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Fan : Rob Localisation : Paris Inscrit le : 25-12-2006 |
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| Ses critiques de films |
24-03-2008 A bord du Darjeeling Limited |
| Objectivement, très peu de choses différencient un artiste qui fait toujours la même chose d'un autre dont on dit qu'il a son style. Cinéaste dandy, nourri d'influences aussi multiples qu'impeccables, Wes Anderson appartient sans aucun doute à la seconde catégorie. Par le biais de mille réminiscences et obsessions, The darjeeling limited est inextricablement lié aux quatre précédents films du bonhomme, du prometteur Bottle rocket jusqu'à une Vie aquatique pas dépaysante mais très déconcertante. Mais, plus qu'une synthèse, c'est une somme. Tous les éléments du petit théâtre d'Anderson sont ici poussés à leur apogée, comme dans un gigantesque tourbillon spleenesque et galvanisant. Ça commence mal, ou plutôt trop bien. L'avant-propos de The darjeeling limited est un court-métrage, «Hotel Chevalier», qui narre les retrouvailles une mec et d'une fille dans une chambre d'hôtel parisien. Lui, c'est Jason Schwartzmann, sosie psychique (et tragique) de Wes Anderson. Elle, c'est Natalie Portman, dont la coupe garçonne irradie l'écran et dont la chute de reins possède un arrière-goût d'apocalypse. La mélopée obsédante et renversante de Peter Sarstedt (»Where do you go to (my lovely)», chef d'oeuvre de ballade surannée, à l'irrésistible franglais) contribue au moment de grâce que constituent ces quelques minutes hors du temps, hors du monde et bien au-delà du cinéma. Après une telle entrée en matière, c'est certain, la suite ne pourra que décevoir. On passe donc deux heures à attendre le faux pas, la baisse de rythme ou la faute de goût qui viendra souiller l'ensemble. Tel évènement ne se produira jamais. The darjeeling limited sidère par l'équilibre total qu'il assure de bout en bout, brassant des thèmes et ambiances antipodiques. Le film d'Anderson va à l'encontre de tout ce qu'il semble être, ni road trip familial ni récit picaresque. Pourtant, ce perpétuel esprit de contradiction n'est jamais mis en avant, et la sincérité prime de part en part. Ce voyage en train pour sillonner l'Inde à la recherche d'on ne sait trop quoi est d'abord une aventure intérieure pour chacun des membres du trio de héros. Derrière les mésaventures plus ou moins anecdotiques se cache un esprit à la fois tendre et dépressif, une description sans fard de nos vies futiles et polymorphes. The darjeeling limited a beau être le film le plus drôle de son auteur, c'est également celui qui colle le plus à la peau par son aptitude à aller gratter là où ça fait mal. On en sort à la fois enthousiaste et lessivé, comme à la fin d'une vie bien remplie, faite de souvenirs indélébiles et d'une multitude de regrets éternels. Ce qui sauve le film de la dépression totale, c'est la façon qu'a Anderson de contrebalancer une certaine gravité par une bonne dose de petits moments magiques et d'atmosphères colorées et acidulées. Mise en scène picturale et frontale (définitivement l'empreint numéro un du style Anderson), atmosphère façon BD philosophique et indépendante, direction d'acteurs profonde mais pas voyante... Ce type-là sait tout faire, et la modestie avec laquelle il s'acquitte de son film est franchement touchante. Bien que principalement incarné par des hommes, The darjeeling limited n'en demeure pas moins une gigantesque déclaration d'amour à l'adresse de la femme, qui n'est pas que l'avenir de l'homme, mais également sa raison d'être. Souvent absentes à l'écran (hormis par l'entremise d'une employée des chemins de fer aussi mimi que coriace), elles revêtent toutefois une importance capitale dans l'existence des trois frangins. Ils leur doivent leurs plus grandes joies, mais également l'air de chien battu qu'ils arborent pendant tout le film. Et niveau chiens battus, les trois acteurs se posent là. Avec pour points communs une classe naturelle et un tarin reconnaissable entre mille (cassé pour Owen Wilson, crochu pour Brody, en patate pour Schwartzmann), ils réalisent des prouesses, habitant littéralement leurs personnages avec une précision assez stupéfiante. Rarement des frères sur le papier auront été aussi frères à l'écran. Ils donnent au film son délicieux tempo, entre immaturité totale et raideurs d'adulte. Cet alliage délicat et parfaitement instable constitue d'ores et déjà l'image forte d'une année 2008 brillante, puissante, tout simplement époustouflante. Il serait criminel de passer à côté de cette pure pépite presque aussi belle que la vie. |
