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 20-07-2007 Half Nelson
Qu'importe que Half Nelson soit un film un peu trop Sundance, c'est-à-dire indépendant et fier de l'être, exhibant son manque de moyens comme une qualité essentielle : parfois, une histoire simple et un grand acteur suffisent à donner de très bons films. Half Nelson est de ceux-là, orchestrant la rencontre entre un jeune prof doué mais toxicomane et une jeune élève un brin rebelle et en passe de mal tourner. Cela ne tournera ni à la glauquerie la plus totale, ni à la sauce hollywoodienne dégoulinante du genre Esprits rebelles meets Les choristes. Le film de Ryan Fleck est d'abord une affaire de personnages : beaux, francs, massifs, ils sont tellement bien écrit qu'on se serait presque contenté de les voir taper la discute pendant une heure et demie. Ç'aurait été trop facile pour ce jeune auteur ambitieux. Toxicomanie, misère sociale, poids de l'échec scolaire : ça fait beaucoup de sujets délicats pour un seul et même film, et pourtant Fleck jongle avec ces thèmes comme si rien n'était plus simple. On pourrait lui reprocher de ne faire qu'effleurer les sujets de façon à paraître artificiellement digne et mesuré ; pourtant, le style Fleck s'apparente davantage à de la délicatesse réfléchie et déterminée. Il y a tout de même des maladresses dans Half Nelson, notamment ces séquences revenant à intervalles réguliers et dans lesquelles les élèves du prof Dunn (Ryan Gosling) exposent face caméra (images d'archives à l'appui) des évènements historiques ayant trait à l'exclusion, la confrontation, la domination. Un peu lourd pour un film qui, le reste du temps, sait se faire discret et observateur. De toute façon, Half Nelson ne serait sans doute rien sans Ryan Gosling, le grand acteur qui monte, capable de faire vivre n'importe quel rôle avec une aisance proprement hallucinante. Pas étonnant qu'il ait été nommé à l'Oscar pour ce rôle : il passe de la nonchalance la plus totale à une profonde gravité en un clin d'oeil, faisant passer comme une lettre à la Poste l'ambivalence d'un personnage certes bien écrit mais toujours difficile à défendre. Face à lui, la jeune Shareeka Epps est une petite rebelle fort méritante, parvenant quasiment à équilibrer ce duo de fortes têtes, la grosse réussite de ce film parfaitement indépendant - à défaut d'être parfait tout court.
 12-07-2007 Harry Potter et l'Ordre du Phénix
À la baguette, David Yates, dont ce sont quasiment les premiers pas au cinéma (il a auparavant réalisé d'excellentes séries britanniques). Pari audacieux pour la Warner, qui confie à nouveau un film d'une telle dimension à un jeune cinéaste (après avoir engagé Alfonso Cuaron sur Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, le meilleur film de la série). La scène d'ouverture donne clairement raison aux producteurs : immédiatement, il semble que Yates ait su imprimer à son film un style réaliste, d'une violence sourde et froide, pour un rendu à la fois magnifique et terriblement effrayant. Entre Loach, Cuaron et Spielberg. Les pupilles se dilatent, l'intérêt croît, que l'on soit ou non un aficionado de la saga Potter. La demi-heure suivante est à l'avenant : dans des décors toujours plus stupéfiants, les éléments majeurs du film se mettent en place, l'ambiance est inquiétante à souhait, et Yates insuffle au film un ton délicieusement british cadrant parfaitement avec le style de JK Rowling. C'est en fait à l'arrivée à Poudlard que les choses commencent à se gâter, pour les personnages comme pour le spectateur. Ceux qui ont lu et relu les romans nous avaient prévenu : le cinquième tome des aventures de Harry Potter est aussi le plus mauvais, un simple livre de transition doublé d'un certain manque d'inspiration de l'auteur. Résultat : en son centre, Harry Potter et l'ordre du Phenix ressemble aux Choristes version Thatcher. Cette histoire de récupération de Poudlard par le ministère de la magie aurait pu être intéressante dans le cadre d'un film unique ; au coeur d'une saga aussi ambitieuse, elle n'apparaît que comme un moyen de faire durer un peu plus, d'étirer les enjeux à l'envi. Heureusement, dans le rôle de Dolores Ombrage, celle par qui les emmerdes arrivent, Imelda Staunton livre une performance remarquable. Passant en un clin d'oeil d'une hystérie revêche à un calme angoissant, elle est le