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Fox
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Ses critiques de films
 17-07-2007 Showgirls
Il y a deux écoles quand il s'agit de voir un film de Paul Verhoeven : la première consiste à considérer qu'au travers de la grande homogénéité de son oeuvre et de son côté bulldozer frondeur, le hollandais violent est un génie intouchable qui magnifie tout ce qu'il entreprend, même lorsque cela semble mauvais. La seconde considère qu'il a fait des grands films, d'autres mineurs et certains franchement catastrophiques. En atteste la note qu'accorde cette critique à «Showgirls», l'auteur de ces lignes penche pour la seconde solution. Et s'explique : on peut résumer «Showgirls» à une critique de l'arrivisme comme composante du rêve américain, et de Las Vegas comme un bourbier infâme. C'est effectivement ce que décrit Verhoven, ou plutôt ce qu'il montre. Le problème, c'est que trouve-t-on quand on sort de là ? Rien. Si : des nibards. C'est déjà ça mais c'est peu, ce d'autant que la chair est triste, éclairée par 2.500 tonnes de néons et soulignés par une réalisation façon «Mes meilleurs films érotiques du dimanche soir sur M6». Les actrices (pas de noms, on ne tire pas sur des ambulances) cachetonnent péniblement entre deux scènes de danse de très bas niveau, l'histoire se traîne comme un 15 tonnes tracté par un vélo à roulettes, le scénario a demandé depuis longtemps l'exil diplomatique au Nicaragua, bref c'est la débandade, sans mauvais jeu de mot. Las Vegas, univers pourri ? Possible, mais pas ici. Car ici, ce n'est pas Las Vegas, ce sont quatre grosses bicoques en carton pâte, avec deux scènes de fesses soporifiques pour meubler les intérieurs/extérieurs. Déshumanisé, le rêve américain ? Il a en tout cas lobotomisé les interprètes, qui mériteraient collectivement le «prix Dolph Lundgren». «Mais c'est Paul Verhoeven, enfin !?!» Et alors ? Quand Paul Verhoeven filme les scènes saphiques les plus bêtement racoleuses et les dialogues les plus empruntés sur le thème de «jusqu'où es-tu prête à aller pour réussir ?», il pourrait s'appeler Max Pécas que cela ne changerait pas grand-chose. Laissez ce film aux oubliettes et retournez plutôt voir «La chair et le sang», vous ne perdrez pas votre temps.
 16-07-2007 L'oiseau Au Plumage de Cristal
Il faut revoir aujourd'hui la trilogie animalière de Dario Argento (»L'oiseau au plumage de cristal», «Le chat à neuf queues» et «Quatre mouches de velour gris») pour comprendre d'où naissent les obsessions du réalisateur. Premier film, premier giallo, «L'oiseau...» souffre du poids des ans : la photo, péniblement datée, nous renvoit plus vers l'inspecteur Derrick que vers «Suspiria» ou «Inferno». S'y arrêter serait pourtant une erreur. Dès les premiers plans, la caméra traque l'illusion : cette agression dont le héros est le témoin, coincé dans une structure de verre qui ne lui autorise ni implication ni fuite, est le premier noeud d'un enchevêtrement de pièges et de trompe-l'oeil. La marotte de Dario (montrer au spectateur la clé de l'énigme tout en trompant son attention) trouve ici sa première application. Par la suite, le film s'appuie sur une galerie de protagonistes bien troussée (l'artiste et ses chats offrent une scène mémorable) et sur quelques effets de tension un peu trop appuyés (on fait jouer des poignées, on regarde par des trous de serrures, on contemple des ombres en plongée à foison ici !). La maîtrise est déjà là, elle ne s'est pour autant pas encore affranchie des poncifs du genre. Mais Dario n'en a cure, qui magnifie les meurtres à l'arme blanche et filme, j'allais dire «amoureusement», les assassinats de frêles jeunes femmes. N'attendez pas autre chose de «L'oiseau au plumage de cristal» qu'un très honnête giallo mais n'en attendez pas moins non plus. Quant à célébrer la virtuosité de l'italien, il faudra attendre encore 6 ans et la sortie de «Profondo rosso» (aka «Les frissons de l'angoisse») pour commencer à lui tresser ses louanges.