24-03-2008 Modern Love |
| Tailler un short aux comédies romantiques les plus toc tout en s'adonnant soi-même aux plaisirs du sentimentalisme : c'est tout l'enjeu de ce Modern love qui a notamment le tort d'arriver après le mauvais Toi & moi et l'excellent Ma vie n'est pas une comédie romantique. Mais le giga problème du film, c'est que la partie purement parodique (incarnée par Alexandra Lamy et Stéphane Rousseau dans le film dans le film) est souvent moins ridicule que les «vraies» romances dépeintes par Stéphane Kazandjian. Manquant singulièrement de liant et d'esprit, Modern love est une désespérante juxtaposition de scènes foireuses et déjà vues, pas aidées par une mise en scène sans style. Malgré son casting plein de têtes connues, Modern love ne fait pas longtemps illusion. D'abord parce qu'une distribution longue come le bras ne remplacera jamais un Gilles Lellouche. La plupart des comédiens sont mollement mauvais, mis à part un Pef toujours aussi singulier mais dont la margianlité n'est même pas exploitée. Même dans des rôles outrageusement simples à défendre, le duo Lamy-Rousseau ne parvient jamais à donner au film cet aspect délirant qui lui manque cruellement. Ça fonctionnait sans doute sur le papier ; à l'écran, le ratage est édifiant. Il n'y a là-dedans ni univers, ni dialogues solides, ni la moindre aspérité. Juste une intention visible mais pas satisfaite de rendre hommage à un genre tout en s'en moquant ouvertement. Et l'on se dit que, finalement, Kazandjian était meilleur lorsqu'il imitait les frères Weitz (pour un Sexy boys assumant pleinement sa connerie version française) que lorsqu'il tente désespérément de marcher sur les traces de Richard Curtis. Qu'il essaie d'être lui-même et il se donnera peut-être une chance d'être plus convaincant la prochaine fois. |
24-03-2008 Les Faussaires |
| Ayant ravi l'Oscar du film étranger au nez et à la barbe de bien des favoris (qui ne figuraient même pas dans les cinq derniers nommés), Les faussaires est en train de vivre une deuxième carrière, doucement mais sûrement. Il faut dire que le film de Stefan Ruzowitzky (Anatomie) est assez recommandable dans la mesure où il ne possède aucun défaut majeur. Racontant assez bien une histoire assez bonne (et tirée d'une histoire vraie sans que ce soit lourdement martelé au début ou à la fin du film), Les faussaires n'ambitionne jamais de verser dans le politique ou l'historique ; évidemment, les camps de concentration sont là, présents et obsédants, mais l'auteur a surtout une vraie intrigue à mettre en place, au-delà du simple récit des terribles conditions de vie des déportés. Voilà donc une histoire intéressante, tellement invraisemblable qu'elle ne peut qu'être vraie : celle d'une bande de faussaires juifs «engagés» par les nazis pour fabriquer de fausses livres sterling avant, pourquoi pas, de s'attaquer au dollar. Le film joue surtout sur le dilemme qui empoisonne les crânes des héros : faut-il obéir pour sauver sa vie, ou tenter ce saboter ce projet afin d'enrayer la machine nazie ? La faiblesse des Faussaires, c'est justement que cet enjeu est un peu le seul, et qu'il est exprimé de façon légèrement répétitive. Lorsqu'on a compris que n'importe quel traître en puissance serait exécuté sommairement au rythme d'un par quart d'heure, on se dépassionne un peu du destins des personnages principaux. Au final, le film lorgne plus du côté BD à rebondissements de la série Prison break que vers un réalisme estampillé «histoire vraie». C'est à la fois une force et une faiblesse. Mené par un acteur absolument génial, le film de Ruzowitzky s'impose comme un spectacle (si si) certes un peu sordide qui évite avec malice un côté lourdement édifiant. |
24-03-2008 L'Heure d'été |
