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Fan : Dante Localisation : Saint Etienne Inscrit le : 12-09-2007 |
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| Ses critiques de films |
01-11-2009 Cinéman |
| Quand Yann Moix et Frank Dubosc ont annoncé qu’il allait faire un film hommage au 7ème art tout entier, on était en droit de s’inquiéter. Les deux hommes, malgré leurs qualités respectives, n’étant pas reconnu pour leur cinéphilie aveugle et leur passion dévorante. Et quand les premières images tombèrent ainsi que le concept de base (le voyage dans les films), on était encore plus inquiet. Parce que voir Franck Dubosc faire le pitre dans des films aussi cultes que Taxi Driver ou Pour une poignée de dollars, il faut avouer que ça fait peur. Mais force est de reconnaître que le concept de base était intéressant et pouvait même réserver quelques surprises. Et les premières minutes du film ne nous contredisent pas, Franck Dubosc fait du Franck Dubosc, c'est-à-dire des caisses, balançant des références cinéphiliques à chaque phrase pour appâter le chaland. S’ensuit un hommage au cinéma muet et à Buster Keaton, sur une musique de Capdevielle, qui rassure le spectateur quant à la marchandise que Yann Moix va déballer. Mais le plaisir est de courte durée. A peine l’histoire est elle mise en place, à coup de raccourci scénaristique évident et frôlant le je m’en foutisme, Dubosc débarque dans l’univers de Sergio Leone, et c’est le début de la fin. N’exploitant jamais son concept de base, Yann Moix se contente de filmer le one man show de son acteur dans des décors référentiels. Ne montrant jamais aucun respect pour les œuvres qui l’abordent, ni même pour le cinéma dans son entier, Yann Moix semble se perdre lui-même dans ses références et son histoire, livrant un scénario décousu et insipide, qui n’a visiblement d’autre objectif que de glorifier Dubosc. Raté son film ça arrive, raté sa profession de foi ça arrive aussi, mais quand en plus le réalisateur finit par faire le contraire de ce qu’il avait annoncé, ça devient inquiétant. Car si on a le droit à quelques maximes toutes faites sur les bienfaits de la fiction, Yann Moix n’hésite pas à traiter Taxi Driver et Orange Mécanique de bas fond du cinéma, tout en se bornant à explorer des œuvres maintes et maintes fois parodiés, remakés et resucées, faisant preuve pour le coup d’une cinéphilie très limité. Entre film familiale, et film pour passionné, Yann Moix a visiblement eut du mal à choisir, mais Franck Dubosc a fait son choix et nous livre son habituel performance, qui peut en faire rire certains et fuir d’autres. Pas une catastrophe en soi comme peut l’être l’immonde Lucky Luke, mais un joli ratage, qui prouve encore que le cinéma français est vraiment à côté de ses pompes. |
03-03-2009 Johnny Mnemonic |
| Tout le monde le sait, Matrix, la révolution du cinéma de science fiction, n’est qu’un agglomérat de références plus ou moins digérés. Parmi elle se trouve le méconnu Johnny Mnemonic, série B sortie en 1994 dans l’indifférence généralisée, et qui pourtant partage de nombreux points communs avec la célèbre trilogie. Deuxième film d’un réalisateur complètement inconnu par ici, et même au Etats-Unis, Robert Longo n’a pas réussit à décoller vers les hautes sphères du cinéma. Pourtant son script de base était plutôt prometteur. Dans un futur apocalyptique, où l’utilisation des machines s’est généralisé, le progrès a conduit à la formation d’espèce de cyborg, des clefs USB humaines en quelque sorte. On suit les aventures d’une de ces mémoires sur pattes qui possèdent les données pour sauver le monde entier du mal qui le ronge. Classique certes mais quand même osé pour l’époque. Mais rapidement, Longo abandonne toute considération philosophique inhérente à ce genre d’histoire, comme l’avait fait Ridley Scoot dans son Blade Runner. Nous sert quelques décors cheap, dû il est vrai à un budget en peau de chagrin. Et fait glisser son