 13-07-2007 Phenomena
Considéré comme le début de la chute du cinéma d'Argento, «Phenomena» reste un film honorable, estimable, très au-dessus du commun des films d'épouvante. C'est surtout un digest des obsession de son auteur : s'y rencontrent pêle-mêle sa fascination pour les intrigues animalières (ici, les insectes et plus principalement le «grand sarcophage» mais également le singe du professeur), son goût pour la manipulation visuelle (une fois de plus, le spectateur peut tout voir et ne remarque rien), ses codes chromatiques (le bleu y est particulièrement spectaculaire), l'utilisation récurrente chez lui de l'élément liquide (tout le finish dans le lac), de la mort qui surgit en surface (la fosse à cadavres), de l'hallucination (ici, des crises de somnambulisme)... Exploitant un casting plus percutant que d'habitude (la fidèle Daria Nicolodi est ici encadrée de la très jeune Jennifer Connelly, particulièrement remarquable, et du vieux briscard Donald Pleasence), Argento téléscope ses thèmes fétiches, au mépris d'un scénario bringuebalant et parfois du bon goût (certaines scènes frôlent le ridicule de très près). Musicalement, «Phenomena» accorde encore beaucoup d'importance à ce qui reste de Goblin mais tente aussi une ouverture vers le heavy metal, avec Iron Maiden (»flash of the blade») et Motörhead : l'idée était séduisante, le résultat beaucoup moins. Le film est ainsi, toujours sur la corde, parfois brillant (le côté presque impressionniste de ses crises de somnambulisme), parfois terriblement fauché (la nuée de mouches sur les parois de la pension...). C'est tout à la fois le charme et la limite du cinéma d'Argento, qui ici ne transcende pas son sujet mais ne le trahit pas non plus.
 13-07-2007 Persépolis
1978, Téhéran. Les idéaux démocratiques et l'espoir né avec le court intérim au pouvoir de Mossadagh 25 ans plus tôt renaissent. Malgré la répression, malgré l'indifférence du monde occidental, les iraniens vont renverser le Shah. A travers les yeux d'une petite fille, Marjane, ces manifestations prennent des allures homériques. Tout se téléscope : le communisme, qu'elle imagine être un grand souffle de liberté, les anciens prisonniers qu'elle idéalise, Allah qui a une bonne bouille joufflue et un goût déjà prononcé pour les relations humaines rentre-dedans. Mais c'est la révolution islamique qui se profile, avec ses ambiguïtés, ses errances, sa violence. 15 ans de la vie d'une jeune iranienne, c'est cela Persépolis. Une histoire racontée à hauteur de jeune femme, qui peut se permettre des raccourcis puisqu'un témoignage n'a pas valeur d'exhaustivité. Pour qui se passionne pour l'Iran, le récit peut parfois faire tiquer, mais ce n'est pas une fresque monumentale : nul besoin d'aller décrire les collusions du régime du Shah ou de nuancer la critique ici arbitraire du régime de Khomeini (l'ambiguïté de ce régime vis à vis des femmes mériterait à lui seul un film de 4 heures). C'est une tranche de vie pas comme les autres, brillamment illustrée par une animation élégante et profondément cinématographique : élipses, contre-plongées, travellings impressionnants, pas de doutes, c'est de l'animation adulte, tout à la fois très traditionnelle (dans le dessin) et profondément moderne (dans le ton). Pour qui se demande, à l'heure où l'Iran est unanimement montré du doigt pour sa position belliqueuse contre Israël, comment cette région du Globe en est arrivée là, le film offre une première approche. Libre à chacun d'approfondir ensuite, de découvrir les grandes dynasties (achéménides, séleucides, sassanides), la naissance de la monarchie des Shah puis les 30 années de régime islamique. Persépolis vous ouvre des portes, mais propose avant tout un regard tendre, amusé et responsable sur ce qu'une petite fille qui voulait devenir une femme a put raverser durant cette période, entre hard-rock et amours de jeunesse, entre liberté de parole et désir d'intégration. Sur toute la ligne, c'est une réussite.