| Ne se fier ni à l'affiche, ni au titre, ni même au premier quart d'heure du film : L'heure d'été n'est pas une énième comédie douce-amère sur une famille décomposée se retrouvant dans une maison de campagne pour faire le point. Sous des apparences gravement trompeuses, le nouveau Assayas (son premier en France depuis Les destinées sentimentales) révèle un tempérament et une atmosphère unique. Étiré dans le temps, proposant des petits moments de vie moins anecdotiques qu'ils n'en ont l'air, effectuant des transitions par le biais de fondus au noir très sobres, le film est une réflexion sur l'art, son utilité éventuelle, son rôle certain, sa place dans l'existence de chacun. Et un constat désabusé sur l'éclatement de l'unité familiale et la délocalisation des coeurs. Seul un auteur de cette trempe pouvait y parvenir. Il faut donc passer outre un début de film un brin conventionnel, qui établit de façon légèrement voyante les liens unissant les différents membres de cette famille. C'est ensuite, une fois survenue la disparition de la doyenne, que L'heure d'été trouve son équilibre. Assayas filme cette maison si encombrée de trésors comme il dépeint les trois membres de la fratrie, qui peinent à se débarrasser de ce passé trop lourd pour eux. Mille petits détails entretiennent l'émotion palpable et empreinte de dignité qui pèse sur le film. La visite d'experts en art, émerveillés par les innombrables objets d'art accumulés par la défunte comme autant de souvenirs d'une vie des plus riches, est une petite merveille. Tout comme le week-end festif donné par les ados dans cette maison dépossédée de son esprit. Au prix d'une remarquable économie de mots, Assayas orchestre un poème nostalgique et un peu grave qui enjoint chacun d'entre nous à réfléchir sur sa propre condition ainsi que sur le regard qu'il porte sur les autres. Un grand film minimaliste, comme le cinéma français nous en offre trop peu. N'y voir qu'un contrepied pris par le réalisateur pour filer à des lieues du côté un peu hype de ses derniers (et excellents) films serait une insulte. En revanche, il convient de constater qu'il est aussi doué dans tous les registres, aussi opposés soient-ils. Cela mérite une admiration sans bornes. |
24-03-2008 Rembobinez, merci ! |
| Soyez sympas, oubliez le titre français, sélectionné par une bande d'internautes sans scrupules ni sens du bon goût. Et ne retenez que ces quatre-vingt quatorze minutes venues d'ailleurs, c'est-à-dire de chez Michel Gondry, réalisateur franco-bricolo alliant fraîcheur et modestie, comme s'il ignorait qu'il constituait le top de la hype. L'excellente nouvelle de Be kind rewind, c'est justement que son côté «de bric et de broc» ne prédomine jamais sur l'aspect humain, tare qui tendait à rendre Human nature et La science des rêves légèrement frustrants (même si totalement indispensables au final). Devant le concept, des personnages, des vrais, qui constituent dans tous les sens du terme le coeur de ce film généreux et altruiste qui évite miraculeusement le pathos. À la base, il y a donc cette idée géniale et proprement absurde de refaire à la va-vite et avec les moyens du bord quelques films appartenant à l'inconscient collectif, de Rush hour 2 au Roi lion. L'occasion pour Gondry de se lâcher dans un délire visuel n'appartenant qu'à lui ; il n'a jamais filmé de façon aussi simple, ce qui relève ici de le bonne nouvelle, puisque s'installe rapidement une vraie proximité avec les personnages. La sincérité de cette délcaration d'amour au cinéma et au bricolage est des plus emballantes, et tant pis s'il y a des séquences foireuses ou des petits moments de solitude : Gondry creuse une nouvelle fois son propre portrait, celui d'un homme qui se pousse au cul pour faire sortir sa richesse intérieure et montrer qu'il n'est pas que ce type un peu timide, moche et décalé que l'on entrevoit au premier abord. Be kind rewind, c'est aussi une peinture du temps qui passe, de ses bienfaits comme de ses méfaits. Les films viellissent, les bandes jaunissent ? Tant mieux. Ou tant pis. La vie passe, les pages se tournent ? C'est la vie. Le constat est simple, assez fataliste, mais empreint de magie : les souvenirs et les petits ratages nous construisent, peut-être plus que les grands évènements qui jalonnent nos vies. Conclusion de ce propos un peu désabusé mais jamais dépressif : une dernière scène proprement bouleversante, façon Capra, qui dit la beauté du monde et des rapports humains. Pour un film fauché se déroulant en majeure partie dans un vidéo-club délabré, c'est un petit exploit. Gondry l'a fait, et l'on meurt déjà d'envie de dévorer ses mille prochains films à condition qu'ils aient un millième de la force de celui-là. |