personnage-clé du film, main de fer dans un gant de velours. Elle éclipse d'ailleurs tous les personnages qui occupaient autrefois le premier plan : que les fans de Ron, Hermione, Hagrid et des autres professeurs se préparent à ronger leur frein. Pendant ce temps, essayant tant bien que mal de combler les lacunes d'une histoire peu passionnante, David Yates se prend les pieds dans le tapis. D'abord épatante, sa mise en scène devient rapidement ampoulée, et d'une hétérogénéité assez étrange, comme si plusieurs réalisateurs aux styles bien différents avaient tourné un morceau du film à tour de rôle. Cela nuit évidemment à la lisibilité d'un film où même les moments les plus forts sont un peu ratés : «la» scène entre Bellatrix Lestrange (Helena Bonham Carter, absolument nulle, se croyant encore chez Burton) et Sirius Black est ainsi complètement saccagée, l'émotion qu'elle aurait dû procurer restant au placard. Évoquant Star wars, le combat final est d'une ringardise absolue, d'autant qu'on ne saisit pas vraiment quels en sont les véritables enjeux. Là, visiblement perdu, Yates se met à filmer comme Renny Harlin (ce qui n'est pas vraiment un compliment). Au bout du compte, on se dit que 2 heures 17 (une concision fort louable) pour arriver à des conclusions aussi simplettes que «rien ne remplace l'amitié» et «il ne peut en rester qu'un» (façon Highlander), c'est un peu agaçant. Il faut alors se contenter de quelques friandises : outre la délicieuse prestation d'Imelda Staunton, on se régalera gentiment de l'évolution sentimentale des personnages (le premier baiser de Harry et Cho vaut le coup d'oeil, même si celle-ci finit par disparaître du film de façon inexpliquée), d'un humour un peu bas de plafond mais toujours bon enfant (les jumeaux Weasley trouvent enfin leur place), et de quelques scènes d'une vraie beauté (le mur des amendements). Ces petits plaisirs multiples poussent le spectateur le plus hostile à se montrer indulgent et à ne pas trop trépigner lors des séquences les plus ennuyeuses. Paraît que le sixième roman est largement supérieur au cinquième ; malgré l'impression mitigée laissée par L'ordre du Phenix, et bien que ce soit à nouveau David Yates qui s'y colle, force est de constater qu'on a déjà hâte de voir le prochain film. C'est bon signe.
 12-07-2007 Hostel - chapitre 2
Deux années après Hostel, Eli Roth revient, plus confiant que jamais. Il faut dire qu'il fait désormais partie de l'écurie Tarantino, tellement respecté par le roi Quentin qu'il a été chargé de réaliser l'une des fausses bandes-annonces qui relient les deux segments du projet Grindhouse version US. Auréolé du joli succès de Hostel, Roth remet le couvert, annonçant aux spectateurs du monde entier qu'il a l'intention de leur en mettre plein la tronche. Cela semblait être le credo de Hostel – chapitre II : reprendre le même postulat que pour le premier épisode (Slovaquie, une auberge, un centre de torture professionnelle) en l'adaptant au féminin, et surtout en décuplant le degré d'horreur. Le film est une nouvelle preuve du fait qu'agir, c'est mieux que l'ouvrir : les scènes d'horreur sont rares, brèves et souvent frustrantes, pour la plus grande déception du spectateur. Il aura fallu attendre trois quarts d'heure pour assister aux premières exactions : comme dans le volet précédent, Roth expose tranquillement le voyage des héroïnes et comment elles s'apprêtent à tomber dans le piège slovaque. Le fait que les personnages principaux du film soient cette fois des femmes rend le début de film moins beauf, plus sexy. Ce qui n'empêche pas une certaine impatience de passer aux choses sérieuses. Autre nouveauté : Roth se place également du point de vue des bourreaux en herbe, et notamment deux cadres américains venus se payer du bon temps. Chose amusante : les deux acteurs (Richard Burgi et Roger Bart) sortent tout droit de Desperate housewives, preuve que côtoyer les habitantes de Wisteria Lane ne peut que donner envie de tuer. La montée en puissance s'opère, une première scène (ce qu'on appelle littéralement un bain de sang) semble sonner le début des réjouissances… et puis d'un coup, plus rien. Ou plus grand-chose. Car à la faveur d'un retournement du scénario, les tortures prévues et annoncées n'auront pas lieu (pour la plupart). Le suspense de Hostel était certes putassier mais il était bel et bien palpable ; ici, non. Le film se termine avant même d'avoir vraiment commencé, confirmant qu'Eli Roth, à défaut d'un grand talent, possède surtout une grande gueule. On a définitivement à faire à un ado attardé, qui cherche à choquer à tout prix ; sauf que là où le teenager lambda se contente de montrer son trou de balle aux copains, Roth se sert de sa caméra et livre des scènes dont la gratuité n'a d'égal que la vacuité (en plus de n'avoir aucun lien avec le reste de l'intrigue). Il y a notamment une scène avec une bande d'enfants qui semble n'avoir été faite que pour scandaliser le public. Alors que la seule raison pour laquelle on peut la trouver choquante, c'est qu'elle est absolument nulle. Après l'apparition de Takashi Miike dans le numéro 1, c'est autour de Ruggero Deodato (auteur réputé du terrible Cannibal holocaust) devenir faire un coucou au détour d'une scène de cannibalisme ; ce clin d'œil ô combien amusant est l'estocade fatale subie par le film, qui montre à quel point Roth est un cinéaste miteux qui se contente de copier ses modèles en priant pour que ça passe. Il risque de ne plus faire illusion longtemps.
 12-07-2007 Le Contrat
Prenez une série B donc personne n'avait entendu parler jusqu'ici malgré un casting intéressant, et soudainement distribuée en plein mois de juillet. une fois sur dix, c'est un petit miracle. Les neuf autres fois, c'est ce qu'on appelle une sortie technique, le film que les distributeurs sortent discrètement pour respecter leurs quotas tout en restant très discret (mieux vaut taire la sortie des très mauvais films). Malheureusement, Le contrat est de cette race-là, course-poursuite en morne plaine qui ne manquera pas d'anesthésier le moindre spectateur courageux. Torché vite fait mal fait par un faiseur de première nommé Bruce Beresford, Le contrat suit un bon père de famille (ce cher John Cusack) contraint d'escorter un tueur à gages (Morgan Freeman, concentré sur son chèque) pour pouvoir protéger son fils. Derrière eux, une demi-douzaine d'hommes de main surentraînés, prêts à tout pour récupérer leur collègue. Ça donne une poursuite plus planplan tu meurs, inutilement agrémentée d'un arrière-plan politique, avec complot à la clé. Et ça transforme du même coup un film d'action ennuyeux en un produit complètement tartignole, touchant au ridicule lorsque son metteur en scène se prend pour le petit neveu de Pakula et Coppola. À cet égard, la conclusion est édifiante : non seulement Le contrat est mauvais, mais en plus il pète plus haut que son cul. Et malgré ce mois de juillet bien maussade, vous avez certainement beaucoup mieux à faire.
 12-07-2007 Tenacious D in : The Pick of Destiny
Il l'avait déjà montré dans High fidelity et Rock Academy : Jack Black est un type très rock'n'roll, et son léger surpoids ne l'empêche en rien d'être une véritable bête de scène. Avec son copain Kyle Gass (aussi rond et carrément plus chauve), il a créé le groupe Tenacious D, avec l'intention affichée d'en faire rien de moins que le plus grand groupe du monde. Du moins au second degré. De fil en aiguille, Tenacious D est devenu une sorte de groupe culte, dont les compositions délirantes et interdites aux moins de 12 ans font le bonheur d'un public un peu restreint mais tellement heureux. Il fallait bien un film pour raconter la rencontre des Tenacious D et l'aventure homérique qu'ils ont vécue. Car si les Tenacious D sont bel et bien le plus grand groupe du monde, c'est pour une raison bien précise. Pas seulement le talent, ni même le génie, mais un mediator sacré, the pick of destiny, avec lequels les plus grands guitaristes ont composé et interprété les meilleurs morceaux que la Terre ait porté. Ça donne un film évidemment délirant, forcément foutraque, où Jack Black donne libre cours à son sens de l'improvisation et du happening, faisant un peu d'ombre à un Kyle Gass qui ne se laisse cependant pas faire. Si les aventures vécues par le groupe sont assez inégales et parfois même un peu ennuyeuses, il y a là-dedans suffisamment de délire pour convenir parfaitement à une séance en groupe, quelques bières dans le gosier et la bonne humeur en bandoulière. Tenacious D in : The pick of destiny ne révolutionnera pas l'histoire du film (ni même celle du film-de-musicos), mais son capital sympathie est suffisamment fort pour tenir le spectateur en éveil jusqu'au bout du bout.