 13-07-2007 Independence day
Ca me chiffonne que vous soyez en train de lire ma critique. Parce que, si ça se trouve, vous appréciez sincèrement ce film. Je n'exclue pas que vous ayez pris un réel et sincère panard devant «Independance day». Donc ce que je vais écrire est cruel, mais ce n'est que ma vérité : ce film est une bouse. Bouse patriotique, car elle s'escrime à faire croire que non contents d'être le gendarme du Monde, les Etats-unis en sont aussi les sauveurs au sens messianique du terme. Bouse artistique car les acteurs se caricaturent dans le meilleur des cas (Goldblum) et font n'importe quoi dans tous les autres rôles (Will Smith). Bouse esthétique car les cadrages sont dignes de «Tenir une caméra pour les nuls», les effets spéciaux sentent le rance et en dehors de voir des gerbes de flammes débarouler périodiquement à l'écran, on ne risque pas d'apercevoir quelque chose qui en vaille la peine. Bouse scénaristique car le président capable de piloter l'avion de chasse dernière technologie, l'alliance du gentil black et du gentil juif, les extra-terrestres au look de sempiternelle redite et le pitch grotesque de leur élimination ne sont que quelques-unes des idées calamiteuses jetées à l'écran (personnellement, j'éclate de rire en voyant le super chien de la présidente échapper aux flammes dans le tunnel, mais chacun son idée à la con préférée, hein ?). Oui, «Independance day» sent fort le champ de vaches du Limousin. Ricain dans ce que ce diminutif contient de plus clichesque, il aligne tous les pires poncifs, le must du must étant le speach du président américain, finissant en ces termes (si vous n'êtes pas assis, allez vous chercher un siège, ça peut faire mal au postérieur) : «Le 4 juillet ne sera plus connu la fête nationale américaine, mais comme le jour ou le monde a déclaré d'une seule voix : Nous n'entrerons pas dans la nuit sans combattre ! Nous ne voulons pas disparaître sans nous battre ! Nous allons vivre, nous allons survivre... Aujourd'hui nous célébrons le jour de notre indépendance !» Comment tenir deux heures devant un spectacle si navrant qu'il ne parvient qu'à faire rire épisodiquement et au 38ème degré ? Peut-être en jouant au scrabble et en plaçant en plaçant un «bouse» en mot compte triple...
 13-07-2007 Ma petite entreprise
Entre deux superflics en pleine carnage de voitures et deux gros robots qui démolissent un immeuble, il est rafraîchissant de se poser devant un film pas trop con, plus proche de nous et qui nous parle de notre société à hauteur d'hommes. Pierre Jolivet s'est fait une spécialité de ces chroniques urbaines douces-amères, et «Ma petite entreprise» en est un bon témoignage. Derrière l'histoire d'Ivan, un chic type, partagé entre sa boîte qu'il tient à bout de bras et sa cellule familiale éclatée, c'est une belle galerie de portraits tendres qui se déploie. Jolivet ne cherche ni les effets de manche ni les écrans de fumée. Ses personnages sont toujours un peu plus sympa, un peu plus sensibles, un peu plus complices que dans la réalité, et il le sait. Dans «Ma petite entreprise», l'assureur-escroc est irrésistible de félonerie, le régulier de l'ex-femme est un type charmant et un gamin de 12 ans peut pirater l'ordinateur central d'une grande compagnie. Peu importe la crédibilité, ce qui importe, c'est la leçon de débrouille, le message positif et la bouffée d'air frais que peut procurer un tel film, simple, drôle, attachant. Les interprètes sont tous excellents, avec un François Berléand particulièrement en verve dans un rôle qu'il affectionne, celui de la crapule veule et lâche qui est finalement si humaine. Dans l'univers des comédies sociales, Jolivet n'a pas à rougir devant ses homologues britanniques. Léger et euphorique comme une bulle de savon sans jamais perdre de vue la défense de ceux qui galèrent, «Ma petite entreprise» est une affaire qui tourne.