histoire sur le chemin de la série B simpliste essentiellement orienté vers l’action. Exit donc le vrai film de SF, avec ses questions existentielles et ses interrogations sur l’avenir de l’humanité. Alors où sont les points communs avec Matrix, qui s’imposait quand même comme un délire philosophique moderne. La ressemblance la plus frappante vient de l’interprète principal, Keanu Reeves, habillée période Constantine, et portant le poids du monde sur ses maigres épaules, sorte de Néo avant l’heure. Ajouté à cela une amazone sous ecstasy qui distribue des coups de tatanes avec grâce. Des hackers reclus sur le pont de Brooklyn et qui se battent contre le système tout puissant en piratant les télés et le réseau. Et vous obtenez la base de Matrix. Mais quand on a pas le budget alloué au frères Wachowski, il ne reste que quelques scènes d’action filmé et monté avec les pieds. Des rebondissements tous plus prévisibles les uns que les autres, et un final pour le moins frustrant. En revanche, nous ne pouvons reprocher à ce film la créativité des effets spéciaux, notamment dans la scène de navigation dans internet, qui n’est pas sans rappeler un certain Minority Report. Mais où Johnny Mnemonic se démarque un tant soi peu de la série B fauché, ce sont dans ces caméos divers qui donnent lieu à quelques délires rafraîchissants. On découvre donc Udo Krier en truand entouré de drag queens adeptes du kung fu. Ice-T en clochard combattant de la liberté. Et le meilleur : Dolph Lundgren en prêcheur habillé comme un roi mage qui crucifie à tour de bras. Tout un programme donc. Jonnhy Mnemonic est donc un film inégale, qui hésite trop longtemps entre anticipation sérieuse à la Philip K. Dick, et le délire visuel assumé, avec son lot de personnages plus fous les uns que les autres. Un film hybride donc, mais qui a le mérite d’être un pionnier dans son domaine, et à qui l’on pourrait, sans en être certain, mais quand même, le féliciter d’avoir amorcé une révolution dans le film de SF. |
03-03-2009 Southland tales |
| Southland tales pourrait être taxé de film maudit, ignoré par tous, et possédant pourtant une aura quasi mystique, le second film de Kelly, qui rappelons le avait étonné son monde avec l’excellent Donnie Darko, a tout pour éveiller la curiosité d’un cinéphile. Mais Southland tales déroute avant même l’avoir vu, car il n’y a qu’à se pencher un peu sur le casting pour y trouver les premières fausses notes. The Rock (Dwayne Johnson pour les intimes) on peut quand même faire mieux. Sarah Michelle Gellar qui se cherche une nouvelle jeunesse après les Buffy. Sean William Scott abonné aux comédies ringardes. Justin Timberlake sans commentaire. Et quelques seconds couteaux comme Will Sasso, Jon Lovitz et autre. Casting niveau film pour ado donc, au service d’un scénario post apocalyptique teinté d’économie et d’écologie. Mais c’est Kelly alors on reste confiant. Rappelons au passage que Donnie Darko possédait également un casting étrange. Dès les premières minutes, il nous résume donc les enjeux de son film, à coup de fausses informations télévisés, où l’on nous parle d’attaques nucléaires, de guerre en Irak, de pétrole, de Bush etc…. On sait tout de suite qu’on ne va pas avoir le droit à un film proaméricain. Mais dès que l’histoire commence, c’est le début de la fin. Intrigue multiple, nombreux personnages à peine effleurés, enjeux incompréhensibles, voix off explicative obscure et j’en passe. On se retrouve devant un joyeux chaos, où l’on trouve dans le désordre : des voitures qui copulent, la 4ème dimension, des camions à glaces, des émeutes, Karl Marx, Eli Roth, des snipers, The Killers, des statues de bouledogue policier (petit clin d’œil à Donnie Darko), Christophe Lambert, des élections et l’océan. Cherchez l’intrus. Vous n’en serez pas plus du scénario, car c’est tout que j’ai pu en saisir. Le constat est donc que Kelly avait visiblement des idées en tête, mais c’est rapidement rendu compte