13-03-2008 MR-73 |
| Avec MR 73, Olivier Marchal s'adresse ostensiblement à ceux qui considéraient que 36 quai des orfèvres n'était qu'une version vaguement cinématographique d'un épisode du commissaire Moulin. Vous voulez du cinéma? Marchal va vous en donner. Du sordide, du torturé, du filmé avec les tripes, de l'hémoglobiné. Mais il ne suffit pas de se prendre pour Sidney Lumet ; encore faut-il avoir un minimum de talent. MR 73 commence par le traditionnel carton «inspiré d'une histoire vraie», celui qui semble autoriser les auteurs à raconter n'importe quoi n'importe comment sous prétexte de retranscription de la réalité. Et c'est donc parti pour ce portrait d'un flic au bout du rouleau, qui traîne sa carcasse alcoolisée entre quelques bureaux sordides (y a pas de budget peinture, au ministère de l'intérieur ?) et des scènes de crime composées comme des tableaux de maître. Olivier Marchal fut lui-même policier, et sait donc a priori de quoi il parle ; mais il en rajoute tellement dans chaque détail de chaque description que son film en devient rapidement ridicule. Un peu comme quand Rambo raconte le Vietnam en pleurnichant et en ajoutant à la fin de chaque phrase «je sais ce que je dis, je l'ai vécu». Et donc, parce que monsieur Marchal s'est pris pour un auteur, il a choisi de livrer non pas un simple polar à clé, mais un véritable drame d'une noirceur sans nom, où les êtres ne sont que des machines à malheur souhaitant simplement une dernière valse avant d'aller mourir. La trame de MR 73 est à mourir de rire, mélangeant rédemption, vengeance et dénonciation des magouilles policières. Un peu de finesse aurait été le bienvenu, mais c'était sans doute trop demander ; les personnages sont écrits à la truelle et l'enchaînement des situations pue le cliché. Par exemple, en fin de film, Marchal met en parallèle l'arrivée d'un nouveau-né et la mort d'un personnage-clé. Un être s'éteint, un autre s'éveille. C'est beau comme une pub pour de l'eau minérale. MR 73 pue l'orgueil et la frime, tué dans l'oeuf par un désir artificiel de choquer son public. La violence froide et gratuite et les situations sordides choqueront sans doute le troisième âge ; certains détourneront peut-être les yeux de temps à autres ; mais qui peut être réellement impressionné par ça? Heureusement, Daniel Auteuil conserve une certaine crédibilité de bout en bout (il fait bien l'alcoolique), et donne à MR 73 ses moins mauvais moments. On n'en dira pas autant de Catherine Marchal et Olivia Bonamy, aussi mauvaises que leurs personnages sont mal taillés. Il faut dire que la pauvreté des dialogues (une grossièreté façon Bigard toutes les deux lignes) et l'incroyable fascination de Marchal pour les stéréotypes ne pouvait pas permettre à grand monde de sortir grandi de ce marasme pas recommandable du tout. |
03-02-2008 N'oublie jamais |
| Les histoires d'amour finissent mal, en général. Au cinéma, elles sont ennuyeuses et banales, en général. N'oublie jamais déroge à la règle, en offrant le récit d'une histoire d'amour tourmentée qui mit du temps à se construire et fut difficile à maintenir en l'état. Deux duos : il y a une cinquantaine d'années, le pauvre Ryan Gosling tombe amoureux de la riche Rachel McAdams, bientôt promise à un autre. De nos jours, dans une maison de retraite, James Garner raconte cette histoire à une pensionnaire, Gena Rowlands. Il y a une petite astuce de scénario mais elle n'est pas utilisée comme un twist final : le scénario est bien plus malin que ça. Aucune des étapes de la love-story impossible ne nous sont épargnées ; pourtant, l'alchimie fonctionne à merveille. On ne doute pas vraiment de la fin, mais il y a là-dedans un romantisme à toute épreuve, qui submerge et séduit. Cassavetes dessine avec finesse des personnages qui pourraient facilement tomber dans le cliché mais qui tiennent incroyablement bien. Bref, N'oublie jamais est un vrai petit miracle, l'une des plus belles histoires d'amour de ces dernières années. |
