux qui ont participé de près ou de loin à son décès, sauf la principale responsable, qu'elle cotoyait tous les jours au boulot...ah ! c'est sûr, ça maintient un suspense insoutenable, j'en ai bouffé les accoudoirs de mon canapé...), humour de superette dans lequel des hommes et des femmes qui par ailleurs se font appeler acteurs et actrices pataugent avec une candeur qui confine à l'audace.
En cela, le jeu outrancier d'Halle Berry, qui a bien mérité son Razzy, fait figure de prouesse : là où Michelle rendait attachant son personnage gauche, socialement inexistant, dans Batman le défi, Halle se contente de jouer la carte de la bouffonnerie, d'exaspérants tics dans sa gestuelle et ses regards de chien battu (quand on incarne la femme faite chatte par après, on se dit que, quelque part, elle n'a rien compris au rôle). Et puis ,dans sa composition de Catwoman herself, on aurait aimé une approche plus subtile, où la notion de "femme-chat" ne serait pas résumée à simplement et bêtement singer l'animal en question : un chat ronronne ? vas-y que je ronronne moi-aussi ! un chat fait "pppffffrrrrr" devant un chien ou un quelconque ennemi ? vas-y que je fait pppfffrrrr moi aussi ! La part animale de l'humain, et de la femme en l'occurrence, est ramenée à sa plus simple expression ,faisant fi de tout considération métaphorique, symbolique. Et dans ce cadre, à quoi sert de faire intervenir les dieux de l'Egypte ancienne, sinon pour jeter de la poudre au yeux qui n'aura d'effet que sur les aveugles ?
Passons vite fait sur les prestations de Lambert Wilson, toujours prêt à vouloir concurrencer Robert DeNiro dernière génération dans l'approfondissement du grand-guignol pathétique, et celle de Sharon Stone qui n'a même pas droit à une séquence de décroisage de cuisses histoire de faire oublier que bien vieillir opur une actrice c'est bien, mais bien jouer c'est mieux. Parlons plutôt du gars qui dirige la caméra derrière (un metteur en scène, c'est la définition in extenso) : Pitof, donc, à qui l'on doit un Vidocq qui ne m'avait pas déplu, mais qui ici se perd dans des mouvements de caméra complètement vains, inadéquats, dans les scènes dialoguées, et illisibles et risibles dans les scènes d'action. Les SFX n'aident en rien à la qualité des ces séquences qu'on croirait tirées du jeu vidéo Catwoman, mais en moins bien. Ce qui nous oblige forcément à réévaluer les Spiderman, parfois critiqués pour ces mêmes défauts, et qui surpassent sans peine cette pauvre chose montée comme une succession de stock-shots.
Le pire, finalement, c'est de voir un propos sur le papier destiné à sensibiliser et renforcer l'image de la femme auprès d'un public masculin adepte des pages de la Marvel, être renversé sans vergogne pour donner de la femme une image de pute de luxe, gainée de cuir, sexuelle dans le mauvais sens du terme (voir la scène du basket-ball, effroyable de vulgarité). Un jour, il faudra dire aux réals masculins que filmer un popotin qui se dandine façon félin, et une paire de loches à moitié sortie de son soutien, ne peut suffire à sculpter l'image de la femme moderne.
Bref, beaucoup de considérations pour un film qui n'en mérite aucune, qui vous enrhumera avec se science du vent, et vous lobotomisera avec son goût du néant. Au moins, voilà un film que je n'hésiterai pas à mettre dans mon top des nanars. Blurp.
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