que l’histoire était beaucoup trop ambitieuse, et finit donc pas submerger le spectateur par ses nombreuses intrigues qui s’entrecroisent pour au final ne donner qu’une fin soi disante métaphysique mais qui peine surtout à masquer les faiblesses scénaristiques. Reste une charge hard corp contre le gouvernement Bush, la guerre en Irak et tout le reste, tellement présente qu’elle en devient parfois lourde et surtout jamais fondé sur quoique ce soit. Côté mise en scène rien de bien nouveau, quelques jolies plans ici et là, où Kelly prend le temps de poser un semblant d’atmosphère, un comble quand même pour un film post apocalyptique qui se veut déjanté. La musique sauve un peu le tout, par quelques mélodies entraînantes. Et le casting fonctionne assez bien, du moment où aucun acteur n’a la tête d’affiche et n’a le temps de faire quoique soit. Un film brouillon, pour d’obscures raisons, (faute de budget ou folie du réalisateur on sait pas), qui a le mérite d’être visionnaire, mais faut quand même être indulgent. Alors qu’on ne crie pas au chef d’œuvre sous prétexte de son incompréhension, ni à la bouse intersidérale. Un film raté certes, mais tout de même attachant. |
26-02-2009 Banlieue 13 ultimatum |
| Luc Besson n'est plus ce qu'il était, même s'il on lui doit de bons films tel que Le grand bleu ou Le cinquième élément, il s'est maintenant transformé en producteur hollywoodien sur notre sol national. Après ses propos consternants sur l'affaire du téléchargement pirate, voilà qu'il prouve avec ce Banlieu 13, qu'il n'a plus aucun talent. Capitalisant sur le premier opus, film de banlieu/action décérébré pour jeun'z en mal d'adrénaline, se moquant allègrement des principes même du cinéma pour transformer le métrage en un pot pourri de toutes les modes du moment. L'annonce d'un second opus ne pouvait que faire frémir les aficionados du cinéma d'action. Banlieu 13 2 devient cette fois un film d'action/banlieu post-apocalyptique à message social. Ca fait peur, mais le résultat est tout simplement terrifiant. Après une introduction d'une rare stupidité, ressortant les poncifs racistes du genre propre à exciter des gamins de 12 ans se prenant pour Scarface. Le film s'enfonce dans un scénario trouble (peut on vraiment parler de scénario) où se mélange yamakasis, complot politico-industriel, gang stéréotypés et combat. Précisons tout de même que le scénario est l'oeuvre de Mr Besson, qui n'a visiblement pour but que de plaire au plus grand nombre, ce qui frôle presque la prostitution cinématographique. Les acteurs outre leur indéniable talent au combat et leur agilité, n'ont pas plus de charisme que ma théière. Et les soi-disantes iconisations des chefs de gangs sont tellement ridicule qu'on croirait assister à une mauvaise parodie de New York 1997. Le film est nul c'est une chose, mais le pire réside dans le message que fait passer le film. Personnellement je pense que la quête d'argent de Mr Besson ne lui a pas fait prendre conscience du message véhiculé dans son film, trop occupé à vouloir plaire à son public de 12-16 ans. En bref, si on suit un minimum le scénario et qu'on se réveille pour le final hautement ridicule, on dégage 3 choses : l'industrie du crime c'est super surtout quand c'est en famille, les flics sont tous des pourris bourrés à la bière et frapper des policiers et tout autre représentant de l'Etat est un sport national très apprécié. Un film idiot donc, dangereux et malhonnête qui fait honte à l'industrie du cinéma français et pire encore, qui saccage complètement des décennies de cinéma d'action en se rabaissant au tapinage le plus malsain. Merci Mr Besson, on peut désormais vous haïr sans modération. Vivement le 3. |
05-12-2008 Agathe Cléry |