 09-07-2007 Harry Potter à l'école des sorciers
À la lumière de ce qu'on a pu en voir depuis, la saga Harry Potter n'est pas franchement pour les enfants. Les morts violentes s'y succèdent de manière plus en plus fréquente, les enjeux sont complexes, la douleur latente. On ne s'en serait guère douté à la vue de ce Harry Potter et l'école des sorciers, première visite à l'école de magie de Poudlard. Devant la caméra de Chris Columbus, L'école des sorciers est une aventure féérique et rigolote, dans laquelle des gamins futés tiennent la dragée haute à des adultes un peu bornés (finalement, le même schéma que Maman j'ai raté l'avion, du même Columbus). Le charme du film vient du fait que Columbus assume parfaitement le côté «film pour enfants», alors que JK Rowling avait d'ores et déjà annoncé que son aventure en sept volumes avait une ambition toute autre. Un peu long pour un film de ce type (plus de 2h20), Harry Potter et l'école des sorciers souffre de vraies longueurs, même si au final rien ne semble vraiment inutile. Ni l'exposition des personnages et des situations (il faut bien ça pour rendre l'heptalogie compréhensible), ni les multiples mésaventures du légendaire trio Harry / Ron / Hermione. Avec leurs bouilles de bébés, ils ne se démontent pas face aux monuments que sont Alan Rickman ou Robbie Coltrane (Hagrid, le nounors idéal). Malgré son suspense un peu mou, Harry Potter et l'école des sorciers remplit plutôt bien son contrat : séduire un large public, donner envie aux novices de découvrir les romans de Rowling, et attendre avec impatience les six épisodes à venir. Fallait le faire.
 09-07-2007 Harry Potter et la chambre des secrets
Avant que la Warner ne décide de confier chaque Harry Potter à un réalisateur différent, Chris Columbus a eu le temps de diriger les deux premiers. ce qui semble être un hasard tombe plutôt bien, puisque les deux premiers romans sont encore «tous publics», tandis que les suivants commencent à se corser sérieusement. En attendant, on prend les mêmes et on recommence : notons simplement l'arrivée de Kenneth Branagh en bemmâtre froussard. À part ça, Harry Potter et la chambre des secrets reprend exactement la même construction : intro potache et rigolote, (re)découverte de Poudlard, cours plus ou moins passionnants, élément perturbateur inquiétant (mais pas effrayant pour deux sous)... Difficile de dire si cet épisode est meilleur ou moins bon que le précédent, tant les deux films semblent proches. L'intérêt principal de La chambre des secrets est surtout de consolider l'attachement du spectateur pour les personnages, et de lui faire trouver sa place dans un univers qui va considérablement s'assombrir dès l'aventure suivante...