 12-07-2007 Le septième sceau
Une plage, le bruit du ressac et deux individus qui jouent aux échecs. L'un d'entre eux, Antonius Block, revient des croisades avec son écuyer. Il est amer, désabusé, comme peut l'être quelqu'un qui se demande pourquoi il a tué. En face de lui, la Mort, déterminée, rusée. Autour d'eux, des forains qui jouent la comédie, des villageois livrés à eux-même et un climat qui n'appelle pas au festin : c'est la peste, qui frappe tout le monde sans distinction. Mais Block ne veut pas mourir si tôt, il veut comprendre avant pourquoi il a vécu. Tant que la Mort n'aura pas mis son roi en échecs, il pourra continuer à chercher. Cette quête, cette réflexion sur ce qui donne un sens à une existence, c'est ce qui guide Bergman à travers ce film. On aurait tôt fait d'y voir un pensum intello et indigeste : funeste erreur. «Le septième sceau» célèbre la vie, et n'hésite pas à prendre des accents de comédie. Le couple de Jof et Mia apporte une respiration permanente à un film profond mais jamais hors d'atteinte. Démonstration par A + B (en alphabet suédois, certes) qu'on peut apporter du fond sans rendre la forme impénétrable, «Le septième sceau» ne souffre que de sa langueur, de ce paisible balancier qui le berce et donne parfois au spectateur l'impression que le film n'avance pas, ou pas beaucoup, ou pas très vite. Mais le rythme joue aussi dans le charme cérébral qui se dégage de l'oeuvre. Orfèvre en la matière, Bergman propose une leçon de mise en lumière (ses ombres et ses dégradés sont toujours splendides) et amène progressivement ses personnages (tous fouillés, tous travaillés) vers un final magnifique, morbide sarabande qui clôt ce conte onirique. Le fantastique selon Bergman a de la tronche, celle de Max Von Sydow qui en fera plus tard son fond de commerce. Un très beau film.
 12-07-2007 Le fugitif
Il est du «Fugitif» comme de bon nombre de ses congénères blockbusters américains : plaisant et aussitôt oublié. La différence notable avec celui-ci, c'est que la réalisation s'y avère moins paresseuse qu'à l'accoutumée et que les scènes d'action s'illustrent par une certaine sécheresse, un côté «simple et sans compromis» tout à fait agréable. Pour le reste, c'est l'éternelle histoire de l'innocent accusé qui va traquer le véritable meurtrier tout en échappant à la justice, un classique à côté duquel les cow-boys et les indiens ferait figure de trouvaille dans un western. Ni meilleur ni pire qu'à l'accoutumée, Harrison ford trimbale sa panoplie de 2 expressions de visage et apporte sa présence physique lors des scènes qui le nécessitent. En face, Tommy Lee Jones joue sa partition de marshall avec une assurance toute eastwoodienne. C'est basique, c'est bien foutu, ça ne cherche pas à coller à la série (I'm not a prisoner, I'm a free man !), et ça bénéficie d'un montage efficace. Ne cherchez pas midi à quatorze heures : si cela passe un soir dans le poste et que vous avez juste envie de vous détendre, sans autre ambition, «Le fugitif» fera l'affaire. N.B : Le début du film ourra vous abuser, mais non, Harrison Ford n'a toujours que deux expressions de visage... C'est la barbe qui donne l'impression d'en voir une troisième.