| On connaissait Etienne Chatiliez comme un cinéaste capable d'allier le cinéma populaire et le regard critique. On attendait donc beaucoup de son retour sur grand écran, avec une bataille d'anthologie, celle du racisme. Le fait de retrouver la dynamique Valérie Lemercier n'enlevait rien au plaisir, celui de voir Anthony Kavanagh franchir le pas du grand écran un peu plus. Mais le constat est au final plus que mitigé, on connaissait Chatiliez comme un réalisateur subtil et intelligent, mais ici tout semble avoir disparus. Il se complaît dans les stéréotypes les plus rebattus du racisme, enfonçant porte ouverte sur porte ouverte. Les gags tombent à plat dans la mesure où on les a vu une bonne dizaine de fois chacun. Et le scénario est des plus prévisibles. Heureusement que Lemercier est là pour relever le niveau et nous communiquer un peu de la bonne humeur que le film peine à fait voir. Aidé par l'irremplaçable Isabelle Nanty et le maintenant trop rare Jean Rochefort. Mais le spectateur se sent tout de même seul lors des scènes chantés, car oui Agathe Cléry est aussi une comédie musicale, même si l'intérêt d'un tel traitement n'est jamais expliqué durant le long métrage. Chaque chanson ressemble donc à une pub pour la MAAF, ça chante, ça danse mais jamais la frénésie ne se communique à l'écran. Un échec sur bien des points et surement le plus faible film de Chatiliez, pas vraiment intelligent, pas vraiment polémique, pas vraiment drôle. Mais embarrassant, prévisible et déjà vu. Dommage. |
12-10-2008 Eden Lake |
| Le cinéma de genre se résume actuellement à deux pays : l’Espagne et l’Angleterre, c’est certes dommage, mais les productions du moment nous donne pourtant raison. Si l’Espagne se complait dans un cinéma plus subtil et artistique, les réalisateurs anglais ont la rage, et ça fait plaisir à voir. Premier film d’un certain James Watkins (scénariste du futur et très attendu au tournant The descent 2), Eden Lake possède quelques points communs avec une production de genre national : le commercial et inoffensif Ils. Prenant pour postulat de départ un couple d’amoureux partit se compter fleurette dans un paysage idyllique, vont bien vite déchanter et être obliger de relever leurs manches pour affronter une bande gamin aux tendances psychopathes. Les bases du survival sont donc posé, et Watkins ne les transcendera que très peu, une forêt, une bande de tueurs, un couple d’innocent et quelques rebondissements. Notons quand même, que Watkins à eut la bonne idée de nous épargner le fameux twist final qui semble être devenu une obligation dans ce genre de production. Eden Lake n’a donc sur le papier rien d’exceptionnel, sauf qu’après une exposition un poil longuette, qui nous permet de découvrir les charmes de la belle Kelly Reilly, le film commence vraiment et de quelle façon ! Les premières scènes d’horreur à proprement parler, se montre immédiatement ultra violente et sans concession, Watkins optant pour une violence frontale et jamais feinte qui scotche littéralement le spectateur à son fauteuil. S’ensuit une plongée en enfer, aussi douloureux pour les protagonistes que pour nous autre spectateur, grâce notamment à l’interprétation habitée de Reilly qui nous prouve qu’elle est une actrice sur qui il faudra compter. Oscillant entre drame humain, survival et même vigilante, Eden lake s’offre le luxe de viser large et de toucher à chaque fois sa cible, car si on y retrouve tous les codes propre au genre précédemment cité, le tout est parfaitement harmonieux et cohérent. Les seuls reproches qu’on pourrait formuler vient d’une mise en scène pas toujours inspiré et qui tire sans vergogne sur quelques grosses ficelles du cinéma de genre. Ensuite on pourrait théoriser sur le message transmis par le film, que certains taxent d’extrémisme, notamment sur les questions d’insécurité. Mais ce genre de critiques, courantes dans le milieu, ne trouve aucun écho, car le film est un pur divertissement, pensé comme un thriller d’action, n’ayant pour autre objectif que de prendre le spectateur aux tripes. Une énorme surprise donc, violent, jusqu’au boutiste, intelligent. Eden lake enterre largement son homologue français, et se hisse sans mal dans le panthéon du cinéma de genre. Une sorte de survival ultime, puisqu’il reprend tous les codes du genre depuis Delivrance pour les transcender en une charge aussi choquante qu’émouvante. Un pur film de genre, qui prouve une fois de plus que le ciné anglais est l’un des viviers le plus virulents du moment. |