03-02-2008 J'aime travailler |
| Le monde du travail est un véritable lac aux requins. Un lieu commun? Peut-être. Sauf que Francesca Comencini a décidé de pointer du doigt un comportement bien précis, dont l'existence est avérée : le harcèlement moral. J'aime travailler conte comment, au lieu de la licencier purement et simplement, la direction d'une entreprise met tout en œuvre pour faire craquer une employée modèle mais indésirable. Mise progressivement au placard, cette jeune femme bien trop gentille et naïve avale une à une les vacheries qui lui sont balancées. On lui confie des tâches ingrates? Pas de problème. On donne son bureau à un autre et on lui file en échange une chaise dans un couloir? Si c'est pour le bien de l'entreprise, c'est d'accord. J'aime travailler est un témoignage édifiant, une mise en images du proverbe «Trop bon, trop con». C'est sans doute là que le film atteint ses limites : s'il décrit parfaitement le harcèlement moral, il n'a rien de profond à dire dessus et rien à raconter en parallèle. Et Nicoletta Braschi, dans le rôle de la bonne poire, est tellement lisse qu'elle en est foutrement agaçante. Le grand mérite de J'aime travailler est d'exister ; il aurait cependant plus d'impact en étant montré directement dans les entreprises plutôt que dans des salles de cinéma. |
03-02-2008 Eros |
| Projet assez curieux, Eros relève davantage de l'insolite que de la curiosité intéressée. Trois segments, trois metteurs en scène complètement différents, trois histoires tournant autour de l'amour… et trois mauvais films en un. Un catalogue de clichés sur l'amour là où l'unique intérêt d'Eros aurait pu être justement d'enfoncer les portes ouvertes. On n'apprend rien ni sur ce sujet ni sur les réalisateurs qui en parlent. Antonioni est un vieillard sénile et lubrique qui ne fait des films que pour voir de jolies filles à poil. Force est de constater qu'il les choisit bien, mais à part ça, son film est une ennuyeuse logorrhée sur l'érosion des sentiments. Il serait vraiment temps que le réalisateur génial des années 60 prenne une vraie retraite. Soderbergh fait souvent dans l'esbroufe et le tape-à-l'œil. Partis pris de mise en scène usés jusqu'à la moelle, avec alternance entre filtres bleus et noir et blanc stylisé. Visiblement influencé par Woody Allen et les frères Coen, il livre une farce onirique et psychanalytique qui en endormira plus d'un. On préfère quand Stevie fait dans le divertissement hollywoodien (ou le très très indépendant à la Schizopolis ou Bubble). Quant à Wong Kar-Waï, il aime le romantisme en toc et les bons sentiments surannés, utilisés sous couvert d'auteurisme et de classicisme alors que son cinéma est tout bonnement creux et vide. Ici, c'est une main sous les burnes qui remplace le bol de riz de In the mood for love au titre d'objet romantique de l'année. Qu'on me permette de pouffer sec. Il n'y a quasiment rien à tirer de cet Eros à la triste figure. Si c'est ça l'amour, mieux vaut sans doute ne jamais être amoureux. |
03-02-2008 J'me sens pas belle |
| Au départ, J'me sens pas belle ne fait pas spécialement envie. Marina Foïs et Julien Boisselier sont fort sympathiques, ce sont même des acteurs de qualité (surtout lui), mais on a sans doute mieux à faire qu'une heure et demie de théâtre filmé avec leurs deux seuls personnages. Et en effet, le film commence comme cela. C'est le récit du premier dîner de deux collègues avant qu'ils ne franchissent certainement le pas. Elle multiplie les gaffes, lui meurt d'envie de se tailler, c'est gentiment amusant mais on se demande bien ce qu'une intrigue de théâtre de boulevard vient faire au cinéma. Et puis, dans sa seconde moitié, J'me sens pas belle révèle une autre facette : le film se fait plus grave, chronique de la détresse profonde des célibataires parisiens, rongés par la solitude et les déceptions. Là, le film se fait plus cruel et amer, et Marina Foïs explose à l'écran. La mise en scène de Bernard Jeanjean capte à merveille les atermoiements de deux personnages complètement paumés. Et fait de J'me sens pas belle un film plus étrange que prévu, un objet plutôt déconcertant qu'il est de bon ton de découvrir. |
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