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The Prestige 30-10-2007 17:39:26
Eman02 attendait avec impatience ce sujet «poutrage amical autour de The Prestige", le voici.
Résumons l'objet du litige : d'un côté (à gauche dans les cordes), on trouve Fox, qui connaît mal le cinéma de Christopher Nolan (le seul autre film que j'ai vu de lui est le bancal Insomnia) et a adoré son opus de magiciens fratricides. De l'autre côté (à droite dans les cordes), on trouve Eman02 qui connaît toute sa filmographie, a déjà fait la promotion du réalisateur à de multiples reprises et est ressorti déçu de la vision de son petit dernier.
Je vais m'appuyer sur la critique du spécialiste toutes catégories du puzzle pour lancer le débat :
* Il maitrise à la perfection l'art du flashback mais à trop l'exploiter depuis le début de sa carrière, il en devient lassant et répétitif. Qu'il exploite des flashbacks, d'accord, cela devient prévisible. Mais les flashbacks le sont-ils pour autant sur le fond, sur ce qu'ils apportent d'un point de vue narratif ? Personnellement, j'ai trouvé la forme de double mise en abymes brillante (le présent, Borden en prison lisant le carnet d'Augier, renseigne sur un passé, Augier lisant le carnet de Borden, qui lui même renseigne sur le passé antérieur...) mais surtout très révélatrice du fond : deux êtres dont les obsessions, les rêves et les crimes sont autant de reflets quasi-parfaits.
* Surtout, il permet aux spectateurs attentifs de rapidement débusquer le twist final et de tuer tout suspense. Le suspense est-il capital dans ce film ? Pas si sûr (moi c'est l'ambiance qui me tient et me pousse à me le remater régulièrement)... Et puis on ne peut pas en vouloir à un cinéaste de ne pas prendre ses spectateurs pour des cons en leur balançant un deus ex machina venu de nulle part ! Parce que «Usual suspects", par exemple, c'était bien mais téléphoné. Ici, le spectateur peut découvrir toutes les ficelles... Y parvient-il pour autant ? La plupart sans doute pas...
* Le film pose aussi des questions presque métaphysiques sur l'identité, la soif de reconnaissance, la volonté de réussir à tout prix et même sur la valeur de la vie humaine. Ben voilà, là on est d'accord ! Sauf que la question de l'ambition est pour moi presque mineure ici. Plus que l'ambition, c'est leur totale négation de l'autre, cette impression qu'aucun des deux ne peut vivre tant que l'autre survit qui prime pour moi. Ah non, merde, ça c'est Harry Potter...
* Seule Scarlett Johansson semble un peu perdu dans ce cast 5 étoiles tant son rôle aurait pu être joué par n'importe quelle bimbo blonde holywoodienne. C'est vrai mais putain qu'est-ce qu'elle est b***e ! ... Oups, pardon.
* Christopher Nolan est un fabuleux faiseur, ne se perdant jamais dans sa trame temporelle complexe, reconstituant une époque avec force détails et anecdotes (dont la grande histoire de l'électricité!) et s'appuyant sur une photographie bluffante de noirceur lumineuse. Ca me va.
* Il offre un produit léché mais malheureusement sans véritable âme tant la patine de sa pellicule est trop propre, trop parfaite. Etonnante, cette relation que tu tisses entre le soin apporté à une oeuvre et l'âme qui devrait l'incarner, a contrario donc, dans une forme ou une construction plus «brute", moins soignée... Cette patine est justement ce qui autorise cette fameuse photographie, tour de force visuel permanent qui plonge le spectateur dans un bal des ombres qu'on aura rarement vu aussi incarné à l'écran...
Voilà, le combat est ouvert, et ce n'est pas un duel : venez participer ! 
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