22-09-2008 Martyrs |
| Devenu le fer de lance du cinéma de genre français, Martyrs, bien avant sa sortie avait fédéré les défenseurs du cinéma d’horreur en France pour lutter contre la censure, et plus largement pour un cinéma un peu moins formaté. Bien avant sa sortie donc, le film de Pascal Laugier bénéficiait d’une réputation sulfureuse et les rumeurs allèrent bon train, le transfigurant rapidement comme le meilleur espoir pour le ciné de genre français depuis quelques années. Pas vraiment aidé par cette lourde réputation et la publicité pas toujours bénéfique que la censure fit faire au film, Martyrs se fraya tout de même un chemin dans les salles, dans une distribution encore très modeste, le combat n’est donc pas fini, car Martyrs n’en n’est pas la finalité. Clairement divisé en trois actes distincts, abordant chacun à leur manière des thèmes et des enjeux différents, Martyrs s’inscrit rapidement comme une œuvre expérimental et viscéral. Dès les premières minutes, Laugier fait clairement savoir qu’il vise les tripes et rien d’autre, via des techniques de mise en scène ultra usité et des présentations réalistes qui n’ont pour seul objectif que d’attraper le spectateur par la gorge pour ne plus le lâcher. Et c’est là tout le problème du film, si vous acceptez ce contrat et vous vous laissez prendre, vous passerez un très mauvais moment mais vous comprendrez l’essence même du film. Si pour des raisons X où Y vous le refusez, vous passez à côté de quelque chose et en sortez amère. C’est dans cette perspective que Martyrs divise les foules et les écoles du cinéma, c’est un film purement viscéral qui demande un investissement complet du spectateur. Mais il faut dire qu’il n’est pas toujours aidé dans ce sens, outre le contenu qui ne ménage à aucun moment le public, quelques erreurs et maladresses viennent enrayer la machine. Le scénario, divisé en trois actes comme dit plus haut, est mal équilibré, ce qui laisse entrevoir quelques essoufflements et des lenteurs mal venus, qui montrent au grand jour la faiblesse du film, l’utilisation jusqu’à la moelle d’un seul et unique concept, nihiliste de surcroit, et Laugier semble quelque fois obligé de combler les blancs comme il peut. Martyrs ne dérogent également pas à la malédiction du film français, c'est-à-dire des références balancés ici et là sans subtilité aucune, le film étant explicitement dédié au cinéma d’Argento, et c’est particulièrement vrai dans le premier segment. Autre défaut majeur, le soin donné à l’esthétisme, si Saint Ange, péchait par un excès de forme, Martyrs subit le traitement inverse, à part quelques travaux au niveau des lumières, le côté minimaliste de l’intrigue et donc du film est très mal rendu, par un décor laissé en friche et jamais transcendé. Dernière mauvaise note, le jeu des acteurs, même si on sent clairement que les actrices ont tout donné dans ce film, on sent malheureusement une trop forte volonté d’excès qui se traduit par du sur-jeu, qui se ressent d’ailleurs dans d’autre niveau du film. Mais si Martyrs possède quelques défauts proprement cinématographique, c’est que son réalisateur a tout misé dans l’émotionnel, et de ce côté-là, tous nos espoirs sont comblés. Longue descente aux enfers, douloureuse pour tout le monde, Martyrs ne peut laisser personne indifférent, car Laugier sait frapper où ça fait mal, via une violence graphique jamais feinte, jamais gratuite. Servis avec des émotions pures et toute la fragilité humaine comme toile de fond. Œuvre profondément humaniste, dépeignant à sa manière l’être humain dans ce qu’il a de plus noir mais traversé par quelques touches d’espoir qui font