 09-07-2007 Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban
Alors quasiment inconnu, Alfonso Cuarón fut le lapin sorti du chapeau Warner, le metteur en scène que l'on n'attendait pas, devançant in extremis une demi-douzaine de réalisateurs chevronnés. Une prise de risques qui porte ses fruits : Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban est jusqu'ici le meilleur film de la série. Plusieurs faits expliquent cette réussite. D'abord la mise en scène du Mexicain, stylisée et efficace, brillant prélude aux Fils de l'homme. Ayant parfaitement saisi les enjeux de l'adaptation de Steve Kloves (fidèle scénariste des quatre premiers films, avant d'être brusquement débarqué), Cuarón livre un film étonnamment lisible. Les pièges étaient nombreux : le film est notamment construit autour d'une histoire complexe de voyage dans le temps, et plus d'un cinéaste s'y serait pris les pieds. Mais la mise en scène de Cuarón n'aurait aucun intérêt si le fond du Prisonnier d'Azkaban n'était pas aussi intéressant. Les héros ont beau n'être encore que des ados, leur lent glissement vers l'âge adulte connaît ses premiers problèmes. L'histoire pose enfin de façon concrète les véritables enjeux de la suite et les drames personnels des personnages principaux (notamment la mort des parents de Harry, et le fait qu'Hermione soit une fille de Moldus), faisant des troubles de l'identité le sujet principal du film. Les personnages interprétés par Gary Oldman et David Thewlis sont parmi les plus intéressants de cette première partie de saga. Et malgré, une nouvelle fois, quelques longueurs (quasiment inévitables, en conséquence du style ampoulé de Rowling), Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban est un parfait film de transition, conditionnant parfaitement le spectateur à vivre des heures de plus en plus noires dans l'école de Poudlard.
 09-07-2007 Shrek
Au commencement était un ogre, vert et puant, vivant paisiblement dans un marais nauséabond. Shrek raconte la rencontre de cet ogre avec une jolie princesse (qui s'avèrera un peu plus tard est l'exacte égale du héros) et un âne bâté visiblement shooté aux amphétamines. À la fois hommage et parodie, Shrek se base en tout cas sur les contes les plus célèbres, souvent mis en images de façon impeccablement classique par les Studios Disney d'après-guerre. Ça donne un film tendre et gentiment drôle, qui rebondit fréquemment sur la case scato pour pouvoir trouver un nouveau souffle, mais qui ne perd jamais le fil de ses intentions. Plus que par son scénario gentil mais planplan, c'est par la force de ses personnages que Shrek force la sympathie. Autour de Shrek, le plus sérieux de la bande (comme le vieux flic buriné dans la plupart des buddy movies), gravitent donc cet âne d'anthologie, auquel Eddie Murphy confère une énergie et un style inimitables, cette princesse sexy et téméraire, parfait contrepoids à la bonhommie de l'ogre, et quelques personnages secondaires mais essentiels, notamment lord Farquaad, véritable petit Sarkozy, boule de nerfs et de mauvais esprit, prêt à tout pour arriver à ses fins. Se terminant en chansons (la BO est d'ailleurs très recommandable), Shrek est un spectacle à peu près familial et plutôt divertissant, qui n'atteint jamais le niveau des productions Pixar, mais pose des bases solides pour l'avenir des films d'animation Dreamworks.
 09-07-2007 Shrek 2
Fidèles à l'adage hollywoodien «succès = suite», les studios Dreamworks rempilent pour un deuxième volet des aventures de Shrek. Lord Farquaad définitivement éliminé, la princesse Fiona redevenue l'ogresse qu'elle aurait toujours due être, il est temps pour Shrek de vaquer à d'autres occupations. C'est à nouveau l'occasion pour les auteurs de livrer un script paisible et sans guère d'aspérité : Shrek part avec son amoureuse rencontrer ses nouveaux beaux-parents. Quelques embûches feront à peine cahoter le train-train d'un film trop bien huilé, ressemblant de très près au premier épisode. L'évolution des personnages ne sert pas vraiment le film : en passant au vert, la princesse a perdu sa vivacité et son sens de la répartie, devenant aussi molle que la grosse meringue à laquelle elle ressemble. Combinée à la disparition du haineux petit Farquaad, cette métamorphose enlève au film la dose de mauvais esprit qui faisait son charme. Et ce n'est pas l'apaprition d'un personnage aussi faible que le Chat Potté qui permettra à Shrek 2 d'augmenter son capital charme... C'est en fait du côté de la technique que vient le salut. Plus beau, plus lisible que le film précédent, Shrek 2 ravit l'oeil à défaut de contenter les zygomatiques. Ceux-ci frémiront tout de même plus d'une fois, notamment par l'abattage des personnages de troisième zone, notamment Pinocchio et le bonhomme en pain d'épice. Ça fait de Shrek 2 un spectacle finalement équivalent à Shrek, ni plus génial, ni plus mauvais. Et comme ça finit une nouvelle fois par des chansons...
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