 12-07-2007 Volte-Face
Inutile de revenir sur la palanquée de tics et de symboles dont John Woo a fait sa marque de fabrique et qui abondent dans ce «Volte-Face». Histoire de trancher avec les critiques précédentes, nous allons partir d'un postulat «à la Magritte» : ceci n'est pas un film d'action. Certes, ça pète de partout, ça canarde à tout va, on fait exploser des voitures, un avion, une prison d'Etat, un appartement huppé, il ne manque qu'une boulangerie-pâtisserie française et un sanctuaire tibétain et on avait fait le tour de ce qui peut se démonter à grands renforts de flammes et d'impacts de balles. Et pourtant, ce n'est pas un film d'action. Voyons plutôt «Volte-Face» comme une comédie gentiment perverse, malgré une fin dont la lourdeur de la morale nous rappelle les pires heures de nos messes de minuit en famille. Le charme du film, c'est la façon dont deux acteurs qui posent les attitudes, le caractère et la gestuelle de leur personnage pendant les 20 premières minutes vont parvenir à échanger leurs rôles. Comment John Travolta va-t-il faire du Nicolas Cage, et réciproquement ? Ce petit regard en coin chez Castor Troy, Archer va-t-il pouvoir le récupérer sans que ça fasse grossier ? La moue de docker neurasthénique d'Archer collera-t-elle au personnage de Troy ? Bingo ! A ce petit jeu, on voit un super flic psychorigide devenir un mari libidineux, un père de famille limite incestueux et un policier show-off. C'est Travolta qui se récupère la partie la plus amusante, il le sait mais n'en abuse pas. Le film devient donc un prétexte à cabotinage taille XXL, et un joli exercice de comédie qu'on peut imaginer (au moins un peu) intentionnel. Sinon, que penser du postulat ridicule de l'échange de visages, des twists surréalistes, du grand n'importe quoi des fusillades et de cette fameuse scène de ski nautique tracté par des chaînes ? Alors, prenons le parti d'en rire et de donner à Volte-Face une note de divertissement haut de gamme (qu'il est, malgré le poids des ans) : ceci n'est pas un film d'action. Ceci n'est pas une pipe non plus.
 11-07-2007 Le syndrôme de Stendhal
Nous sommes en 1996. Il est déjà de notoriété publique que Dario Argento, le maître d'oeuvre de «Profondo rosso» et de «Suspiria» n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été. Ses derniers films sont des flops artistiques. Les studios le boudent. Son «Syndrôme de Stendhal» ne sortira même pas en salles en France. C'est pourtant une petite résurrection pour lui : l'espace d'un film, ce film, les amateurs du cinéaste italien vont être aux anges. Toujours aussi impliqué dans le thriller, mais sans les ornements du giallo, Argento annonce la couleur dès l'angoissant générique : le danger dans cet opus viendra de l'art. Les toiles de maître défilent sur une musique angoissante (un de ses meilleurs «score») d'Ennio Morricone. Les premiers plans du film nous montre l'écrasante supériorité des statues, la folie qui se dégage des tableaux. C'est qu'Anna Manni (campée sans grand brio par la fille de Dario, Asia), jeune flic de la brigade anti-viol, se découvre atteinte d'une forme d'hypersensibilité bien particulière, l'hypersensibilité aux oeuvres d'art. Qu'elle contemple un peu trop longtemps «la chute d'Icare» de Bruegel et la voici qui pénètre littéralement la toile. Qu'elle soit exposée à des tags angoissants dans une cave sordide, et ces dessins l'assaillent aussitôt. La première partie du film est un tour de force visuel permanent : Argento donne à vivre et à ressentir les oeuvres d'art comme jamais un film ne l'a permis. La deuxième partie, plus conventionnelle, presque un second film, perd de cette densité. Pourtant, imperciptiblement, Argento y convoque Dali, les pietà, Renoir. Seule la photo, un peu faiblarde (et parfois très proche de l'image «écrasée» des téléfilms), nuance l'incroyable bilan visuel du «Syndrôme de Stendhal». Quant à l'histoire, si le spectateur ne tarde pas à devancer d'une station chaque rebondissement, il appréciera tout de même le refus de la morale et l'ambiguïté délicieuse des 20 dernières minutes. Alors, certes comme souvent chez Argento les acteurs sont faiblards, certes le film souffre des contraintes techniques d'un tournage faiblement argenté, certes la structure en deux parties peut déconcerter... Mais ce film signe l'éphémère retour du grand Dario Argento, et rien que pour cela, il mérite qu'on l'expose en bonne place au musée de ses réussites.
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