l’effet d’une bouffé d’air pendant une noyade. Et si Laugier commet quelques erreurs, elles n’entachent en rien l’impact du film, notamment grâce à une bande son hallucinante et électrisante, qui épouse totalement l’image et surtout son sujet. Un film choc au final, qui s’adresse au sentiment et non à l’analyse, du cinéma extrême qui demande un investissement du spectateur mais qui a le mérite de ne pas laisser froid, l’essence même du cinéma de genre quelque part. Pas un chef d’œuvre malheureusement, car Laugier commet quelques erreurs et on regrette parfois qu’il ne soit pas allé plus en profondeur de son sujet. Et pour répondre à la polémique qui avait entouré le film avant sa sortie, Martyrs aurait mérité une interdiction au moins de 18 ans, si cela ne rimait pas avec mort commercial. Car outre la violence graphique et psychologique qui peut faire mal, le dernier acte peut porter à des conclusions pas vraiment saines voir carrément douteuses. |
01-09-2008 Babylon A.D. |
| Babylon A.D, dernier film en date du frenchie Kassovitz, exilé aux Etats-Unis depuis deux films. Après un Gothika, loin d’être de qualité, Kassovitz a enfin réussi à réaliser son rêve, mais à quel prix. Tournage catastrophique, caprice de star, omniprésence des producteurs. Les excuses ne manquent pas pour justifier un tel film. Mais on a beau en avoir connaissance, le résultat reste mauvais. Adaptation du pavé d’anticipation de Maurice G Dantec, auteur réputé très difficile à adapter, la dernière tentative étant La sirène rouge, où Megaton avait fait l’impasse sur tout la philosophie pour se concentrer sur l’action pour nous livrer un très honnête thriller. Mais dès le début Kassovitz nous promit de respecter un tant soi peu tous les sujets qu’abordent le roman, aussi complexe soit il à retranscrire à l’écran. Mais on était encore capable d’être tolérant. Mais après la vision du film, on se demande bien où est passé la profession de foi de Kassovitz, il n’y a tout simplement aucun traitement des questions abordés dans le roman. La philosophie, la géopolitique, toute la complexité du roman et en même temps son essence, sont abordés pendant une demi-seconde où tout simplement occulté. Mention spéciale à un dialogue hautement savoureux concernant des copies de tigres et la place de Dieu sur Terre. Philosophie de bazar donc qui correspondrait plus à un film d’action lambda. Et c’est bien là que se situe Babylon A.D, car hormis quelques efforts de décors qui retranscrivent un tout petit peu l’ambiance post apocalyptique. Le film n’est qu’une suite de scènes d’action, plus ou moins introduites. Mais monsieur Kassovitz frustré de ne pouvoir faire ce qu’il veut, laissa, paraît-il, carte blanche à la seconde équipe. Et ça se sent. Les scènes d’actions sont illisibles, dû à un montage épileptique, des inserts à outrance et aucune gestion de l’espace. Ajouté à cela des clins d’œil à des nanars d’action français, puisqu’on y croise des Yamakasis, des scènes d’action tout droit sortis de Snowboarder et des blagues niveau Taxi. Pas de scénario, action mal filmée, il reste donc un casting hétéroclite qui aurait pu rattraper le tout. Vin Diesel endosse donc le rôle de Toorop, mercenaire désabusé dans le roman, ici transformé en une sorte de Steven Seagal avec la voix d’un Black du Bronx. Particulièrement risible quand celui-ci se met à causer philo. Et le reste du casting n’est pas pour l’aider : Mélanie Thierry, insipide, Michelle Yeoh décidément transparente cet été. Depardieu visiblement perdu et complètement ridicule au même titre que Rampling en hystérique. Et le pire c’est que les quelques bonnes surprises sont sous exploité, notamment Lambert Wilson interprétant un personnage clé du roman, ici expédié en quelques minutes,le trop rare Mark Strong et le colosse Jérôme Le Banner, faisant office de figurant au gros bras. Rien vient donc sauver du naufrage ce film hybride, raté et complètement désincarné. On pourrait tout de même trouver quelques points positifs dans les décors et dans l’ambiance qui est installé laborieusement. Un échec total, sûrement la plus grosse déception de l’année, confirmant que Kassovitz n’est définitivement pas chez lui à Hollywood. A éviter, préférer le roman. |
