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Fan : Wissemoi Localisation : Le Mans Inscrit le : 25-09-2008 |
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| Ses critiques de films |
12-02-2009 Slumdog Millionaire |
| Danny Boylywood Ça vous est déjà arrivé d'aller voir un film parce que vous en aviez entendu de bonnes critiques et que vous saviez qu'en plus, c'était le dernier Danny Boyle (partons du principe que vous aimez ce réalisateur, l'idée étant qu'une grande part de ce qui vous a amené encore une fois dans la salle obscure est la confiance que vous accordez à un réalisateur) et qu'au moment où débute le film vous oubliez étrangement (et ce jusqu'au générique de fin !) que c'est un Danny Boyle ? Quelle peut être l'explication de cette bizarrerie ? A/ vous étiez un peu fatigué B/ vous souffrez d'un Alzheimer précoce C/ votre voisin(e) de fauteuil est charmant(e) D/ le film est un caméléon bollywoodien Explications. Je trouve que ce Danny Boyle est une grande réussite et ce pour deux raisons. D'abord, le scénario est plutôt bon et bien servi par la structure narrative du film qui s'attèle à la structure du jeu « Qui veut gagner des millions » made in India .Rappelons brièvement le pitch : un jeune homme des bidonvilles (sens du mot « slumdog ») remporte les 10 millions de roupies du jeu et se voit accuser de triche. Chaque question est l'occasion d'un flashback qui explique l'histoire et les motivations du personnage qui ont concouru à se présenter au jeu. Cette trame narrative donne un rythme sympathique au film et un gentil suspense en viendrait presque à nous saisir au fil et à mesure qu'il se rapproche du gros lot : mais comment son histoire va-t-elle donc finir ? Là encore le parallèle entre la tension du candidat à l'approche du pactole et la tension du spectateur à l'approche du dénouement de l'histoire est plutôt réussie et intéressante. Le deuxième point fort du film : c'est un hommage très malin et très réussi à mon sens au cinéma Bollywoodien. Ceux qui le connaissent un peu et qui l'apprécient y retrouveront les ingrédients essentiels. Au niveau du fond : une trame archétypale avec une histoire d'amour contrariée, des méchants très méchants, des personnages caricaturaux, des intrigues familiales, de la rédemption, un dénouement très classique et bien sûr une fantastique scène de danse avec la chorégraphie de groupe traditionnelle à la Bollywood. Mais ce qui est enthousiasmant dans ce film, c'est sa réussite formelle qui m'a fait oublié que j'avais à voir un Danny Boyle. On dirait vraiment un film moderne indien. On retrouve les aspérités rugueuses des codes du cinéma Bollywoodien : des mouvements de caméra plutôt énervé, saccadé, « punchy », héritages des films de kung-fu qui donne un côté brut et un peu grossier au film, un usage légèrement immodéré du flashback lors des scènes de réminiscences traumatiques des personnages, les transitions de l'entre-deux âges (on suit les mêmes personnages à 3 époques différentes de leur jeunesse : enfant, adolescent et jeune adulte) avec l'artifice de la fumée dans laquelle l'acteur enfant pénètre et de laquelle l'acteur adolescent ressort., etc. Tout le talent de Danny Boyle réside dans sons sens de la nuance dans samise en scène : ce film n'est pas du tout une parodie grossière, ça pourrait vraiment être un bon film du cinéma indie-indien : il y a de la subtilité et du doigté dans l'usage que fait Danny Boyle de ces codes. Ajoutons à cela des acteurs plutôt bons (j'ai beaucoup aimé le présentateur) et surtout une peinture assez violente de l'Inde moderne qui donne au film son côté acide et lui confère cette vitalité, cette urgence de vivre qui transpire de l'écran. Alors, pourquoi irez-vous voir ce film ? A/ vous aimez les jolies indiennes (ah ça, elle est bien jolie Latikah...) B/ vous y trouverez la combine pour gagner 10 millions de roupies C/ vous allez prendre un malin plaisir à apporter la contradiction à cette critique ;-) D/ c'était écrit C'était mon Dernier mot, Jean-Pierre. |
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