21-08-2008 Les Dents de la nuit |
| Toujours dans le cadre du renouveau du cinéma de genre français, qui n’en finit plus de se faire attendre. Voilà qu’une petite comédie horrifique débarque sur nos écrans. Genre très rare en France voir inexistant et qui souffre de la rude concurrence anglo-saxonne, maître dans ce domaine. Mais en bon patriote que nous sommes, nous nous devons tout de même de soutenir l’initiative. Les dents de la nuit souffre très rapidement d’affiliation hautement élogieuse et forcement assassine. Certains y voit une sorte d’hommage au Bal des Vampires de Polanski. D’autres convoquent Une nuit en enfer de Rodriguez. Les acteurs y voient du Peter Sellers mélangé à du Shaun of the Dead. Tandis que les réalisateurs disent s’être inspiré d’Apocalypse Now, Little Odessa ou encore de Mary à tous prix. Maelstrom d’influence donc, qui est souvent la principal cause de naufrage des films de genre estampillé français. Et Les dents de la nuit n’échappe malheureusement pas au fléau. Commençant comme une gentille comédie pour adolescent, le film sombre vers le film d’horreur pur sang avec quand même une dose de cartoon avant de glisser vers la comédie déjanté et de finir dans l’absurde. Si certains y voient un habile jonglage de genre, moi j’y vois un grand n’importe quoi. Car Les dents de la nuit n’est pas un film mais au moins une demi douzaine de films. Défaut à mettre au compte du nombre de scénariste : 4, sans compter les dialoguistes et les retouches des producteurs. Chacun y mettant sa patte et ses influences, le film ressemble au final à du gros gloubiboulga indigeste. Les dents de la nuit se veut tout d’abord être une comédie, française cela va de soit. N’attendez donc pas de subtilité, car le niveau du comique frôle celui d’un Michael Youn qui passera à la minute Blonde. Ça tombe bien puisque l’insupportable Frederique Bel est du casting, ainsi que Vincent Desagnat. Rajoutez-y quelques stars qui cabotinent à l’extrême : Hélène de Fougerolles (insupportable aussi), Stephane Freiss perdu, Antoine Dulery tout autant perdu et Tcheky Karyo sous exploité au profit du jeune et insipide Patrick Mille. Un casting qui ratisse large donc, servis par des gags pas drôle et déjà vu cent fois. Et certaines blagues qui laissent carrément froid. Mais plus qu’une comédie, les réalisateurs ont voulu faire de leur film un détournement des codes du cinéma d’horreur comme l’était Shaun of the dead ou Severance. Mais là aussi c’est raté. Hormis les clins d’œil énormes à quelques films mythiques du cinéma de genre. Le film s’emploie à détourner les ficelles que tout le monde connaît avec une simplicité et une naïveté qui remet en cause la cinéphilie des réalisateurs. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Avec tout ça, on a le droit à des insertions cartoonesques, qui renvoient directement au dessin animé. Indigeste ? C’est peu dire. Mais comme par miracle, car on se demande parfois si c’est vraiment fait exprès. Le film est parcouru de sursaut gore salvateur, servi par des effets spéciaux vraiment réussis. Les vampires sont d’ailleurs tout à fait crédible. Et le film se laisse aller au hasard de quelques scènes à de l’humour noir bien gore, et quelques actions irrévérencieuses qui font l’effet d’une bouffée d’air au milieu de toutes les vannes tout droit sortis d’un épisode d’un Brice de Nice. Une déception donc, qui ne mérite aucunement ses nombreuses affiliations. Bête, prévisible, jamais sincère, mais parfois surprenant. À réserver pour les après midi de pluie et de pénurie de films. |
13-08-2008 The Dark Knight |
| Le voilà enfin, le Messie, le film de 2009, l’évènement cinéma de l’année. The Dark Knight arrive sur nos écrans, après un an d’attente, alors que tous les cinéphiles du monde avaient placé tous leurs espoirs dans ce film, le constat est finalement mitigé. Soyons clair, vu l’attente suscitée par la campagne marketing, on était presque obligé d’être déçu par le résultat. Pourtant Nolan s’en sort grandement bien, à côté de la déception d’un Cloverfield, The Dark Knight respecte chacune de ses promesses, sauf une. La faute aux producteurs encore une fois, qui ont vendu le dernier opus des aventures de Batman comme un énième blockbuster estival. Grossière erreur, car The Dark Knight n’a rien d’un blockbuster, et se rapproche même du film d’auteur intellectuel. Non, ne fuyez pas, The Dark Knight s’affiche dès les premières minutes non pas comme un divertissement tout public, mais comme un film sombre, violent et sans concession. Dès le début d’ailleurs, Nolan joue avec son principal atout : Le Joker. Véritable star du film il faut le dire, qui nous ait permis de voir dès les premières minutes, mettant fin à l’attente suscitée par celui qui sera sûrement un nouveau méchant légendaire du cinéma. Mais la suite sera un concentré d’affaires politico/socio/humaine avec Gotham City en toile de fond. Loin, très loin d’un Spiderman, The Dark Knight ressemble plus à un film de Lumet, coupé avec du Mann et du Scorsese. Lumet pour la virtuosité tout en subtilité, de dépeindre le combat pour le pouvoir que se livre les différentes factions du film. Mann pour la force qui se dégage de ce Gotham City, loin des visions fantasmées et irréels que les précédents réalisateurs avaient dépeint. La ville est ici ancré dans un cadre ultra réaliste, et renforce l’immersion dans ce monde à part qui ressemble pourtant tellement au nôtre. Et enfin Scorsese pour sa galerie de personnage, tiraillé entre leurs devoirs et leurs propres démons. Et c’est là que Nolan excelle. Dépeignant une demi-douzaine de personnages, avec une psychologie ultra réaliste, permettant d’appréhender tous les points de vue et d’épouser toutes les visions. Tour de force magistrale, dû à un découpage aux millimètres et à des interprétations presque parfaites, qui nous permet sans trop de problème de suivre des intrigues qui peuvent se relever parfois confuses et dures à saisir. Scénario vaste, très vaste, qui aborde une grande variété de sujet aussi vaste que le sens de la justice, la folie, la politique, l’amour bien entendu, le devoir et j’en passe. On est donc très loin des questions existentielles simplistes d’un Batman Begins. Le deuxième tour de force de Nolan est de nous livrer un véritable film de super héros. Magnifiant un Batman plus fidèle à la BD que jamais. Et bien entendu en plaçant le Joker au centre de la tragédie, magnifiquement interprété par le regretté Heath Ledger, qui donne toute sa force au film. C’est donc ce duel tout romanesque qu’il est, qui se trouve au centre du film et lui donne cet aspect à la fois humain mais typiquement comics. Malheureusement, The Dark Knight n’est pas le film parfait. Car comme le premier opus de Nolan, ce deuxième film comporte quelques défauts majeurs. Un Batman reste un Batman, c'est-à-dire un comics avec de l’action. Mais à trop vouloir intellectualiser le film, le rythme en prend un coup, et les scènes d’actions se font trop rare, et pas assez spectaculaire pour une production de cette envergure (surtout dans la mode de la surenchère). Le tout servi par une mise en scène lente et parfois plate qui sert parfaitement le scénario mais blesse pendant les scènes d’actions. The Dark Knight n’est donc pas le blockbuster vendu. Mais un grand film, intelligent, mature, pessimiste. Qui redonne ses lettres de noblesse aux comics qui avaient tendance à ne devenir qu’une pléthore de films pour adolescents (Ghost Rider, Les 4 fantastiques, Superman,….). Finalement c’est bien le grand film de l’été, et sûrement de l’année. En attendant la suite. |
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